تقديـم

  CIMG1482 (2)

 

من مواليد وهران (الجزائر) في 13 ماي 1972   

 دكتور في الدراسات العربية من جامعة بروفونس - فرنسا

دكتور في الفلسفة من جامعة بروفونس - فرنسا

مجال الاختصاص: الفلسفة، الدراسات العربية الإسلامية، فلسفة التأويل، ابستمولوجيا العلوم التاريخية والاجتماعية


 Né le 13 mai 1972, à Oran (Algérie).

Docteur en études arabes de l'Université de Provence (Aix-Marseille I).

Docteur en philosophie de l'Université de Provence (Aix-Marseille I)
Chercheur associé à l'IREMAM (Aix-en-Provence).
Spécialité : philosophie, histoire des idées, pensée arabe classique et moderne, philosophie française contemporaine.

Born in Oran (Algeria), may 13, 1972.
PhD. in Arabic Studies (Mysticism and Hermeneutics of Ibn al-Arabi 1165-1240).

PhD. in Philosophy (Practice and Epistemology of History of Michel de Certeau 1925-1986). 
Speciality : Philosophy, Arabic Studies, Classic and Modern Thought.
Researcher in Institute for Research and Study on the Arab and Muslim World (Aix-en-Provence, France)
http://iremam.mmsh.univ-aix.fr/

mczine13@gmail.com


 

Mes livres: الكتب

Parus cette année: الصادرة هذه السنة

 الترجمة العربية لكتاب ميشال دو سارتو: إبتكار الحياة اليومية

ابتكار الحياة اليومية

جاك دريدا. ما الآن؟ ماذا عن غدّ؟ الحدث، الخطاب، التفكيك

إشراف محمد شوقي الزين

درديا

Ibn 'Arabî: Gnoséologie et manifestation de l'être  (Alger-Beyrouth, éditions de la Différence & Arab Scientific Publishers). ابن عربي: المعرفة وتجليات الوجود، بالفرنسية، 2010 

Ibn Arabi

 Le discours des fins ultimes: les conquêtes de la mondialisation et les impasses de l'identité. Traduction française du livre d'Ali Harb, philosophe libanais. (Alger-Beyrouth, éditions de la Différence & Arab Scientific Publishers).

حديث النهايات: ترجمة فرنسية لكتاب علي حرب، 2010 

Ali Harb

 

Michel Foucault: de l'a priori saisi dans le discours, l'histoire et l'actualité (Sarrebruck, 2010)

ميشال فوكو: في القبلي الممكن إدراكه في الخطاب والتاريخ والراهن، المنشورات الجامعية الأوروبية، ساربروك-ألمانيا، 2010

foucault

 

Ouvrage collectif (sous ma direction) : Ali Harb. Critique, vérité et herméneutique

علي حرب: النقد، الحقيقة والتأويل، الجزائر-بيروت، منشورات الإختلاف والدار العربية للعلوم، 2010

 

علي حرب Copy 1

En cours d'élaboration:   قيد الإعداد

Michel de Certeau: Modernité et logique des pratiques.

(en arabe)

 

ميشال دو سارتو

 

 

Traduction arabe du livre de Michel de Certeau : La culture au pluriel

الترجمة العربية لكتاب ميشال دو سارتو: ثقافات، الثقافة في صيغة الجمع

ميشال دو سارتو - ثقافات

Déplacement et probabilité الإزاحة والإحتمال: صفائح نقدية في الفلسفة الغربية، 2008 

Izaha.gif

Herméneutiques et déconstructions، 2002 تأويلات وتفكيكات: فصول في الفكر الغربي المعاصر

tawilat.jpg 

Déplacements intellectuels 2008  إزاحات فكرية: مقاربات في الحداثة والمثقف

Izahat-fikriyya.gif 

Politiques de la raison 2005  سياسات العقل: صدمة الواقع ومستويات القراءة

Siyaasaatual3aql.jpg

La philosophie herméneutique (traduction arabe du livre de H.G. Gadamer)فلسفة التأويل، ترجمة عربية لكتاب هانس غ. غادامير، 2006

gadamer.jpg 

Mes articles مقالات:

 II-1- Articles et traductions en français 

« Gadamer et l’herméneutique », Res Publica, juin 2001, n°25, Paris, PUF, p. 2-6
« L’actualité de la philosophie dans la pensée arabe contemporaine », Res Publica, août 2003, n°34, p. 6-9
« Réfléchir et infléchir. Arts de penser et d'agir chez Michel de Certeau », in l'Homme et la réflexion, Actes du XXXe Congrès, Paris, Librairie philosophique J. Vrin, 2006, p. 303-306
« Servitude et finitude dans l'herméneutique d'Ibn 'Arabî », Carbone, n°1, Automne 2006, p. 25-32
« La dimension universelle de la pensée herméneutique », Le Tract, n°2, vol.1, automne 2000, Université du Québec à Trois-Rivières, Québec, Canada.
« La mondialisation, l’événement du siècle », Le Tract, n°2, vol.1, automne 2000 (traduction française de l’article de Ali Harb)
« Ni paradis sur terre, ni enfer. Terrorisme, islam et Occident », Le Tract, vol.3, n°2, 2002 (traduction française de l’article de Ali Harb)
« L’intellectuel et la mondialisation », Le Tract, Hors-Série, spécial “Mondialisation”, hiver 2001
« La stratégie du texte : une approche philosophique », Madarat, Tunis, vol.VI, 7e année, n°11-12, automne 1999, p. 5-19
« Mystique et mystère du pouvoir : Michel de Certeau et Michel Foucault », Revue algérienne de philosophie, n°1, janvier 1998, Université d’Oran, p. 55-65
« Ibn 'Arabî, l’herméneutique et l’écriture », Luqmân, vol.15, n°2, Téhéran, 1999, p. 85-98
« L’Islam et l’Occident », El Watan, quotidien francophone, Alger
a- « Entre sens et puissance » (mardi 28 novembre 2000)
b- « Thèses et antithèses » (mercredi 29 novembre 2000)
c- « De quelques concepts dépassés » (vendredi 1 et samedi 2 décembre 2000)
d- « Reflets dans le miroir » (dimanche 3 décembre 2000)
 
II-2- Articles en arabe et traductions en arabe 
II-2-1 : Dans les revues et les périodiques 
·         al-Marifa (La connaissance), revue mensuelle, Damas, Syrie.
« Clavis Hermeneutica. La clef de l’interprétation face aux serrures de la tradiction », année 38, n°433, octobre 1999, p. 77-105
« Les méthodes philosophiques en Occident contemporain », année 39, n°438, mars 2000, p. 12-35
« La vérité dans les sciences humaines » (traduction de l’article de Gadamer), année 39, n°444, septembre 2000, p. 57-66
·         Kitabat Mouacira (Ecrits contemporains), revue trimestrielle, Beyrouth, Liban
« Jean Baudrillard et le sens du simulacre », n°37, mai-juin, 1999, p. 6-11
« Le texte mystique : Michel de Certeau », n°35, octobre-novembre 1998, p. 6-13
« Corps torturés, paroles capturées » (traduction de l’article de Michel de Certeau), n°36, février-mars 1999
« La traduction et la différence, en hommage à Bakhti Benaouda », n°34, juillet-août 1998
«  le déconstructivisme d’Ibn cArabî. L’herméneutique, la différence, l’écriture », n°36, février-mars, 1999, p. 53-59
« L’expérience de la pensée chez Michel Foucault », n°38, août-septembre 1999, p. 51-59
« Ecrits » (traduction et commentaire de l’article de Michel de Certeau), ibid.,
« Foucault, historien du présent » (traduction de l’article de Gilles Deleuze), n°42, novembre-décembre 2000, p. 67-69
« L’unité et la dissémination : Laruelle et Derrida », n°39, décembre 1999-janvier 2000, p. 64-68
« Le simulacre textuel : Laruelle lecteur de Derrida », n°43, mars-avril 2001, p. 25-28
« La vérité comme dialogue et entente chez Gadamer » (traduction de l’article de Yashar Saghaï), n°40, avril-mai 2000, p. 75-81
« L’image et le modèle : à propos de l’icône et du simulacre d’après Mario Perniola », n°41, août-septembre 2000, p. 49-51
« La philosophie critique de Ali Harb », n°44, juillet-août 2001, p. 39-43
« La mystique » (traduction et introduction de l’étude de Michel de Certeau), ibid., p. 50-59
« Bakhti Benaouda, l’Algérie vécue dans la puissance du verbe », n°45, novembre-décembre 2001
« La dialectique de la science et de la philosophie », n°48, octobre-novembre 2002, p. 119-121
« Mystique et psychanalyse » (traduction de l’article de Michel de Certeau ), n°49, février-mars 2003, p. 66-68
« Derrida et la déconstruction : témoignage intellectuel », n°50, mai-juin 2003, p. 41-43
« Le discours de la finitude : à propos de l’intellectuel », n°52, février-mars 2004, p. 36-40
« Le discours philosophique : un problème logique ou une question ontologique? », n°54, septembre-octobre 2004, p. 62-64
« Lettre de Jacques Derrida : le corps et le spectre », n°55, février-mars 2005, p. 6-15
« La question de la différence : entre Michel de Certeau et Jacques Derrida », n°56, septembre-octobre 2005, p. 6-12
·         Fikr wa Naqd (Pensée et critique), revue mensuelle, Rabat, Maroc
« Phénoménologie et herméneutique », 2e année, n°16, février 1999, p. 71-84
« Esquisse des fondements d’une herméneutique » (traduction de l’article de Gadamer), ibid., p. 85-106
« Le volcanisme du texte : Bakhti Benaouda lecteur de Jacques Derrida », 3e année, n°28, janvier 2000, p. 151-158
« Lecture de l’identité de la pensée occidentale » (traduction de l’article de Michel Faucheux), 5e année, n°52, octobre 2003, p. 107-122
·         al-Tabyine (l’éclaircissement), revue annuelle, Alger, Algérie
« La déconstruction, en hommage à Bakhti Benaouda », n°15, 2000
« L’herméneutique, la langue et les sciences humaines » (traduction de l’article de Gadamer), n°18, 2002, p. 81-86 [aussi revue Fosol, Le Caire, printemps 1999]
·         Madarat (Tropiques), revue semestrielle, Tunis, Tunisie
« La vie comme une œuvre d’art » (traduction d’un entretien avec Gilles Deleuze), 7e année, vol.VI, n°11-12, automne 1999, p. 20-27
« Lecture de " Ibn ‘Arabî et la naissance d’un nouveau langage " de Suad El Hakim », n°9-10, 1997-1998, p. 151-168
« Les problèmes épistémologiques des sciences humaines » (traduction de l’article de Gadamer), ibid., p. 41-50
·         Awan (l’instant), revue trimestrielle, Université de Bahrain (Sakhir)
« Muhyiddin Ibn ‘Arabî et Jacques Derrida : la déconstruction, l’existence, la vérité », n°3-4, octobre 2003, p. 160-167
« Le désir de reconnaissance dans la culture humaine : en hommage à Paul Ricoeur (1913-2005) », n°9, mai 2005, p. 128-135
« Le revenant, le spectre, Jacques Derrida », n°10, septembre 2005, p. 128-139
·        Bahraïn Thaqafia (Bahraïn culturelle), revue trimestrielle.
« Herméneutique et critique culturelle: l'apport de Gadamer et de Richard Rorty , n°38, mars 2004, p. 13-18
 
II-2-2 : Dans les journaux et les quotidiens 
·         al-Quds al-Arabî, quotidien arabophone, Londres, Grande Bretagne
« Les idées de Michel Chodkiewicz sur Ibn ‘Arabî : compte rendu critique de son livre “Ibn ‘Arabî, le Livre et la Loi” », jeudi 10 mai 2001
·         al-Mustaqbal, quotidien arabophone, Beyrouth, Liban
« La pensée radicale d’après Jean Baudrillard », vendredi 8 juin 2000
« La pensée de Baudrillard : clefs pour comprendre le Réel », vendredi 25 août 2000
« La vérité et le simulacre », vendredi 9 juin 2000
« Le discours culturel : compte rendu du livre posthume de Bakhti Benaouda “Le ton de la modernité” », mercredi 11 octobre 2000
« L’intellectuel et la mondialisation », samedi 29 juillet 2000
« L’islam et l’Occident : les perceptions et les perspectives » (en deux parties), samedi 25 et dimanche 26 novembre 2000
« L’illusion du salut dans le conflit algérien », mercredi 7 février 2001
« La fin et la finitude : à propos de la fin de l’intellectuel », vendredi 6 avril 2001
« Jacques Derrida et la philosophie du pardon », vendredi 5 janvier 2001
« L’affaire Sokal et la pensée arabe contemporaine », vendredi 11 mai 2001
« L’abécédaire de la culture et l’éthique du dialogue », vendredi 20 juillet 2001
« La question de la modernité et le problème herméneutique », vendredi 21 septembre 2001
« L’Algérie entre le déficit interne et l’ingérence externe », mercredi 28 novembre 2001
« La modernité et la postmodernité », vendredi 1 février 2002
« Mémoires personnelles pour une mémoire collective : à propos du livre de l’historien algérien Mohammed Harbi “Une vie debout. Mémoires politiques” », mercredi 13 mars 2002
« L’intellectuel algérien : absence ou marginalisation ? », mercredi 24 avril 2002
« L’extrême droite : l’avancée redoutable et le malaise civilisationnel », lundi 29 juillet 2002
« La question de l’identité et les défis de l’avenir », lundi 30 décembre 2002
« Le système pastoral dans le rôle de l’intellectuel », mercredi 04 juin 2003
« Adieu Jacques Derrida (1930-2004) : les adieux à un ami qui s’en va », mardi 12 octobre 2004
·         El-Youm, quotidien arabophone, Alger, Algérie
« La fin de l’intellectuel ou sa finitude ? », mercredi 21 mars 2001
« Politique de la pensée. Vers une nouvelle approche du travail intellectuel : compte rendu du Livre de Ali Harb “Politique de la pensée” (2 tomes) », lundi 23 avril 2001
« Mohammed Arkoun et le défi critique de la raison islamique », mardi 29 août 2000
« Bakhti Benaouda et la quête de soi » (2 parties), mardi 5 et mercredi 6 septembre 2000
« Philosophie de la finitude. Les territoires de la culture et les hypostases de l’intellectuel », mardi 5 juin 2001
« La mondialisation entre la logique catastrophiste et la volonté herméneutique », lundi 21 mai 2001
« La déconstruction : par-delà le scepticisme. Réponse à Nabil Hadou », jeudi 20 septembre 2001
« L’écriture et la différence : entretien » (2 parties), jeudi 2 et jeudi 9 août 2001
« Politique et rhétorique : la crise du discours moraliste », mercredi 9 janvier 2002
« “L’âge de pierre” de la politique contemporaine », mardi 5 février 2002
« Le rationnel et l’irrationnel : essai sur la philosophie du mal », dimanche 10 février 2002
« L’intellectuel : les convictions et les masques », dimanche 24 mars 2002
« L’intellectuel critique oui, mais aussi les valeurs de l’autocritique. Réponse à Bachir Mefti », jeudi 10 mai 2001
·         As-safir, quotidien arabophone, Beyrouth, Liban
« La fin de la modernité. L’herméneutique dans la culture occidentale contemporaine », vendredi 28 septembre 2001
« Civilisations incarcérées », dans le cadre du dossier « Les Arabes à l’âge de la mondialisation », sous la direction de Ahmed Sleiman, vendredi 8 décembre 2000
« Mes adieux à mon ami Jacques Derrida », lundi 11 octobre 2004
·         Az-zaman, quotidien arabophone, Londres, Grande Bretagne
« Entre Gadamer et Rorty : le Bildung et le pragmatisme », mardi 11 décembre 2001
« Le symbolisme du miroir dans le choc civilisationnel », jeudi 13 juin 2002
« Les manifestations de la vérité dans la raison herméneutique : Paul Ricoeur », lundi 1 juillet 2002
« La pensée herméneutique : Hans-Georg Gadamer », mercredi 3 juillet 2002
« L’herméneutique de Gadamer : éléments pragmatiques dans le langage », jeudi 4 juillet 2002
« Déconstruction et herméneutique (1) : le langage selon Derrida », mercredi 17 juillet 2002
« Déconstruction et herméneutique (2) : l’être et le langage d’après Gadamer », vendredi 19 juillet 2002
« La conception de l’histoire chez Michel de Certeau (1) : l’écriture historiographique », mercredi 15 janvier 2003
« La conception de l’histoire chez Michel de Certeau (2) : psychanalyse et histoire », mercredi 29 janvier 2003
« La politique de la différence et la finitude de l’identité : aspects politiques et philosophiques », mercredi 26 mars 2003
« La symbolique du mal : l’homme face à sa barbarie », samedi 5 et dimanche 6 avril 2003
« Modernité et postmodernité : problématiques générales », mardi 4 mars 2003
« Politique de la raison et le choc du réel : la question de l’intellectuel », mardi 11 mars 2003
« La pensée arabe contemporaine sur internet », lundi 05 mai 2003
·         Nawafez, hebdomadaire arabophone, le supplément du quotidien « al-Mustaqbal », Beyrouth, Liban
« Quel rôle l’université peut jouer aujourd’hui ? » compte rendu du livre de Jacques Derrida, L’Université sans condition, vendredi 14 décembre 2001
« Vocabulaires pour des pensées différentes », compte rendu du livre de Charles Ramond, Le vocabulaire de Derrida, dimanche 6 janvier 2002
« L’existence vécue comme pratique et vision artistique du monde », compte rendu du livre de Claude Morilhat, Philosophie ou libertinage. R. Rorty et le discours postmoderne, dimanche 10 mars 2002
« L’essence de la vérité dans l’activité artistique », compte rendu du livre de Martin Heidegger, L’origine de l’activité artistique, dimanche 23 juin 2002
« Les manifestations de la raison et de la vérité dans la philosophie contemporaine », compte rendu du livre de Omar Mehibel, Du système au sujet. Lectures de la pensée occidentale contemporaine, samedi 27 juillet 2002.
« La rupture instauratrice et les arts de vivre », compte rendu du livre de François Dosse,  Michel de Certeau : le marcheur blessé, Paris, La Découverte, 2002 
« L’imagination dans l’histoire », compte rendu du livre de Michel de Certeau, Histoire et psychanalyse, Paris, Gallimard, 2002, samedi 11/01/2003
« La fonction pragmatique de la raison et de la vérité », compte rendu du livre de Jürgen Habermas, L’éthique de la discussion et la question de la vérité, Paris, Grasset, 2003 ; samedi 26 avril 2003
·         El Djoumhouria (La République), quotidien arabophone, Oran, Algérie
« Entretien à l’occasion du sixième anniversaire de la disparition de Bakhti Benaouda », lundi 21 mai 2001
·         El Ikhtilef (La différence), revue éditée par la Ligue des écrivains de la différence, Alger.
« La dimension universelle de la pensée herméneutique », traduit en arabe par Abdelkader Boudouma, n°1, juin 2002
« Jacques Derrida : témoignage intellectuel », n°2, septembre 2002
·         Zarez (Zagreb), revue culturelle (Croatie)
« Islam i Zapad : Ulog smisla i moc », traduit en serbo-croate par Srđan Rahelić, n°87, 12 septembre 2002.
 
III-  Conférences 
Université de la Méditerranée (Aix-en-Provence, France), « l’herméneutique de Hans-Georg Gadamer », (juin 1996).
Palais de la Culture et des Arts (Oran, Algérie), « Les méthodes philosophiques occidentales : critique, herméneutique et déconstruction » (juillet 1996).
Centre de Recherches et d’Etudes Documentaires et Informatiques en Sciences Sociales et Humaines (Oran, Algérie), « phénoménologie et herméneutique » et  « le texte philosophique : structure et fonction ». (août 1997).
Université de Trieste (Italie), « l’Intellectuel et l’espoir social en Algérie »  (4 mai 1998).
Université de Nantes (XXXe Congrès de l’ASPLF) : « Réfléchir et infléchir. Arts de penser et d’agir chez Michel de Certeau » (août 2004).
 
Actes du Congrès...
 
« La différence.  L’identité et l’altérité entre Michel de Certeau et Jacques Derrida » (Congrès international sur la philosophie de la différence), Université de Kairouan, Tunisie, mars 2005.

« La science et la connaissance entre symbolisme et herméneutique chez Ibn ‘Arabî » (Congrès international sur le symbolisme et l’herméneutique chez Ibn ‘Arabî), Damas, Syrie, juin 2005.

Jeudi 9 novembre 2006 4 09 /11 /Nov /2006 12:59
Philosophie médiévale après saint Thomas
Les plus importants critiques de la philosophie thomiste furent John Duns Scot et Guillaume d'Occam. Duns Scot, qui élabora un système de logique et de métaphysique subtil et hautement technique, rejeta la tentative de saint Thomas de concilier la philosophie rationnelle et la religion révélée. Modifiant la doctrine de la "!double vérité!" d'Averroès, il soutenait que toutes les croyances religieuses sont une question de foi, exception faite de la croyance en l'existence de Dieu, qu'il estimait logiquement démontrable. Contre la position de saint Thomas, selon laquelle Dieu agit conformément à sa nature rationnelle, Duns Scot affirma que la volonté divine prévaut sur l'intellect divin et crée les lois de la nature et de la morale plutôt qu'elle ne les observe et se démarqua ainsi de la conception du libre arbitre de saint Thomas. Sur la question des universaux, Duns Scot développa un nouveau compromis entre le réalisme et le nominalisme, considérant que la différence entre les objets individuels et les formes que ces objets réalisent est une distinction plutôt logique que réelle.
Le scolastique anglais Guillaume d'Occam formula la critique nominaliste la plus radicale de la croyance scolastique en des entités invisibles et intangibles telles que les formes, les essences et les universaux. Il soutenait que de telles entités abstraites ne sont que des mots se référant à d'autres mots. Son principe célèbre, nommé le "!rasoir d'Occam!", selon lequel "!il faut éviter de supposer l'existence de plus de choses qu'il n'est logiquement nécessaire!", est devenu un principe fondamental de la science et de la philosophie modernes.
Aux XVe et XVIe siècles, le renouveau de l'intérêt scientifique pour la nature s'accompagna d'une tendance à la mystique panthéiste. Le prélat catholique Nicolas de Cuse prépara l'œuvre de l'astronome polonais Copernic en avançant l'idée que la Terre tourne autour du Soleil, ce qui ôtait à l'humanité la place centrale dans l'Univers. De plus, il affirma que l'univers est infini et identique à Dieu. Le philosophe italien Giordano Bruno, qui identifia de façon semblable l'Univers à Dieu, développa les conséquences philosophiques de la théorie copernicienne et aboutit à un humanisme panthéiste qui lui valut d'être condamné au bûcher par l'Inquisition. La philosophie de Bruno marqua les esprits et contribua à l'essor de la science et à la naissance de la Réforme.
La philosophie moderne
À partir du XVe siècle, la philosophie moderne fut toujours le carrefour de deux systèmes de pensée, l'un fondé sur une interprétation mécaniste, matérialiste de l'Univers, l'autre sur la foi en l'Homme comme seule réalité ultime. Ce croisement d'influences reflète l'effet croissant des découvertes scientifiques et des changements politiques sur la spéculation philosophique.
Mécanisme et matérialisme
Les XVe et XVIe siècles constituent une période de progrès radical sur les plans social, politique et intellectuel. Les grandes découvertes, la Réforme, centrée sur la foi en l'individu, l'essor de la société urbaine et commerciale, et le renouvellement culturel, esthétique et idéologique entraînèrent l'apparition d'une nouvelle vision philosophique du monde. La vision médiévale d'un ordre hiérarchique d'êtres créés et gouvernés par Dieu fut supplantée par une image mécaniste du monde, représenté comme une immense machine dénuée de fin et de volonté et dont les composantes étaient mues par les rigoureuses lois de la physique. La satisfaction des désirs naturels de l'Homme l'emporta sur la quête du salut dans l'au-delà. Institutions politiques et principes moraux cessèrent d'être considérés comme le reflet de l'ordre divin et en vinrent à être conçus comme des moyens pratiques créés par les hommes. Dans cette nouvelle optique philosophique, l'expérience et la raison humaine devinrent les seuls critères de vérité.
Le premier grand représentant de cette nouvelle philosophie fut le philosophe et homme d'État anglais Francis Bacon, qui attaquait la foi dans l'autorité et dans le pouvoir du raisonnement et critiquait la logique aristotélicienne. Bacon revendiquait une nouvelle méthode scientifique fondée sur l'induction généralisante à partir d'observations et d'expériences minutieuses. Il fut le premier à formuler les règles de l'inférence inductive.
Mais l'importance de l'œuvre de Galilée contribua encore plus à l'essor de la nouvelle vision du monde. Galilée accordait une importance particulière aux mathématiques dans la formulation des lois scientifiques. Ainsi créa-t-il la science de la mécanique, qui applique les principes de la géométrie aux mouvements des corps. Grâce à la mécanique, on découvrit des lois naturelles fiables et utiles, ce qui entraîna Galilée et d'autres scientifiques après lui à croire que la nature obéissait toute entière à des lois mécaniques.
Descartes
Mathématicien, physicien et philosophe rationaliste, René Descartes fit siennes les critiques de Bacon et de Galilée des méthodes et croyances de leur époque mais, à la différence de Bacon qui préconisait une méthode inductive fondée sur les faits observables, Descartes fit des mathématiques le paradigme de toute science, appliquant sa méthode déductive et analytique à tous les domaines. Il publia en 1637 son premier ouvrage important, les Essais philosophiques, qui comprenait le Discours de la méthode. Il prit la résolution de reconstruire l'ensemble de la connaissance humaine sur un fondement absolument certain, refusant toute croyance, même celle de sa propre existence, avant d'en avoir établi la vérité et la nécessité. C'est précisément en doutant de sa propre existence que Descartes en découvrit la preuve logique. Sa célèbre proposition Cogito, ergo sum ("!Je pense, donc je suis!") lui fournit le seul fait certain ou axiome dont il put déduire l'existence de Dieu et des lois naturelles élémentaires. En dépit de son point de vue mécaniste, Descartes acceptait la doctrine religieuse traditionnelle de l'immortalité de l'âme et affirmait que l'esprit et le corps sont deux substances distinctes, soustrayant ainsi l'esprit aux lois mécaniques de la nature et garantissant la liberté de la volonté. Avec cette distinction fondamentale du corps et de l'esprit, Descartes a formulé une philosophie relevant du dualisme. Dès lors s'est posé le problème de savoir comment s'effectue l'interaction de deux substances aussi différentes, mais Descartes ne trouva pas de réponse à cette question.
Hobbes
Le philosophe anglais Thomas Hobbes édifia un vaste système de métaphysique matérialiste qui apportait une solution au dualisme en réduisant l'esprit aux mouvements internes du corps. En appliquant les principes de la mécanique aux domaines de la connaissance, il a défini les concepts fondamentaux (vie, sensation, raison, valeur, justice) en termes de matière et de mouvement, et réduit de la sorte tous les phénomènes à des relations physiques et toute science à la mécanique. Dans sa théorie morale, Hobbes déduisait les règles du comportement humain de l'instinct de conservation et justifiait l'action égoïste comme étant une tendance naturelle de l'Homme. Dans sa théorie politique, il qualifiait les gouvernements et la justice sociale de créations artificielles reposant sur un contrat social. Il défendait la monarchie absolue, dans laquelle il voyait le moyen le plus efficace de préserver la paix. Il acheva en 1642 le De cive (Du Citoyen), exposé de sa théorie du gouvernement, et poursuivit son travail d'érudit et de philosophe jusqu'à sa mort en 1679.
Spinoza
Le philosophe hollandais Baruch Spinoza édifia un système philosophique qui proposait de nouvelles solutions au dualisme, au conflit entre science et religion, et au problème que posait la science mécanique en éliminant de la nature les valeurs morales. À l'instar de Descartes, il affirmait qu'il est possible de déduire la structure entière de la nature de quelques définitions et axiomes élémentaires. Spinoza vit que la théorie cartésienne des deux substances créait le problème insoluble de l'interaction du corps et de l'esprit!; il en tira la conclusion que l'ultime sujet de connaissance ne peut être que la substance elle-même. Selon lui, Dieu, la substance et la nature sont identiques : toute chose est un aspect ou un mode de Dieu. Il représenta par là le panthéisme fondé sur le déterminisme. Aussi affirmait-il que la liberté de l'Homme ne repose que sur l'ignorance de ce qui le détermine. D'origine et d'éducation juive, en 1656 Spinoza fut excommunié et banni d'Amsterdam par le rabbin en raison de ses vues peu orthodoxes.
La solution qu'il apporta au problème du dualisme par la théorie dite du parallélisme psychophysique reposait sur l'idée que l'interaction du corps et de l'esprit n'était qu'une apparence et qu'il fallait en fait les considérer comme deux formes de la même substance. Comme l'éthique de Hobbes, celle de Spinoza se fondait sur une psychologie matérialiste qui fait de l'intérêt personnel l'unique source de motivation des hommes, mais, à la différence de Hobbes, il affirmait que l'intérêt personnel coïncide avec l'intérêt des autres et que la vie la plus satisfaisante est celle consacrée à l'étude scientifique culminant dans l'amour intellectuel de Dieu.
Locke
Une des figures les plus influentes de la pensée anglaise, John Locke, poursuivit la tradition empiriste amorcée par Bacon. Il dota l'empirisme d'une structure systématique avec la publication en 1690 de son Essai sur l'entendement humain. Locke s'attaquait à la croyance rationaliste de son temps en une connaissance indépendante de l'expérience. S'il acceptait la distinction cartésienne du corps et de l'esprit et la description mécaniste de la nature, il imprima une nouvelle orientation à la philosophie en recommandant l'étude de l'esprit après celle du monde physique. Il érigea ainsi la théorie de la connaissance en discipline majeure de la philosophie moderne. Locke s'efforçait de réduire les idées à de simples éléments de l'expérience, mais opérait une distinction dans les sources de l'expérience entre sensation et réflexion, la sensation fournissant la matière de la connaissance du monde externe et la réflexion celle de la connaissance de l'esprit.
Locke, qui lui-même n'était pas sceptique, exerça une influence considérable sur le scepticisme de la pensée britannique ultérieure pour avoir attiré l'attention sur l'imprécision des concepts métaphysiques et sur le fait que l'on ne peut établir la preuve certaine des inférences qui portent sur le monde externe. Ses écrits éthiques et politiques eurent une influence tout aussi considérable sur la pensée postérieure. Les fondateurs de l'école moderne de l'utilitarisme, qui font du bonheur du plus grand nombre le critère du bien et du mal, s'inspirèrent largement des idées de Locke. En tant que défenseur du gouvernement constitutionnel, de la tolérance en matière de religion et du droit naturel, il a marqué le développement de la pensée libérale en Europe et aux États-Unis.
Idéalisme et scepticisme
Philosophe, mathématicien et homme d'État allemand, Gottfried Wilhelm Leibniz élabora au XVIIe siècle un système de philosophie original en y intégrant des découvertes mathématiques et physiques de son temps et des conceptions religieuses issues de la pensée antique et médiévale. Leibniz considérait le monde comme un nombre infini d'unités de force infiniment petites, appelées monades, chacune d'elles constituant un monde clos, qui, cependant, reflète toutes les autres monades dans son propre système de perceptions. Toutes les monades sont des entités spirituelles!; mais celles dont les perceptions sont les plus confuses forment les objets inanimés, tandis que celles dont les perceptions sont les plus claires et qui incluent la conscience de soi et la raison constituent les âmes et les esprits de l'humanité. Dieu est conçu comme la "!Monade des Monades!" qui crée toutes les autres monades et détermine leur développement suivant une harmonie préétablie, ce qui crée l'apparence d'une interaction entre les monades. La conception de Leibniz selon laquelle toute chose est organique et spirituelle est à l'origine de la tradition philosophique de l'idéalisme.
Berkeley
Le philosophe irlandais et évêque anglican George Berkeley fit de l'idéalisme une puissante école de pensée en y associant le scepticisme et l'empirisme. Approfondissant les doutes formulés par Locke sur la connaissance du monde extérieur par l'esprit humain, Berkeley affirmait qu'il n'existe aucune preuve de l'existence d'un tel monde, étant donné que les seules choses observables sont nos propres sensations et que celles-ci se trouvent dans l'esprit. Exister, déclarait-il, signifie être perçu ou percevoir ("!Esse est percipi vel percipere!"), et pour exister lorsqu'on ne les observe pas, les choses doivent continuer à être perçues par Dieu. Sa philosophie exposée dans le Traité sur les principes de la connaissance humaine (1710) et les Dialogues entre Hylas et Phylonous (1713) suscitèrent le mépris de ses contemporains. Mais, en affirmant que les phénomènes sensoriels sont les seuls objets de la connaissance, Berkeley introduisit dans la théorie de la connaissance le phénoménalisme, selon lequel la matière peut être analysée en termes de sensations, et ouvrit la voie au courant positiviste de la pensée moderne.
Hume
Philosophe et historien, l'Écossais David Hume retourna la critique de la substance matérielle opérée par Berkeley contre la propre croyance de Berkeley en une substance spirituelle, arguant que nous ne disposons d'aucune preuve observable de l'existence d'une substance spirituelle (âme ou Dieu). Son œuvre philosophique la plus importante, Traité de la nature humaine, fut publiée en trois volumes en 1739-1740. Selon lui, toutes les propositions métaphysiques portant sur des choses qui ne peuvent pas être immédiatement perçues sont dénuées de sens et devraient être "!livrées aux flammes!". Dans ses analyses de la causalité et de l'induction, Hume montra qu'il n'existe aucune raison logique de croire que deux événements donnés sont liés par une connexion causale objective ou d'anticiper le futur à partir du passé. C'est l'habitude qui, confortée par la répétition, renforce cette connexion illusoire qui n'a lieu en fait que dans l'esprit. L'œuvre de Hume a eu de profondes répercussions sur la science moderne en incitant à utiliser les procédés de la statistique plutôt que les système déductifs et en encourageant à redéfinir les concepts fondamentaux.
Kant
En réponse au scepticisme de Hume, le philosophe allemand Emmanuel Kant construisit un système de philosophie qui compte parmi les plus importants dans la culture occidentale. Kant a affirmé que toute connaissance est au confluent de l'expérience (structurée par les formes a priori de la sensibilité) et de l'idéalité transcendantale (les catégories de l'entendement). L'esprit impose sa forme et son ordre a priori à toute expérience. En soutenant que la causalité, la substance, l'espace et le temps sont des formes imposées à l'expérience par l'esprit, Kant corroborait l'idéalisme de Leibniz et Berkeley. Mais sa position ne relevait pas du pur idéalisme, car il adhéra à la thèse empiriste selon laquelle les choses en soi, c'est-à-dire les choses telles qu'elles existent en dehors de l'expérience, ne sont pas connaissables. Ainsi, Kant limitait la connaissance au "!monde phénoménal!" de l'expérience, affirmant que les croyances métaphysiques sur l'âme, le cosmos et Dieu (le "!monde nouménal!" transcendant l'expérience humaine) sont plus affaire de foi que de connaissance parce qu'elles excèdent les limites de l'aperception humaine. Dans ses écrits éthiques, Kant affirmait que les principes moraux relèvent de l'impératif catégorique, par lequel il entendait des commandements absolus de la raison qui ne souffrent aucune exception et qui sont étrangers au plaisir et aux avantages pratiques. Dans ses réflexions sur la religion, qui ne manquèrent pas d'influencer la théologie protestante, il accorde une importance particulière à la conscience individuelle et représente Dieu essentiellement comme un idéal moral. Sur le plan de la pensée politique et sociale, Kant fut une figure de proue du mouvement soutenant la raison et la liberté contre la tradition et l'autorité.
En France, l'activité intellectuelle culmina durant la période connue sous le nom des Lumières, qui contribua à stimuler les changements sociaux réclamés par la Révolution française. Parmi les principaux penseurs de cette époque figure Voltaire, qui, développant la tradition du déisme inaugurée par Locke et d'autres penseurs, réduisait les croyances religieuses à celles qui, dans l'étude de la nature, peuvent être justifiées par déduction rationnelle. Autre penseur majeur des Lumières, Jean-Jacques Rousseau considérait que la civilisation corrompt la nature humaine et soutenait que l'État fondé sur le contrat social représente la volonté générale. Enfin, Denis Diderot, avec l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers (1751-1772) qu'il dirigea avec d'Alembert et à laquelle contribuèrent de nombreux scientifiques et philosophes, forgea une arme contre le fanatisme religieux, l'absolutisme politique et finalement contre l'Ancien Régime.
Idéalisme absolu
En Allemagne, sous l'influence de Kant, l'idéalisme devint la tendance dominante. Johann Gottlieb Fichte transforma l'idéalisme critique de Kant en idéalisme absolu en éliminant la "!chose en soi!" kantienne et en faisant de la volonté la réalité dernière. Fichte soutenait que le monde est créé par un ego absolu dont la volonté humaine n'est qu'une manifestation partielle et qui tend vers Dieu comme vers un idéal non réalisé. Ses thèses passèrent pour athées et Fichte fut contraint d'abandonner sa chaire de philosophie à l'université d'Iéna en 1799. Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling alla encore plus loin en réduisant toute chose à l'activité d'autoréalisation d'un esprit absolu qu'il identifiait avec l'impulsion créatrice de la nature. L'accent placé par le romantisme sur les sensations et sur le caractère divin de la nature trouva son expression philosophique dans la pensée de Schelling, qui influença le mouvement transcendantaliste américain dirigé par le poète et essayiste Ralph Waldo Emerson.
Hegel
Un des philosophes les plus influents du XIXe siècle fut l'Allemand Georg Wilhelm Friedrich Hegel. Son système, marqué par l'idéalisme absolu, se fondait sur une nouvelle conception de la logique qui faisait du conflit ou de la contradiction l'élément nécessaire à la vérité, celle-ci étant conçue comme un processus et non comme un état de choses figé. La source de toute réalité est, pour Hegel, l'Esprit absolu ou Raison universelle qui, d'une existence abstraite, indifférenciée, progresse vers une réalité de plus en plus concrète, suivant un processus dialectique composé de stades de triades, chaque triade impliquant premièrement un stade initial (ou thèse), deuxièmement un stade opposé (ou antithèse) et troisièmement un stade supérieur, ou synthèse, qui réunit les deux opposés. Dans cette optique, l'histoire obéit à des lois logiques, si bien que "!tout ce qui est réel est rationnel et tout ce qui est rationnel est réel!". Les phases historiques tardives constituent des réalisations plus concrètes de l'Esprit absolu, dont on découvre le stade suprême de la réalisation de soi dans l'État national et dans la philosophie. Hegel a renouvelé l'intérêt pour l'histoire en la représentant comme un degré de réalité supérieur à celui de la science naturelle. Sa conception de l'État national comme la plus haute incarnation sociale de l'Esprit absolu fut considéré par certains comme la source majeure de l'idéologie totalitaire moderne, bien que Hegel lui-même ait largement plaidé en faveur de la liberté individuelle.
Philosophes influents
L'Allemand Arthur Schopenhauer rejetait l'optimisme de la foi hégélienne dans la raison et le progrès. En 1819, il publia le Monde comme volonté et comme représentation, exposé de sa philosophie athée et pessimiste. Schopenhauer soutenait que la nature et l'humanité sont toutes deux des produits d'une volonté irrationnelle à laquelle on ne peut échapper qu'à travers l'art et le renoncement philosophique au désir de bonheur. Mathématicien et philosophe, Auguste Comte formula la philosophie du positivisme qui, récusant toute spéculation métaphysique, ne voyait de connaissance véritable que dans les sciences dites positives, ou factuelles. Comte plaçait la sociologie, dont il est le fondateur, au sommet de sa classification des sciences. L'économiste britannique John Stuart Mill développa et affina les traditions empiriste et utilitariste en publiant l'Utilitarisme en 1836, dont il appliquait les principes à tous les champs de la pensée. Stuart Mill et d'autres utilitaristes influencèrent nombre de réformes libérales sociales et économiques en Grande-Bretagne. Le Danois Søren Kierkegaard attaqua la prééminence de la raison dans le système hégélien. Brillant défenseur du sentiment de l'approche subjective des problèmes de la vie, il est devenu l'une des principales sources de l'existentialisme au XXe siècle.
La philosophie évolutionniste
Si la vision mécaniste du monde propre au XVIIe siècle et la foi dans la raison et le sens commun qui prévalait au XVIIIe siècle ne perdirent pas complètement leur influence, elles furent modifiées au XIXe siècle par un grand nombre d'idées plus complexes et plus dynamiques issues de la biologie et de l'histoire plutôt que des mathématiques et de la physique. Particulièrement influente fut la théorie de l'évolution biologique par la sélection naturelle, exposée en 1858 par Charles Darwin, dont l'œuvre inspira des conceptions de la nature et de l'humanité mettant en valeur le conflit et le changement, en opposition à l'unité et à la permanence de la substance. Karl Marx et Friedrich Engels, qui se rencontrèrent en 1844 à Paris, élaborèrent le matérialisme dialectique, fondé sur la logique dialectique de Hegel, dans lequel la matière, et non plus l'esprit, constituait la réalité dernière. Ils empruntèrent à Hegel l'idée que l'histoire se déploie selon des lois dialectiques et que les institutions sociales ont une réalité concrète supérieure à celle de la nature physique ou de l'esprit individuel. L'application de ces principes aux problèmes sociaux prit la forme du matérialisme historique : selon cette théorie, toutes les formes de culture sont déterminées par les relations économiques et toute l'histoire humaine est l'histoire de la lutte des classes. Cette thèse constitua la base idéologique du communisme. Le philosophe britannique Herbert Spencer développa une philosophie évolutionniste fondée sur le principe de la "!survie des plus forts!", qui explique tous les éléments de la nature et de la société en termes d'adaptation à la lutte cosmique pour la survie. À l'instar de Comte, il fondait la philosophie sur la sociologie et l'histoire qu'il considérait comme les sciences les plus avancées.
Nietzsche
L'Allemand Friedrich Nietzsche reprit l'idée chère à Schopenhauer de vie comme expression d'une volonté cosmique, mais il fit de la "!volonté de puissance!" la source de toute valeur. Un texte de Nietzsche publié sous le titre la Volonté de puissance parut en 1901, un an après sa mort. Violemment critique à l'égard de l'éthique religieuse, notamment chrétienne, il prônait un retour aux vertus plus primitives et plus naturelles du courage et de la force. Dans le sillage de la révolte romantique contre la raison et l'organisation sociale, il préconisait le "!renversement des valeurs!" et plaçait le bien dans l'affirmation de la puissance du moi, et le mal dans ce qui le contrarie. Il espérait l'avènement du "!surhomme!" qui pourrait s'affirmer sans entraves.
Pragmatisme
Vers la fin du XIXe siècle, le pragmatisme devint l'un des plus puissants mouvements de pensée aux États-Unis. Il s'inscrivait dans la tradition empiriste qui fonde la connaissance sur l'expérience et qui a recours aux procédés d'induction de la science expérimentale. Charles Sanders Peirce, qui donna à la théorie son nom, formula une théorie pragmatique de la connaissance, pour laquelle le sens d'un concept réside dans les prédictions que rend possibles son usage et qui sont vérifiables par l'expérience future. William James fut à l'origine d'une théorie pragmatique de la vérité. Il définit la vérité comme la capacité qu'a une croyance à nous guider vers une action réussie, et proposa d'évaluer toutes nos croyances en fonction de leur aptitude à résoudre des problèmes. C'est sur cette base pragmatique que James justifiait la religion.
L'idéalisme devint un puissant courant de pensée en Grande-Bretagne à travers l'œuvre de Francis Bradley qui, à l'instar de Hegel, affirmait que toute chose doit être conçue comme un aspect de la totalité absolue. Bradley récusait l'existence des relations, arguant que le seul et unique sujet réel de la pensée pouvant être postulé est l'Absolu et que la dualité n'est qu'apparence. Pour lui, dès lors qu'on affirme qu'une chose a une certaine caractéristique, il faut que ladite chose, en tant que sujet, soit le monde dans sa totalité et la réalité en soi. Toute autre hypothèse est contradictoire, car la réalité en soi est la dernière chose à avoir des prédicats contradictoires (par exemple, un poêle est tantôt chaud, tantôt froid). Le philosophe britannique John McTaggart poursuivit lui aussi l'idéalisme hégélien, affirmant que l'espace et le temps sont irréels parce qu'on ne peut les concevoir sans se contredire. La seule réalité était à ses yeux l'esprit. Un autre philosophe britannique, Bernard Bosanquet, qui reprit comme McTaggart l'idéalisme hégélien, mit l'accent sur le côté esthétique et dramatique du monde en marche.
L'idéalisme pragmatique
Josiah Royce, qui appartenait au courant idéaliste américain, associa à l'idéalisme certains éléments du pragmatisme. Royce interprétait la vie humaine comme l'effort déployé par le moi fini pour devenir le moi absolu à travers la science, la religion et la loyauté envers de plus larges communautés.
Philosophe, pédagogue et psychologue américain, John Dewey reprit les principes pragmatiques de Peirce et de James pour élaborer un vaste système de pensée qu'il appela "!naturalisme expérimental!" ou instrumentalisme. Dewey mit l'accent sur le fondement biologique et social de la connaissance et sur le caractère instrumental des idées comme plans d'action. Il préconisait une approche expérimentale en éthique, capable de rattacher les valeurs aux besoins individuels et sociaux. Par l'importance qu'elle accordait à la préparation de l'individu à une activité créatrice au sein d'une société démocratique, sa théorie de l'éducation exerça une profonde influence sur l'évolution des méthodes d'éducation aux États-Unis.
En France, une des pensées les plus influentes du début du XXe siècle fut le vitalisme évolutionniste d'Henri Bergson, défenseur de l'élan vital, énergie spontanée du processus d'évolution qui permet à la vie de durer et de prendre de nombreuses formes. Dans l'Évolution créatrice (1907), Bergson opposait la sensation et l'intuition à l'approche analytique de la nature adoptée par la science et la philosophie scientiste. En Allemagne, Edmund Husserl, fondateur de l'école de la phénoménologie, élabora une philosophie qui étudiait les structures de la conscience qui permettent à celle-ci de se rapporter à des objets externes. Selon lui, il existe une science des essences, car la conscience, grâce à l'intentionnalité (c'est-à-dire la conscience qui est toujours la conscience de quelque chose) peut atteindre la chose elle-même en tant qu'elle est distincte du sensible. Dans Recherches logiques (1900-1901), Husserl a également essayé de fonder une science des relations entre les objets idéaux qui ont nécessairement une existence indépendante de la conscience psychologique qui les saisit.
Whitehead
Le mathématicien et philosophe Alfred North Whitehead ranima l'intérêt pour la métaphysique spéculative en construisant un système de concepts qui reliait la théorie platonicienne des idées à l'organicisme de Leibniz et de Bergson. Whitehead, qui était aussi physicien, montra l'impuissance de la science mécanique à donner une interprétation exhaustive de la réalité. Pour Whitehead, les choses ne sont pas des substances immuables bien délimitées dans l'espace mais des processus d'expérience vivants, exprimant des objets éternels (ou universaux) et liés à ceux-ci par Dieu.
Santayana et Croce
Le poète et philosophe américain George Santayana voulut fondre pragmatisme, platonisme et matérialisme en une vaste philosophie qui mettait l'accent sur les valeurs intellectuelles et esthétiques. Benedetto Croce érigea à son tour l'idéalisme en un courant dominant de la philosophie italienne. Il renouvela le concept hégélien de réalité comme processus de développement historique à travers l'opposition des contraires, en insistant plus sur la sensation et l'intuition que sur la raison abstraite comme source de vérité ultime.
La philosophie analytique
Bertrand Russell poursuivit les traditions empiriste et utilitariste de la pensée britannique. Par son application aux problèmes de la philosophie des découvertes faites en logique, en mathématique et en physique, Russell exerça une influence considérable sur l'école de l'empirisme logique. Dans Principia mathematica (1910-1913), il exposa sa "!théorie des types logiques!" qui hiérarchisait les classes pour résoudre certaines antinomies. Le philosophe britannique G.E. Moore, principale figure de ce que l'on a appelé la révolte réaliste contre l'idéalisme, défendait la réalité des objets de croyance du sens commun. Russell et Moore ont marqué de leur influence la philosophie analytique.
L'école de l'empirisme logique ou positivisme logique, fondée à Vienne, devint un puissant courant de la pensée américaine. L'empirisme logique, qui unit le positivisme de Hume et de Comte à l'exigence cartésienne et kantienne de rigueur et de précision logique, rejette la métaphysique comme étant un jeu de mots dénué de sens, insiste sur la définition de tous les concepts en termes de faits observables et assigne à la philosophie la tâche de clarifier les concepts et la syntaxe logique de la science.
Le courant de la philosophie analytique, appelé analyse linguistique, inspiré par l'œuvre de Moore et développé de façon explicite par Ludwig Wittgenstein dans son Tractatus logico-philosophicus (1921), domine jusqu'à nos jours la philosophie britannique. Cette école de pensée rejette elle aussi la métaphysique spéculative et limite la tâche de la philosophie à l'élucidation, par l'analyse des mots du langage ordinaire, des contradictions et des apories produites par l'ambiguïté du langage. Elle identifie le sens d'un mot à la façon dont le mot est généralement utilisé.
La philosophie existentielle
 
 
Plongeant ses racines dans la révolte romantique du XIXe siècle contre la raison et la science en faveur de l'engagement passionné dans la vie, la philosophie existentielle fut introduite en Allemagne par l'intermédiaire des œuvres de Martin Heidegger et de Karl Jaspers. Heidegger opéra une synthèse de l'approche phénoménologique de Husserl, de la thèse de Kierkegaard sur l'intensité des émotions et de la conception hégélienne de la négation comme force réelle. La philosophie de Heidegger affirmait que l'histoire de la philosophie occidentale repose sur un oubli de l'Être de l'étant et que les philosophes ont ainsi expliqué l'Être à partir d'un autre étant (Dieu, par exemple). Dans Être et Temps (1927), il entendait marquer la fin de la métaphysique en déclarant que l'Être est la somme de tous les étants, de tout ce qui est. Jaspers trouva Dieu, qu'il appela Transcendance, dans les intenses expériences émotionnelles des hommes. José Ortega y Gasset, principale figure de la philosophie existentielle en Espagne, opposait l'intuition à la logique et critiquait la culture de masse et la société mécanisée des temps modernes. Le philosophe israélien et homme de lettres Martin Buber, né en Autriche, mêlant le mysticisme juif à certaines tendances de la pensée existentielle, interpréta l'expérience humaine comme un dialogue de l'individu avec Dieu.
Différentes synthèses de la théologie traditionnelle et de la conception existentialiste de la connaissance, relevant davantage de l'émotion que de la science, furent opérées en Suisse par Karl Barth, et aux États-Unis par Reinhold Niebuhr et Paul Tillich.
En France, Jean-Paul Sartre fut la figure de proue de l'existentialisme. Ses ouvrages théoriques, ses romans et ses pièces de théâtre renouent avec nombre de thèmes traités par Marx, Kierkegaard, Husserl et Heidegger. Ils offrent une conception de l'être humain libre qui se projette lui-même dans la vie sociale en affirmant ses propres valeurs morales et en assumant la responsabilité morale de ses actes.
En Europe, le marxisme connut un nouvel essor, notamment en France avec Louis Althusser, en Italie avec Antonio Gramsci et en Allemagne avec les héritiers de l'école de Francfort comme Jürgen Habermas (Théorie de l'agir communicationnel, 1981).
La théorie de la connaissance fut marquée en France par les ouvrages de Gaston Bachelard (le Nouvel esprit scientifique, 1934), d'Alexandre Koyé (Du monde clos à l'univers infini, 1957), de Georges Canguilhem (Études d'histoire et de philosophie des sciences, 1968) et d'Ilya Prigogine (la Nouvelle Alliance, 1979). Le structuralisme, issu des travaux de Ferdinand de Saussure (Cours de linguistique générale, 1922) dominait les sciences humaines grâce aux travaux de Claude Lévi-Strauss (la Pensée sauvage, 1962) et de Michel Foucault (les Mots et les Choses, 1966). La pensée de Heidegger a laissé des traces profondes en France, comme en témoignent les ouvrages de Jacques Derrida (la Voix et le Phénomène, 1967) qui entreprit une "!déconstruction!" de la métaphysique occidentale. La réflexion sur l'apport de Nietzsche et de Freud, sur le symbolisme renouvelé par Ernst Cassirer (Philosophie des formes symboliques, 1923-1929) donna l'occasion à Paul Ricœur de traiter des grands thèmes de la philosophie morale et de la métaphysique (Finitude et culpabilité, 1960). En France, la philosophie continue de figurer parmi les matières obligatoires du baccalauréat, malgré les critiques qui sous-estiment la valeur éducative de cette discipline.
 
Par ZINE - Publié dans : philozine
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

قراءة في كتب محمد شوقي الزين

Compte rendu de ma traduction du livre de Hans-Georg Gadamer, fait par Maher Charaf Al-Din et publié dans la revue Qantara (Berlin-Allemagne)  et dans le quotidien libanais Annahar.

 

فلسـفـة التَّـأويـل

هيرمينوطيقا لغوية 

ماهر شرف الدين

 

العام 1900، الذي شهد وفاةَ فريدريش نيتشه، شهد ولادةَ أشهر فلاسفة الهيرمينوطيقا في العصور الحديثة: هانس غيورغ غادامير. وفي كتاب فلسفة التأويل، الصادر لدى مؤسسات ثلاث، نقع على مختارات باهرة من الدراسات التي قدَّمها غادامير كمدخل إلى الفكر التأويلي.

                                        
لعقود طويلة، ظلت فلسفة غادامير التأويلية محلَّ قراءات مختلفة وتأويلات متضاربة في خصوص تصوُّره للُّغة: غالبًا ما نُعِتَتْ "تأويلية" غادامير بأنها هيرمينوطيقا لغوية، من حيث إنها تعطي الأولوية والصدارة لعامل اللغة كبُعد كونيٍّ وشامل يشترط الأبعاد الأونطولوجية والأنثروپولوجية كلَّها للكائن: "الوجود الجدير بالفهم هو اللغة." لقد جاء جواب غادامير حاسمًا:

عندما كتبتُ أن الوجود الممكن فهمه وإدراكه هو اللغة، ينبغي أن نفهم من هذا التصريح أن الوجود (ما هو كائن) لا يمكن فهمه في صورته الكلِّية والشاملة، بحيث إن كلَّ ما تحمله اللغة يحيل دومًا على ما وراء (أو فوق) العبارة نفسها.

فالصحيح أن ما عبر عنه الفيلسوف لا يكتفي بنقل إرادة التعبير وبتثبيتها بالكتابة، بل يسعى إلى الاتفاق حول – أو الانسجام مع – الشيء عِبْر التواصل والحوار.

تتوزع كلمة "هيرمينوطيقا" hermeneutics (فن التأويل)، كما هي الحال مع الكلمة المشتقة عن الإغريقية hermeneuein، التي تمفصلتْ مع لغتنا العلمية، في المستويات المختلفة للتفكير. وتدلُّ هذه الكلمة على ممارسة فكرية دليلها الآلية أو الفن. وهو ما يستحضره تشكيلُ اللفظ الذي يدلُّ على "التقنية". يتخذ "الفن" هاهنا دلالةَ الإعلان والتراث والتفسير والتأويل، مثلما يشتمل على فن الفهم كأساس له ودعامة.

ويعتقد غادامير أن مشكل الهيرمينوطيقا لا ينحصر في المشكل المنهجي للعلوم الإنسانية، ولا ينجم عن المناقشات الحالية حول الطرق والأساليب العلمية في التفكير والتفلسف، بل هو مشكل إنساني ينصبُّ حول قدرات الوجود الإنساني. فالاختلاف الذي نقيمه بين العلوم الإنسانية وعلوم الطبيعة غير مُرْضٍ من الجانبين: لا يرضي علماءَ اليوم حَصْرُ هذه العلوم في حلِّ المشكلات (المعرفية) بواسطة قانون النسبوية relativism؛ إذ يؤكد هؤلاء العلماء أن مشكلة اللغة، أو المشكل الألسُني، في الحقول الأساسية للنظرية الحديثة، هو أيضًا مشكل ذو أهمية فائقة، ويشغل مكانةً رئيسية في المناقشات الفكرية المعاصرة.

 

 

غادامير، الذي تأثرتْ تأويليَّته بالمنهج الديكارتي في بُعدها الإپستمولوجي، استقلَّ المنحى الأونطولوجي والفني والفلسفي لديه عن صرامة المنهج، عِبْر إدراجه للتصورات المسبقة التي كانت محلَّ شكوك وتحفُّظات في المنهج الديكارتي، الذي أسَّس لفكرة العالم في العصور الحديثة، المبنية على البداهة واليقين. ولأن الشك الديكارتي يستسلم، في نهاية المطاف، لوضاحة المنهج وبداهة الفكرة، قام غادامير بتجنيد الشكِّ النيتشوي الراديكالي. وبدلاً من الاستناد إلى بداهة الوعي المفكِّر نفسه، يستند غادامير إلى فكرة أستاذه هيدغِّر حول التناهي الإنساني، التي تظلُّ فكرةً محوريةً وجوهرية في تأويليته.

تأثير هُسِّرل وهيدغِّر، الذي وجد في فلسفة غادامير المفاتيح الأساسية في بناء فلسفته التأويلية، كان واضحًا في مساره الفكري، حين درس على يديهما الفلسفة في فرايبُرغ، في وقت لم يكن يرى حوله سوى الحضور القوي للكانطية الجديدة والوضعية positivism في المجال العلمي. وقد أقامت ترجمتُه لأفلاطون الدليلَ القاطع على نفوره من "الموضة الجامعية" في عصره.

الفهم الذاتي الذي تمارسه العلوم الإنسانية، في مقابل النموذج العلمي البحت الذي تتمتَّع به العلوم الدقيقة والطبيعية، بقي المشكل الرئيسي الذي شغل غادامير، الوفي للمنحى الأونطولوجي الذي رسمه هيدغِّر، والمتمثل خصوصًا في مسألة اللغة، والتناهي الذاتي الذي تكشف عنه التجربة التاريخية وهيرمينوطيقا الفهم – فهم الذات على وجه الخصوص؛ وهو ما سمَّاه هيدغِّر "المنعطف الأونطولوجي الحاسم" في تجربة الفهم الذاتي. وهذا ينمُّ عن المشكل الذي طرحتْه العلوم الإنسانية، في أواخر القرن التاسع عشر وفي القرن العشرين، كما عالجها وقدَّمها، من وجهة نظر تاريخية وإپستمولوجية، فيلهِلم دلتاي.

لتوضيح معنى التأويل التاريخي، انطلق غادامير من الإخفاق الذي مُنِيَتْ به النزعةُ التاريخية، أو التاريخانية، كما هي الحال لدى دلتاي، منبِّهًا إلى الأبعاد الأونطولوجية الجديدة عند هُسِّرل وهيدغِّر:

لا يمكن للمعرفة التاريخية أن توصف بنموذج المعرفة الوضعانية، لأنها في حدِّ ذاتها عبارة عن تطوُّر يتمتع بخاصيات الحدث التاريخي كلِّها.

في تأخُّر هائل، محتشم، على ما يقول مترجم الكتاب محمد شوقي الزين في مقدمته، نكتشف هذا البحر التأويلي الكبير، الذي أثمر، ولا يزال، مؤلَّفاتٍ وأعلامًا في التأويل المعاصر، أمثال الإيطالي فاتيمو والأمريكي دورتي والفرنسي ريكور.

*** *** ***


"فلسفة التأويل"، الترجمة والتقديم محمد شوقي الزين، صدر لدى المركز الثقافي العربي والدار العربية للعلوم ومنشورات الاختلاف 2006

Compte rendu de mon livre "Déplacements intellectuels", fait par l'écrivain Kheir Chouar.

من أجل تجاوز الأسئلة المحنّطة

الخير شوار

 

“الإزاحة” كما عرفها صاحب هذا الكتاب هي ”العملية الفكرية التي تلي ”الاختراق” وتسبق ”المجاوزة””، والكتاب هو ثالث إصدارات الباحث الجزائري محمد شوقي الزين بعد ”هويات وغيريات” عن المركز الثقافي العربي بالدار البيضاء وبيروت بالعربية، و”هويات وغيريات” عن الاختلاف بالجزائر باللغة الفرنسية، والكتاب عبارة عن مقالات متفرقة يربطها رابط واحد هو عملية الإزاحة التي قام بها الباحث في الخطاب الحداثي والثقافي عندنا.

وسيرا على ما درج عليه مؤلفو الكتب الثقافية والفكرية فقد جاء عنوان الكتاب على مستوين الأول ”إزاحات فكرية” وهو العنوان الكبير البارز الذي يعرف به الكتاب وعنوان صغير يوضح الإشكالية بدقة هو ”مقاربات في الحداثة والفكر”، وعودا على كلمة الإزاحة فإن الكتاب من خلال هذه المقالات التي صدر بعضها في الصحف الوطنية الجزائرية، هو محاولة لاختراق الخطاب الثقافي الراهن، من أجل فهمه بدقة ومن ثم يتسنى لنا المجاوزة إن أمكن ذلك والتجاوز كما نعلم لا يكون إلا بالفهم والإحاطة بالشيء وملابساته، فعلى مدى صفحات الكتاب حاول الباحث اختراق ثقافة التلقين من أجل مجاوزتها وما التلقين مثلما جاء في الكتاب إلا النقل بطريقة أخرى والنقل كما نعلم هو نقيض العقل وإذا سيطر النقل حل محل العقل وسادت السلطة الأبوية البتريركية بتعبير المفكر الفلسطيني الراحل هشام شرابي، وانطلاقا من النقل يؤكد الباحث أنه ”في البدء كان التلقين”، وعليه اقتضى الحال أن يكون مع هذا الكتاب ”في البدء كان الاختراق” للعملية التي تسبق الإزاحة ولا تتم إلا بها، ففي البدء أعلنت النية في الاختراق.. اختراق الأنماط السائدة في الثقافة والفكر التي لا يمكن أن تتم مجتمعة، وقد قسمت إلى محاور، يجمعها هذا السفر الصغير نسبيا•والقيمة الحقيقية لهذه المقالات- التأملات تكمن في أنها جاءت في سياق نقاش تم في بعض المنابر الإعلامية ولم يشارك فيه الباحث محمد شوقي الزين وحده باتجاه واحد وإنما تم بين عدد من الكتَاب والباحثين، ومع النقاش تتضح الأفكار أكثر وتتلاحق وتتجلى الرؤية واضحة قدر الإمكان، وقد فعل خيرا الكاتب (والناشر) عندما ضمن هذا الكتاب بعض المقالات التي ناقشت أفكار الكاتب وتفاعل معها حينها في المنابر الإعلامية، حتى تتقيد تلك اللحظة، لتكون بوابة لأي نشاط لاحق، والصحف اليومية كما نعلم تهتم باللحظة الآنية ومن الصعب أن تحافظ القضايا المطروحة للنقاش فيها إذا لم يحتويها كتاب ويصبها في لحظته الخاصة التي هي أدوم حالا مثلما هو حال الكتب على مر التاريخ. وعودا على العنوان الثاني- التوضيحي الذي أكد فيه الباحث أن كتابه هو ”مقاربات في الحداثة والمثقف” فقد انقسم الكتاب إلى جزئية -محورين رئيسيين، الأول يتعلق بـ ”سؤال الحداثة” والثاني بـ ”سؤال المثقف”، وتحت هذين العنوانين الكبيرين، جاءت القضايا المطروحة التي وضعها الباحث نصب عينيه محاولا اختراقها من الداخل وتفجير السؤال فيها آملا أن يزيحها من حقل التلقين والنقل الموسوم بالعقم وبالبطريركية والتخلف وكل النعوت القبيحة التي تعيدنا إلى ثقافة متخلفة، منحطة، محنطة، فارغة، مسيجة بالقداسة والرهبة، إلى نمط آخر من الثقافة غير ذلك تماما موسوم بالعقل والنقد وكل المترادفات والنتائج التي لها علاقة بهذا المنطلق. ولئن كانت القضايا المطروحة في الشق الأول من الكتاب غير متواترة كثيرا في خطابنا الثقافي بشيء من التجاوز فإن القضايا التي جاءت في الشق الثاني، كثيرا ما تناولتها الأقلام وعقدت بشأنها الندوات والمؤتمرات وملئت بها المنابر الثقافية المكتوبة والمرئية والمسموعة، (المثقف والعولمة، نهاية المثقف مثقف النقد ناقدا لذاته، المثقف الجزائري: تغييب أم غياب، نضالات المثقف.. وغيرها من الأسئلة التي ظلت مطروحة في الخطاب الثقافي عندنا، فالقضايا من شدة تكرار النقاش بشأنها، أصبح من الصعب اختراقها رغم تواترها، اللهم إلا إذا أراد الباحث أن يؤكد على أن التكرار في طرح الشيء يرسخ عمق المشكلة وخطورتها، وفي النهاية ما الفائدة من تجاوز الأسئلة إلى غيرها من الأسئلة التي تليها طالما أن الأولى ظلت معلقة بدون إجابة.

لقد جاءت تلك المقالات مليئة بـ ”حرقة الأسئلة” كما جاء في أحد عناوين الشاعر عبد اللطيف اللعبي، وحافظت تلك الأسئلة التي انطلق بعضها من قضايا راهنية محددة على حرارتها، وهو المهم في مثل هذه الكتابات، والكتاب في النهاية بعد صدوره في هذه الطبعة الجميلة يحتاج إلى مزيد من القراءة المتخصصة، المتأملة من أجل أن تخترق الأسئلة التي تناولها من جديد برؤى مختلفة، والاختراق كما أخبرنا الباحث الجزائري المغترب محمد شوقي الزين صاحب الكتاب هذا، عملية تسبق الإزاحة الضرورية في أي بناء فكري ثقافي يروم تجاوز الأسئلة المحنطة والأفكار البالية، وإلا بقينا ندور في الفراغ تماما مثل الأصفار التي تدور حول نفسها كما قال الشاعر الجزائري الراحل مالك حداد.

Coup de Coeur

 

 


Jacques Derrida
et la naissance du Forum arabe de la déconstruction


Du 10 au 13 août 2009, le philosophe français de renommée internationale Jacques Derrida (1930-2004) a été honoré au Bahrein (Ministère de la Culture), à l'occasion du 5e anniversaire de sa disparition. Un livre en arabe, collectif et commémoratif, a été édité pour l'occasion. Des poèmes ont été lus et des films projetés, dont celui de l'écrivaine égyptienne Safaa Fathy. L'auteur de ce blog, Mohammed Chaouki Zine, a procédé à la création du "Forum arabe de la déconstruction", dans le but d'échanger des idées et des réflexions entre les auteurs d'expression arabe.




Michel de Certeau (1925-1986)


Par : Luce Giard

Naissance de Michel, Jean, Emmanuel de la Barge de Certeau le 17 mai 1925 à Chambéry (Savoie), aîné des quatre enfants de Hubert, Eugène de la Barge de Certeau et de son épouse Pauline, Louise, Ursule, Marie, Antoinette de Tardy de Montravel. Il passe son enfance et son adolescence entre cette ville et la maison familiale, une ancienne chartreuse du XVe siècle, toute proche, au sud des Bauges, sauf une année scolaire au collège mariste de la Seyne-sur-Mer, pour se rétablir d’une double typhoïde suivie d’une ostéite. Désormais la mer le fascinera et les deux auteurs qui le marqueront, Montesquieu vers 1940, Surin pour l’histoire de la mystique, seront tous deux de Bordeaux, hommes du rivage océanique, tourné vers l’Amérique. Il parlera souvent des années de guerre, de l’enfermement imposé dans un lieu géographique et social, des maquisards auxquels il s’était lié, courant la montagne pour porter des messages, et plus encore de la rupture qu’avait symbolisée pour lui la défaite de juin 1940 : c’était, définitive, la " défection " du discours patriotique et moral des adultes, avec l’impossibilité de les croire et d’en attendre une direction de vie. 

Après son baccalauréat (latin, grec, allemand en série A, puis philosophie), il suit une double formation, sans parvenir à se satisfaire d’un lieu, d’un milieu, d’une filière, dans la recherche inquiète d’une voie. A l’Université (Grenoble, Lyon, Paris), il obtient deux licences (lettres classiques avec une préférence pour le grec, philosophie), le diplôme de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (Ve section, sous la direction de Jean Orcibal), un doctorant en science des religions (Sorbonne, 1960) sur " le Mémorial de Pierre Favre ". Dans l’institution ecclésiale, il fréquente le Séminaire d’Issy-les-Moulineaux aux portes de Paris (1944-1945, et 1946-1947), mais ce milieu sulpicien lui convient mal. Il rejoint le Séminaire universitaire de Lyon (1947-1950) qu’il juge plus stimulant, et sera toujours attaché à la ville de Lyon, secrète, multiple, vivante. Il ajoute à son baccalauréat de philosophie scolastique une licence en théologie, consacre beaucoup d’énergie à l’histoire des textes de la tradition (hébreu biblique, grec néo-testamentaire). Dès son premier séjour à Paris, il a pris l’habitude de suivre de nombreux cours : il fréquentera ainsi l’helléniste Paul Mazon et, au Collège de France, Jean Baruzi vers la finde sa vie, seul, parlant comme si de rien n’était devant une salle déserte, Louis Massignon, etc.

En novembre 1950, il entre dans la Compagnie de Jésus, attiré par le bouillonnement de vie au scolasticat de Fourvière, l’ouverture internationale de l’ordre et la haute silhouette de Henri de Lubac qui enseignait alors aux aux Facultés catholiques de Lyon. Il suit le cursus classique : noviciat et juvénat à Laval (Mayenne) (1950-1953), " un temps d’austérité " non matérielle mais intellectuelle, car la liberté de lire et travailler lui est chichement mesurée ; un an de philosophie au scolasticat de Chantilly (Oise), consacré à étudier Hegel dans le texte avec Joseph Gauvin, " une expérience forte " dont il gardera toujours gratitude à ce guide et à la Compagnie ; un an d’enseignement de la philosophie dans un collège jésuite à Vannes (Morbihan) pour remplacer au pied levé à la Toussaint un professeur malade ; enfin une dernière année de théologie au scolasticat de Fourvière (Lyon). Il est ordonné à Lyon le 31 juillet 1956.

Il avait commencé dès 1950 à préparer une thèse de patristique sur Saint Augustin, comme lieu de transit entre la pensée grecque et la théologie latine, mais la Compagnie lui demande alors de faire des recherches sur l’histoire spirituelle de ses commencements en France. Pendant les années suivantes, il résidera tantôt à Paris, tantôt à Chantilly, s’enfonçant avec ivresse dans le merveilleux fonds ancien de la bibliothèque, complétant sa formation d’historien dans plusieurs séminaires de recherche (avec Alphonse Dupront, Roland Mousnier, Jean Orcibal, etc.). Selon l’usage de la Compagnie, il s’interrompt pour faire un " troisème an " de noviciat dans la résidence de Saint-Martin-d’Albois (Marne) en 1959-1960, puis passe une année, assez dure pour lui, à donner les Exercices à la résidence Manrèse de Clamart (Hauts-de-Seine). Son doctorat sur Pierre Favre achevé en 1960, il entame son travail sur Jean-Joseph Surin auquel il restera désormais attaché. L’étrange destin de Surin l’incite à traverser, pour le comprendre, un pluriel de sciences humaines et sociales. Il s’intéresse en particulier à la psychanalyse, domaine où Louis Beirnaert lui sert probablement d’introducteur. Il commence une analyse, entre en relation avec Jacques Lacan (auquel il marquera toujours un grand respect intellectuel) et fait partie de son Ecole freudienne tant qu’elle existe (1964-1980).


Devenu profès de la Compagnie après ses " grand voeux " (Paris, février 1963), il se voit confier par elle des tâches et des responsabilités dans son réseau de revues. En 1963-1967, avec François Roustang, il dirige la revue " Christus " (trimestriel consacré à la spiritualié surtout ignatienne) et, aux éditions Desclée De Brouwer, la collection de livres qui lui est associée - lui-même y publiera plusieurs titres. A partir de 1967, il rejoint la rédaction des " Etudes " (mensuel de culture générale). Il fait aussi partie du conseil de rédaction de la " Revue d’histoire de la spiritualité " (nouvelle identité de la célèbre Revue d’ascétique et de mystique) et des " Recherches de science religieuse " , plus tournées vers le théologique. Dans chacune de ces revues, il publiera de nombreux articles et recensions, tout en menant de pair ses recherches érudites sur Surin. De ce dernier, il édite d’abord le " Guide spirituel " (1963), puis une massive " Correspondance " (1966), une somme d’érudition courronée par l’Institut et par la Ville de Bordeaux.

En août 1967, un grave accident de voiture, survenu en Savoie, semble compromettre l’avenir : son père, qui conduisait, est indemne, sa mère meurt sur le coup, lui-même est grièvement blessé, notamment à la face, il perd la vision de l’oeil droit. Le premier choc passé, il s’efforce de reprendre le plus tôt possible la tâche. A la recherche en histoire, au travail de rédaction pour les " Etudes " surtout (que dirige Bruno Ribes), s’est ajouté l’enseignement : un séminaire de doctorat en théologie à l’Institut catholique de Paris (1964-1978) ; après mai 1968 et son association aux projets de réforme universitaire, des cours à l’université expérimentale de Paris VIII (Vincennes), d’abord en psychanalyse, puis en histoire (1968-1971) ; ensuite à paris VII (Jussieu), des cours encore et un séminaire de 3è cycle en anthropologie culturelle (1971-1978).

Cependant la période des voyages en Amérique, toujours en relation avec des occasions de travail (conférences, enseignement, recherche), commence dès 1966 avec la découverte émerveillée du Brésil auquel il s’attachera, y faisant des séjours réguliers, puis l’Argentine, le Chili (avant la chute d’Allende), les Etats-Unis (à partir de 1969, tantôt à l’Est, tantôt à l’Ouest), le Canada et le Mexique dernier venu. Il circule tout autant en Europe : en Espagne, en particulier (par hasard de calendrier) au moment de l’agonie interminable de Franco, en Angleterre avec un trismestre comme Fellow à Cambridge (1975), en Belgique (où l’attire souvent le réseau de Marie Beaumont et Georges Thill, entre autres amitiés fortes), en Suisse comme Professeur associé à l’université de Genève (1977-1978), en Italie aux colloques et séminaires d’été d’Urbino (Centre de linguistique et sémiotique, à partir de 1969), etc. Dans ce tourbillon d’activités, il trouve encore le temps de créer et diriger une collection pour ouvrir la théologie aux méthodes des sciences humaines ; ce sera la " Bibliothèque des sciences religieuses ", produite en coédition entre quatre partenaires (Aubier, Cerf, Delachaux et Niestlé, Desclée De Brouwer), une utopie généreuse difficile à coordonner dans la pratique. De 1971 à 1977, il y publiera sept ouvrages de qualité, suscitant des projets originaux (par exemple avec Louis Marin ou Georges Thill), refusant la solution facile de se centrer sur la traduction de titres étrangers.

Dès 1972, il choisit de ne plus collaborer de manière intensive à la rédaction des " Etudes ", pour suivre une nouvelle ligne de recherche sur la culture contemporaine. Il est alors le rapporteur principal du colloque européen d’Arc-et-Senans sur la " prospective du développement culturel " (avril 1972), fait partie du Conseil du développement culturel mis en palce par Georges Pompidou, où il rencontre Roger Caillois, Paul Delouvrier, Jack Lang, et se lie d’amitié avec Françoise Choay : déçu par une conception qui ne s’intéresse plus " à faire de l’expression culturelle le moyen d’une communication et d’une créativité sociales ", et s’efforce de " ramener la culture vers la conservation d’un patrimoine ", il en démissionne en juin 1973. Il continue à réfléchir sur ces questions clés pour l’avenir d’une société, est à cetire directeur de recherche auprès du Ministère de la Culture en 1973-1974 (où il collabore avec Augustin Girard et Geneviève Gentil), puis devient responsable d’un contrat de recherche sur les " pratiques culturelles contemporaines " pour la DGRST en 1974-1977 (avec, comme collaborateurs directs, Pierre Mayol, Marie Ferrier et moi-même, plus une nébuleuse d’interlocuteurs où je me souviens de Patrick Mignon, d’Olivier Mongin, parmi tant d’autres visages).

Il en sortira d’abord " La culture au pluriel " (1974), puis, en relation avec le " laboratoire d’expérimentation et de discussion " que constitue alors son séminaire de 3è cycle à Paris VII, les deux tomes de " L’invention du quotidien " (1980). De ces années datent ses liens avec le Centre Georges Pompidou dont il aimera tout de suite la mobilité utopique et vivante. Comme il le notera plus tard, " Qui aime laville aime Beaubourg " (dans un rapport sur le Centre, écrit en 1983-1984 à la demande de Jean Meheu et publié in " Esprit ", février 1987, pour saluer le 10e anniversaire). D’ailleurs, dès sa fondation en 1974, il est membre du comité de rédaction de " Traverses " où il écrira régulièrement, malgré son éloignement géographique.

car déjà il s’était tourné vers un autre horizon. De 1978 à 1984, il est surtout aux Etats-Unis, comme Professeur titulaire à l’Université de Californie (San Diego). Il en revient en juillet 1984, tout à la joie d’avoir été élu à l’Ecole des hautes Etudes en Sciences Sociales et de rejoindre un " lieu naturel " de son travail d’historien, un carrefour d’amitiés et d’interlocuteurs. Il doit y assurer une direction d’études concernant " l’anthropologie historique des croyances (XVIe-XVIIIe siècles) ". Il fourmille de projets, veut terminer d’abord le tome 2 de " La fable mystique ", rédiger une anthropologie du croire ( à laquelle il a beaucoup travaillé en Californie), reprendre le dossier, autrefois ouvert avec Jean de Léry dans " L’Ecriture de l’histoire " (1975), des récits de voyage en Amérique, à partir de deux séries, l’une vers le Brésil, l’autre vers la Nouvelle-France.

Mais il aura à peine plus d’un ans pour enseigner à Paris. Imprévisibl, la maladie se dévoile en juillet 1985, impose très vite une grave opération, un long été à l’hôpital. Il sait aussitôt à quoi s’en tenir, choisit de n’en rien dire et de se battre en silence avec la complicité des plus proches. Il entame une course désespérée contre le temps, s’acharne à reprendre son travail en octobre, à recommencer son séminaire à la date prévue, à achever le second tome de " La fable mystique ". Il enseigne jusqu’à la fin décembre, y consacre ses dernières forces. Il meurt chez lui au soir du 9 janvier 1986, avec une élégance, une fortitude venues d'u’ autre siècle : c’est lui qui réconforte les visiteurs qu’il demande à voir dans les derniers jours, c’est lui qui leur parle d’avenir. Il explique en souriant que les vieux traités sur " l’art de mourir " étaient de bonne lecture, que Surin dans " La science expérimentale " lui avait enseigné l’essentiel sur la vérité du " sentiment intérieur ".

Selon ses souhaits, duranr la messe du dernier adieu (église Saint-Ignace, 13 janvier), on entendra les versets de Paul sur " la folie du Christ " (1Co1, 26-19), un fragment d’un " Cantique spirituel " de Surin, et aussi Edith Piaf chantant " Je ne regrette rien ", dernier signe d’amitié, dernier sourire complice. Il repose au cimetière de Vaugirard (Paris XVè), dans un caveau de la Compagnie de Jésus, tout près de Louis Beirnaert et de Henri Lavalette, qui l’y avaient précédé de quelques mois. Nombreux furent les articles de presse à saluer le voyageur parti pour un " autre pays ". La guirlande des titres dessine à petites touvhes un portrait qui sonne juste " Pèlerin des frontières " (Paul Valadier, Le Monde), " migrateur " (Michel Crépu, Panorama), " Savoyard universel " (Jean Bianchi, La Vie nouvelle, Chambéry), " mystique qui s’ignorait " (Gwendoline Jarczyk, La Croix) et, pour introduire une merveilleuse double page de Libération, cette formule : " le chrétien éclairant ", avec, en sur-titre et petits caractères, ce simple mot qui lui serait allé droit au coeur " compagnon ".

Dans la foule anonyme, un passant disparu ; dans le concert des voix, un silence ; comme il aimait à dire, d’une expression venue des mystiques, " une goutte d’eau dans la mer ".


Bibilographie : 


(1) Bieneureux Pierre Favre, " Mémorial ", traduit et commenté par Michel de Certeau, Paris, Desclée De Brouwer, coll.Christus, 1960, 453p.

(2) Jean-Joseph Surin, " Guide spirituel pour la perfection ", texte établi et présenté par Michel de Certeau, Paris, Desclée De Brouwer, coll. Christus, 1963, 330p.

(3) Pierre Teilhard de Chardin, " Lettres à Léontine Zanta ", intraod. par Robert Garric et Henri de Lubac, éd. par Michel de certeau, Paris, desclée De Brouwer, 1965, 142p.

(4) Jean-Joseph Surin, " Correspondance ", texte établi, présenté et annoté par Michel de Certeau, préface de Julien Green, Paris, Desclée De Brouwer, Bibliothèque européenne, 1966, 1827 p.

(5) " La solitude, une vérité oubliée de la communication " (avec François Roustang et al.), Paris, Descelée De Brouwer, coll. Christus, 1967, 256p.

(6) " La prise de parole. Pour une nouvelle culture ", Paris, Descelée De Brouwer, coll. Foi vivante, 1969, 261p.

(7) " La possession de Loudun " (1970), 2è éd., Paris, Gallimard-Julliard, coll. Archives, 1980, 343p.

(8) " L’absent de l’histoire ", s.l., Mame, coll. Repères, 1973, 185p.

(9) " La culture au pluriel " (1974), 2è éd., Paris, Christian Bourgois, 1980, 256p.

(10) " Le christianisme éclaté " (avec Jean-Marie Domenach), Paris, Seuil, 1974, 119p.

(11) " L’Ecriture de l’histoire " (1975), 3è éd., Paris, Gallimard, Bibliothèque des histoires, 1984, 358p.

(12) " Une politique de la langue. La Révolution française et les patois : l’enquête de Grégoire " (avce Dominique Julia et Jacques Revel), Paris, Gallimard, Bibliothèque des histoires, 1975, 317p.

(13) " L’invention du quotidien ", tome 1 : Arts de faire, Paris, UGE, coll. 10/18, 1980, 374p.

(14) " La fable mystique. XVIe-XVIIe siècle ", tome1 (1982), 2è éd., Paris, Gallimard, coll. Tel, 1987, 414p.

(15) " L’ordinaire de la communication " (avec Luce Giard) et al.), Paris, Dalloz, 1983, 167p.

(16) " Histoire et psychanalyse entre science et fiction ", présenté par Luce Giard, Paris, Gallimard, coll. Folio/essais, 1987, 214p.

(17) " La faiblesse de croire ", texte établi et présenté par Luce Giard, Paris, seuil, coll. Esprit, 1978, XIX-323p.

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus