تقديـم

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من مواليد وهران (الجزائر) في 13 ماي 1972   

 دكتور في الدراسات العربية من جامعة بروفونس - فرنسا

دكتور في الفلسفة من جامعة بروفونس - فرنسا

مجال الاختصاص: الفلسفة، الدراسات العربية الإسلامية، فلسفة التأويل، ابستمولوجيا العلوم التاريخية والاجتماعية


 Né le 13 mai 1972, à Oran (Algérie).

Docteur en études arabes de l'Université de Provence (Aix-Marseille I).

Docteur en philosophie de l'Université de Provence (Aix-Marseille I)
Chercheur associé à l'IREMAM (Aix-en-Provence).
Spécialité : philosophie, histoire des idées, pensée arabe classique et moderne, philosophie française contemporaine.

Born in Oran (Algeria), may 13, 1972.
PhD. in Arabic Studies (Mysticism and Hermeneutics of Ibn al-Arabi 1165-1240).

PhD. in Philosophy (Practice and Epistemology of History of Michel de Certeau 1925-1986). 
Speciality : Philosophy, Arabic Studies, Classic and Modern Thought.
Researcher in Institute for Research and Study on the Arab and Muslim World (Aix-en-Provence, France)
http://iremam.mmsh.univ-aix.fr/

mczine13@gmail.com


 

Mes livres: الكتب

Parus cette année: الصادرة هذه السنة

 الترجمة العربية لكتاب ميشال دو سارتو: إبتكار الحياة اليومية

ابتكار الحياة اليومية

جاك دريدا. ما الآن؟ ماذا عن غدّ؟ الحدث، الخطاب، التفكيك

إشراف محمد شوقي الزين

درديا

Ibn 'Arabî: Gnoséologie et manifestation de l'être  (Alger-Beyrouth, éditions de la Différence & Arab Scientific Publishers). ابن عربي: المعرفة وتجليات الوجود، بالفرنسية، 2010 

Ibn Arabi

 Le discours des fins ultimes: les conquêtes de la mondialisation et les impasses de l'identité. Traduction française du livre d'Ali Harb, philosophe libanais. (Alger-Beyrouth, éditions de la Différence & Arab Scientific Publishers).

حديث النهايات: ترجمة فرنسية لكتاب علي حرب، 2010 

Ali Harb

 

Michel Foucault: de l'a priori saisi dans le discours, l'histoire et l'actualité (Sarrebruck, 2010)

ميشال فوكو: في القبلي الممكن إدراكه في الخطاب والتاريخ والراهن، المنشورات الجامعية الأوروبية، ساربروك-ألمانيا، 2010

foucault

 

Ouvrage collectif (sous ma direction) : Ali Harb. Critique, vérité et herméneutique

علي حرب: النقد، الحقيقة والتأويل، الجزائر-بيروت، منشورات الإختلاف والدار العربية للعلوم، 2010

 

علي حرب Copy 1

En cours d'élaboration:   قيد الإعداد

Michel de Certeau: Modernité et logique des pratiques.

(en arabe)

 

ميشال دو سارتو

 

 

Traduction arabe du livre de Michel de Certeau : La culture au pluriel

الترجمة العربية لكتاب ميشال دو سارتو: ثقافات، الثقافة في صيغة الجمع

ميشال دو سارتو - ثقافات

Déplacement et probabilité الإزاحة والإحتمال: صفائح نقدية في الفلسفة الغربية، 2008 

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Herméneutiques et déconstructions، 2002 تأويلات وتفكيكات: فصول في الفكر الغربي المعاصر

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Déplacements intellectuels 2008  إزاحات فكرية: مقاربات في الحداثة والمثقف

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Politiques de la raison 2005  سياسات العقل: صدمة الواقع ومستويات القراءة

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La philosophie herméneutique (traduction arabe du livre de H.G. Gadamer)فلسفة التأويل، ترجمة عربية لكتاب هانس غ. غادامير، 2006

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Mes articles مقالات:

 II-1- Articles et traductions en français 

« Gadamer et l’herméneutique », Res Publica, juin 2001, n°25, Paris, PUF, p. 2-6
« L’actualité de la philosophie dans la pensée arabe contemporaine », Res Publica, août 2003, n°34, p. 6-9
« Réfléchir et infléchir. Arts de penser et d'agir chez Michel de Certeau », in l'Homme et la réflexion, Actes du XXXe Congrès, Paris, Librairie philosophique J. Vrin, 2006, p. 303-306
« Servitude et finitude dans l'herméneutique d'Ibn 'Arabî », Carbone, n°1, Automne 2006, p. 25-32
« La dimension universelle de la pensée herméneutique », Le Tract, n°2, vol.1, automne 2000, Université du Québec à Trois-Rivières, Québec, Canada.
« La mondialisation, l’événement du siècle », Le Tract, n°2, vol.1, automne 2000 (traduction française de l’article de Ali Harb)
« Ni paradis sur terre, ni enfer. Terrorisme, islam et Occident », Le Tract, vol.3, n°2, 2002 (traduction française de l’article de Ali Harb)
« L’intellectuel et la mondialisation », Le Tract, Hors-Série, spécial “Mondialisation”, hiver 2001
« La stratégie du texte : une approche philosophique », Madarat, Tunis, vol.VI, 7e année, n°11-12, automne 1999, p. 5-19
« Mystique et mystère du pouvoir : Michel de Certeau et Michel Foucault », Revue algérienne de philosophie, n°1, janvier 1998, Université d’Oran, p. 55-65
« Ibn 'Arabî, l’herméneutique et l’écriture », Luqmân, vol.15, n°2, Téhéran, 1999, p. 85-98
« L’Islam et l’Occident », El Watan, quotidien francophone, Alger
a- « Entre sens et puissance » (mardi 28 novembre 2000)
b- « Thèses et antithèses » (mercredi 29 novembre 2000)
c- « De quelques concepts dépassés » (vendredi 1 et samedi 2 décembre 2000)
d- « Reflets dans le miroir » (dimanche 3 décembre 2000)
 
II-2- Articles en arabe et traductions en arabe 
II-2-1 : Dans les revues et les périodiques 
·         al-Marifa (La connaissance), revue mensuelle, Damas, Syrie.
« Clavis Hermeneutica. La clef de l’interprétation face aux serrures de la tradiction », année 38, n°433, octobre 1999, p. 77-105
« Les méthodes philosophiques en Occident contemporain », année 39, n°438, mars 2000, p. 12-35
« La vérité dans les sciences humaines » (traduction de l’article de Gadamer), année 39, n°444, septembre 2000, p. 57-66
·         Kitabat Mouacira (Ecrits contemporains), revue trimestrielle, Beyrouth, Liban
« Jean Baudrillard et le sens du simulacre », n°37, mai-juin, 1999, p. 6-11
« Le texte mystique : Michel de Certeau », n°35, octobre-novembre 1998, p. 6-13
« Corps torturés, paroles capturées » (traduction de l’article de Michel de Certeau), n°36, février-mars 1999
« La traduction et la différence, en hommage à Bakhti Benaouda », n°34, juillet-août 1998
«  le déconstructivisme d’Ibn cArabî. L’herméneutique, la différence, l’écriture », n°36, février-mars, 1999, p. 53-59
« L’expérience de la pensée chez Michel Foucault », n°38, août-septembre 1999, p. 51-59
« Ecrits » (traduction et commentaire de l’article de Michel de Certeau), ibid.,
« Foucault, historien du présent » (traduction de l’article de Gilles Deleuze), n°42, novembre-décembre 2000, p. 67-69
« L’unité et la dissémination : Laruelle et Derrida », n°39, décembre 1999-janvier 2000, p. 64-68
« Le simulacre textuel : Laruelle lecteur de Derrida », n°43, mars-avril 2001, p. 25-28
« La vérité comme dialogue et entente chez Gadamer » (traduction de l’article de Yashar Saghaï), n°40, avril-mai 2000, p. 75-81
« L’image et le modèle : à propos de l’icône et du simulacre d’après Mario Perniola », n°41, août-septembre 2000, p. 49-51
« La philosophie critique de Ali Harb », n°44, juillet-août 2001, p. 39-43
« La mystique » (traduction et introduction de l’étude de Michel de Certeau), ibid., p. 50-59
« Bakhti Benaouda, l’Algérie vécue dans la puissance du verbe », n°45, novembre-décembre 2001
« La dialectique de la science et de la philosophie », n°48, octobre-novembre 2002, p. 119-121
« Mystique et psychanalyse » (traduction de l’article de Michel de Certeau ), n°49, février-mars 2003, p. 66-68
« Derrida et la déconstruction : témoignage intellectuel », n°50, mai-juin 2003, p. 41-43
« Le discours de la finitude : à propos de l’intellectuel », n°52, février-mars 2004, p. 36-40
« Le discours philosophique : un problème logique ou une question ontologique? », n°54, septembre-octobre 2004, p. 62-64
« Lettre de Jacques Derrida : le corps et le spectre », n°55, février-mars 2005, p. 6-15
« La question de la différence : entre Michel de Certeau et Jacques Derrida », n°56, septembre-octobre 2005, p. 6-12
·         Fikr wa Naqd (Pensée et critique), revue mensuelle, Rabat, Maroc
« Phénoménologie et herméneutique », 2e année, n°16, février 1999, p. 71-84
« Esquisse des fondements d’une herméneutique » (traduction de l’article de Gadamer), ibid., p. 85-106
« Le volcanisme du texte : Bakhti Benaouda lecteur de Jacques Derrida », 3e année, n°28, janvier 2000, p. 151-158
« Lecture de l’identité de la pensée occidentale » (traduction de l’article de Michel Faucheux), 5e année, n°52, octobre 2003, p. 107-122
·         al-Tabyine (l’éclaircissement), revue annuelle, Alger, Algérie
« La déconstruction, en hommage à Bakhti Benaouda », n°15, 2000
« L’herméneutique, la langue et les sciences humaines » (traduction de l’article de Gadamer), n°18, 2002, p. 81-86 [aussi revue Fosol, Le Caire, printemps 1999]
·         Madarat (Tropiques), revue semestrielle, Tunis, Tunisie
« La vie comme une œuvre d’art » (traduction d’un entretien avec Gilles Deleuze), 7e année, vol.VI, n°11-12, automne 1999, p. 20-27
« Lecture de " Ibn ‘Arabî et la naissance d’un nouveau langage " de Suad El Hakim », n°9-10, 1997-1998, p. 151-168
« Les problèmes épistémologiques des sciences humaines » (traduction de l’article de Gadamer), ibid., p. 41-50
·         Awan (l’instant), revue trimestrielle, Université de Bahrain (Sakhir)
« Muhyiddin Ibn ‘Arabî et Jacques Derrida : la déconstruction, l’existence, la vérité », n°3-4, octobre 2003, p. 160-167
« Le désir de reconnaissance dans la culture humaine : en hommage à Paul Ricoeur (1913-2005) », n°9, mai 2005, p. 128-135
« Le revenant, le spectre, Jacques Derrida », n°10, septembre 2005, p. 128-139
·        Bahraïn Thaqafia (Bahraïn culturelle), revue trimestrielle.
« Herméneutique et critique culturelle: l'apport de Gadamer et de Richard Rorty , n°38, mars 2004, p. 13-18
 
II-2-2 : Dans les journaux et les quotidiens 
·         al-Quds al-Arabî, quotidien arabophone, Londres, Grande Bretagne
« Les idées de Michel Chodkiewicz sur Ibn ‘Arabî : compte rendu critique de son livre “Ibn ‘Arabî, le Livre et la Loi” », jeudi 10 mai 2001
·         al-Mustaqbal, quotidien arabophone, Beyrouth, Liban
« La pensée radicale d’après Jean Baudrillard », vendredi 8 juin 2000
« La pensée de Baudrillard : clefs pour comprendre le Réel », vendredi 25 août 2000
« La vérité et le simulacre », vendredi 9 juin 2000
« Le discours culturel : compte rendu du livre posthume de Bakhti Benaouda “Le ton de la modernité” », mercredi 11 octobre 2000
« L’intellectuel et la mondialisation », samedi 29 juillet 2000
« L’islam et l’Occident : les perceptions et les perspectives » (en deux parties), samedi 25 et dimanche 26 novembre 2000
« L’illusion du salut dans le conflit algérien », mercredi 7 février 2001
« La fin et la finitude : à propos de la fin de l’intellectuel », vendredi 6 avril 2001
« Jacques Derrida et la philosophie du pardon », vendredi 5 janvier 2001
« L’affaire Sokal et la pensée arabe contemporaine », vendredi 11 mai 2001
« L’abécédaire de la culture et l’éthique du dialogue », vendredi 20 juillet 2001
« La question de la modernité et le problème herméneutique », vendredi 21 septembre 2001
« L’Algérie entre le déficit interne et l’ingérence externe », mercredi 28 novembre 2001
« La modernité et la postmodernité », vendredi 1 février 2002
« Mémoires personnelles pour une mémoire collective : à propos du livre de l’historien algérien Mohammed Harbi “Une vie debout. Mémoires politiques” », mercredi 13 mars 2002
« L’intellectuel algérien : absence ou marginalisation ? », mercredi 24 avril 2002
« L’extrême droite : l’avancée redoutable et le malaise civilisationnel », lundi 29 juillet 2002
« La question de l’identité et les défis de l’avenir », lundi 30 décembre 2002
« Le système pastoral dans le rôle de l’intellectuel », mercredi 04 juin 2003
« Adieu Jacques Derrida (1930-2004) : les adieux à un ami qui s’en va », mardi 12 octobre 2004
·         El-Youm, quotidien arabophone, Alger, Algérie
« La fin de l’intellectuel ou sa finitude ? », mercredi 21 mars 2001
« Politique de la pensée. Vers une nouvelle approche du travail intellectuel : compte rendu du Livre de Ali Harb “Politique de la pensée” (2 tomes) », lundi 23 avril 2001
« Mohammed Arkoun et le défi critique de la raison islamique », mardi 29 août 2000
« Bakhti Benaouda et la quête de soi » (2 parties), mardi 5 et mercredi 6 septembre 2000
« Philosophie de la finitude. Les territoires de la culture et les hypostases de l’intellectuel », mardi 5 juin 2001
« La mondialisation entre la logique catastrophiste et la volonté herméneutique », lundi 21 mai 2001
« La déconstruction : par-delà le scepticisme. Réponse à Nabil Hadou », jeudi 20 septembre 2001
« L’écriture et la différence : entretien » (2 parties), jeudi 2 et jeudi 9 août 2001
« Politique et rhétorique : la crise du discours moraliste », mercredi 9 janvier 2002
« “L’âge de pierre” de la politique contemporaine », mardi 5 février 2002
« Le rationnel et l’irrationnel : essai sur la philosophie du mal », dimanche 10 février 2002
« L’intellectuel : les convictions et les masques », dimanche 24 mars 2002
« L’intellectuel critique oui, mais aussi les valeurs de l’autocritique. Réponse à Bachir Mefti », jeudi 10 mai 2001
·         As-safir, quotidien arabophone, Beyrouth, Liban
« La fin de la modernité. L’herméneutique dans la culture occidentale contemporaine », vendredi 28 septembre 2001
« Civilisations incarcérées », dans le cadre du dossier « Les Arabes à l’âge de la mondialisation », sous la direction de Ahmed Sleiman, vendredi 8 décembre 2000
« Mes adieux à mon ami Jacques Derrida », lundi 11 octobre 2004
·         Az-zaman, quotidien arabophone, Londres, Grande Bretagne
« Entre Gadamer et Rorty : le Bildung et le pragmatisme », mardi 11 décembre 2001
« Le symbolisme du miroir dans le choc civilisationnel », jeudi 13 juin 2002
« Les manifestations de la vérité dans la raison herméneutique : Paul Ricoeur », lundi 1 juillet 2002
« La pensée herméneutique : Hans-Georg Gadamer », mercredi 3 juillet 2002
« L’herméneutique de Gadamer : éléments pragmatiques dans le langage », jeudi 4 juillet 2002
« Déconstruction et herméneutique (1) : le langage selon Derrida », mercredi 17 juillet 2002
« Déconstruction et herméneutique (2) : l’être et le langage d’après Gadamer », vendredi 19 juillet 2002
« La conception de l’histoire chez Michel de Certeau (1) : l’écriture historiographique », mercredi 15 janvier 2003
« La conception de l’histoire chez Michel de Certeau (2) : psychanalyse et histoire », mercredi 29 janvier 2003
« La politique de la différence et la finitude de l’identité : aspects politiques et philosophiques », mercredi 26 mars 2003
« La symbolique du mal : l’homme face à sa barbarie », samedi 5 et dimanche 6 avril 2003
« Modernité et postmodernité : problématiques générales », mardi 4 mars 2003
« Politique de la raison et le choc du réel : la question de l’intellectuel », mardi 11 mars 2003
« La pensée arabe contemporaine sur internet », lundi 05 mai 2003
·         Nawafez, hebdomadaire arabophone, le supplément du quotidien « al-Mustaqbal », Beyrouth, Liban
« Quel rôle l’université peut jouer aujourd’hui ? » compte rendu du livre de Jacques Derrida, L’Université sans condition, vendredi 14 décembre 2001
« Vocabulaires pour des pensées différentes », compte rendu du livre de Charles Ramond, Le vocabulaire de Derrida, dimanche 6 janvier 2002
« L’existence vécue comme pratique et vision artistique du monde », compte rendu du livre de Claude Morilhat, Philosophie ou libertinage. R. Rorty et le discours postmoderne, dimanche 10 mars 2002
« L’essence de la vérité dans l’activité artistique », compte rendu du livre de Martin Heidegger, L’origine de l’activité artistique, dimanche 23 juin 2002
« Les manifestations de la raison et de la vérité dans la philosophie contemporaine », compte rendu du livre de Omar Mehibel, Du système au sujet. Lectures de la pensée occidentale contemporaine, samedi 27 juillet 2002.
« La rupture instauratrice et les arts de vivre », compte rendu du livre de François Dosse,  Michel de Certeau : le marcheur blessé, Paris, La Découverte, 2002 
« L’imagination dans l’histoire », compte rendu du livre de Michel de Certeau, Histoire et psychanalyse, Paris, Gallimard, 2002, samedi 11/01/2003
« La fonction pragmatique de la raison et de la vérité », compte rendu du livre de Jürgen Habermas, L’éthique de la discussion et la question de la vérité, Paris, Grasset, 2003 ; samedi 26 avril 2003
·         El Djoumhouria (La République), quotidien arabophone, Oran, Algérie
« Entretien à l’occasion du sixième anniversaire de la disparition de Bakhti Benaouda », lundi 21 mai 2001
·         El Ikhtilef (La différence), revue éditée par la Ligue des écrivains de la différence, Alger.
« La dimension universelle de la pensée herméneutique », traduit en arabe par Abdelkader Boudouma, n°1, juin 2002
« Jacques Derrida : témoignage intellectuel », n°2, septembre 2002
·         Zarez (Zagreb), revue culturelle (Croatie)
« Islam i Zapad : Ulog smisla i moc », traduit en serbo-croate par Srđan Rahelić, n°87, 12 septembre 2002.
 
III-  Conférences 
Université de la Méditerranée (Aix-en-Provence, France), « l’herméneutique de Hans-Georg Gadamer », (juin 1996).
Palais de la Culture et des Arts (Oran, Algérie), « Les méthodes philosophiques occidentales : critique, herméneutique et déconstruction » (juillet 1996).
Centre de Recherches et d’Etudes Documentaires et Informatiques en Sciences Sociales et Humaines (Oran, Algérie), « phénoménologie et herméneutique » et  « le texte philosophique : structure et fonction ». (août 1997).
Université de Trieste (Italie), « l’Intellectuel et l’espoir social en Algérie »  (4 mai 1998).
Université de Nantes (XXXe Congrès de l’ASPLF) : « Réfléchir et infléchir. Arts de penser et d’agir chez Michel de Certeau » (août 2004).
 
Actes du Congrès...
 
« La différence.  L’identité et l’altérité entre Michel de Certeau et Jacques Derrida » (Congrès international sur la philosophie de la différence), Université de Kairouan, Tunisie, mars 2005.

« La science et la connaissance entre symbolisme et herméneutique chez Ibn ‘Arabî » (Congrès international sur le symbolisme et l’herméneutique chez Ibn ‘Arabî), Damas, Syrie, juin 2005.

Jeudi 26 octobre 2006 4 26 /10 /Oct /2006 09:52

Source : Encyclopédie Microsoft Encarta.

La Philosophie* (du grec philosophia, "amour de la sagesse!"), est la recherche critique et rationnelle des principes fondamentaux. On divise la philosophie en quatre branches principales : la métaphysique, investigation sur l'Être, recherche des premiers principes et des causes premières!; la théorie de la connaissance, étude des sources, de la validité et des limites de la connaissance!; l'éthique, étude de la nature de la morale et du jugement et l'esthétique, étude de la nature du beau dans les beaux-arts. Les deux types spécifiquement philosophiques de recherche sont la philosophie analytique, qui est l'étude logique des concepts, et la philosophie synthétique, qui se donne pour tâche d'agencer les connaissances en un tout homogène.

En son sens originaire, le terme "!philosophie!" fut utilisé par les Grecs anciens pour désigner la recherche désintéressée de la connaissance. La philosophie englobait tous les domaines de la pensée spéculative et comprenait les arts, les sciences et la religion. Au fur et à mesure que des méthodes et principes particuliers se développaient dans différents domaines de la connaissance, des disciplines philosophiques autonomes se constituèrent, donnant naissance à la philosophie de l'art, de la science et de la religion. Dans le langage courant, le terme "!philosophie!" est souvent employé pour désigner un ensemble de valeurs et une attitude envers la vie, la nature et la société, comme dans l'expression "!philosophie de la vie!". Du fait que les limites et les traits distinctifs des divers champs du savoir sont flexibles et susceptibles de changements, la définition de la philosophie demeure un sujet controversé.

Philosophie grecque

Il est généralement admis que la philosophie occidentale a débuté dans la Grèce antique comme une spéculation sur la nature du monde physique. Dans sa forme la plus ancienne, elle se confondait avec la science de la nature. Les écrits des premiers philosophes ne sont pas parvenus à nous, mis à part quelques fragments cités par Aristote et d'autres auteurs postérieurs.

École ionienne

Le premier philosophe mentionné par l'histoire fut Thalès, originaire de la cité de Milet située sur la côte ionienne de l'Asie Mineure, qui vécut aux VIIe et VIe siècles av. J.-C. Vénéré par les générations postérieures comme l'un des sept sages de la Grèce, il se consacra à l'étude des phénomènes astronomiques, physiques et météorologiques. Selon l'hypothèse qui ressortit de ses recherches, tous les phénomènes naturels constituent des formes diverses d'une substance fondamentale (sa doctrine s'apparente ainsi au monisme), à savoir l'eau, car il considérait que l'évaporation et la condensation sont des processus universels. Anaximandre, disciple de Thalès, soutenait que le principe premier dont dérive toute chose est une substance intangible, infinie, insaisissable et indéfinie qu'il appelait apeiron. Aussi affirmait-il que l'on ne peut déceler aucune substance observable dans aucune chose!; ainsi, son concept de l'infini annonce le concept moderne d'un Univers infini. Cette substance, selon lui, est éternelle et indestructible. Son mouvement incessant fait naître continuellement les substances plus familières comme la chaleur, le froid, la terre, l'air, le feu, qui produisent à leur tour les différents objets et organismes qui constituent le monde que l'on connaît.

Le troisième grand philosophe ionien, Anaximène, reprit l'hypothèse de Thalès selon laquelle il existe une substance originelle, mais il désignait l'air, et non pas l'eau, comme l'élément dont est composée toute chose. Il estimait que les changements auxquels sont soumis les corps peuvent être expliqués par la raréfaction et la condensation de l'air. Anaximène fut ainsi le premier philosophe à expliquer des différences qualitatives par des différences quantitatives, méthode essentielle à la science de la nature.

Dans son ensemble, l'école ionienne a, franchi le premier pas décisif menant de l'explication mythologique à l'explication scientifique des phénomènes naturels. Elle a découvert les principes scientifiques de la permanence de la substance, de l'évolution naturelle du monde et de la réduction de la qualité à la quantité.

École pythagoricienne

Vers 530 av. J.-C., Pythagore fonda une école de philosophie à Crotone, en Italie méridionale, plus religieuse et mystique que l'école ionienne, synthèse de l'antique perception mythologique du monde et de l'intérêt grandissant pour l'explication scientifique. Le système philosophique, connu sous le nom de pythagorisme, intégra des croyances éthiques et mathématiques à une vision spiritualiste de la vie. Les pythagoriciens enseignaient et pratiquaient un mode de vie fondé sur la conviction que l'âme est prisonnière du corps, qu'elle est délivrée de celui-ci après la mort et réincarnée dans une nouvelle forme de vie, supérieure ou inférieure selon le degré de vertu auquel elle est parvenue. La fin suprême de l'homme serait de purifier son âme en cultivant les vertus intellectuelles, en s'abstenant des plaisirs sensuels et en accomplissant divers rites religieux. Ayant découvert les lois mathématiques de la gamme musicale, les pythagoriciens en conclurent que les mouvements planétaires produisent une "!musique des sphères!" et développèrent une "!thérapie par la musique!" dans le but de mettre l'humanité en harmonie avec les sphères célestes. Ils identifièrent la science aux mathématiques, soutenant que toute chose est composée de nombres et de figures géométriques. Ils apportèrent d'importantes contributions aux mathématiques, à la théorie musicale et à l'astronomie.

Héraclite

Poursuivant la quête ionienne d'une substance première, Héraclite d'Éphèse affirma que le feu constituait l'élément fondamental de l'Univers. Observant que la chaleur produisait des modifications de la matière, il anticipa la théorie moderne de l'énergie. Héraclite soutenait que toutes les choses se trouvent dans un état de fluctuation perpétuelle, que la stabilité est une illusion et que seuls le changement et la loi de la nature, ou logos, sont réels. La doctrine du logos d'Héraclite, qui identifie les lois de la nature à l'esprit divin, a conduit à la théologie panthéiste du stoïcisme.

École d'Élée

Au Ve siècle av. J.-C., Parménide fonda une école de philosophie à Élée, colonie grecque dans la péninsule italienne. Parménide adopta une position contraire à celle d'Héraclite sur la relation entre la stabilité et le changement, soutenant que l'Univers ou l'état de l'Être est une entité sphérique, indivisible et immuable, et que toute référence au changement ou à la diversité est une contradiction en soi. "!L'être est!" représente, selon lui, le seul énoncé vrai, l'unique certitude dans notre monde où nous sommes confrontés à l'apparence. Zénon d'Élée, disciple de Parménide, tenta de prouver l'unité de l'être en affirmant que la croyance en la réalité du changementde la diversité et du mouvement conduit à des paradoxes logiques que les philosophes et logiciens de toutes les époques ultérieures ont tenté de résoudre. L'intérêt des éléates pour le problème de la cohérence logique a jeté les fondements du développement de la science de la logique.

Pluralistes

La spéculation sur le monde physique amorcée par les philosophes ioniens fut poursuivie au Ve siècle av. J.-C. par Empédocle et Anaxagore, qui élaborèrent une philosophie qui substitua à l'hypothèse d'une substance primordiale unique celle d'une pluralité de substances. Empédocle soutenait que toute chose est composée de quatre éléments irréductibles : l'air, l'eau, la terre et le feu, qui tour à tour sont combinés et séparés par deux forces opposées, à savoir l'amour et la haine. Par ce processus, le monde évolue du chaos à la forme puis retourne au chaos, dans un cycle éternel. Empédocle considérait le cycle éternel comme l'objet approprié du culte religieux et critiquait la foi religieuse en des divinités personnelles, mais il omit d'expliquer la manière dont les objets de l'expérience pouvaient exister et se développer à partir d'éléments radicalement différents d'eux. Anaxagore suggéra donc que toutes les choses sont composées de particules minuscules ou "!semences!" qui existent dans une infinie variété. Pour expliquer la manière dont les particules se combinent pour former des objets qui constituent le monde connu, Anaxagore développa une théorie de l'évolution cosmique. Il soutenait que le principe actif de ce processus évolutif est un esprit du monde qui sépare et combine les particules. Sa conception de particules élémentaires a conduit au développement de la théorie atomistique de la matière.

Atomistes

C'est par un cheminement naturel que le pluralisme conduisit à l'atomisme, théorie selon laquelle la matière est composée de minuscules particules indivisibles qui ne diffèrent que par des propriétés physiques simples telles que la grandeur, la forme et le poids. On doit cette évolution, qui se produisit au IVe siècle av. J.-C., à Leucippe et à son disciple, plus célèbre, Démocrite, à qui l'on attribue généralement la première formulation systématique d'une théorie atomistique de la matière. Sa conception de la nature était entièrement matérialiste, expliquant tous les phénomènes naturels en termes de nombre, de forme et de grandeur des atomes. Il réduisait ainsi les qualités sensibles des choses telles que la chaleur, le froid, le goût et l'odeur à des différences quantitatives entre atomes. Les formes supérieures de l'existence, comme les plantes et les animaux, la vie et même la pensée humaine, furent expliquées par Démocrite dans des termes purement physiques. Il appliqua sa théorie à la psychologie, à la physiologie, à la théorie de la connaissance (gnoséologie), à l'éthique et à la politique, présentant ainsi la première exposition complète du matérialisme déterministe selon lequel tous les aspects de l'existence sont déterminés par des lois physiques inflexibles.

Sophistes

Vers la fin du Ve siècle av. J.-C., des enseignants itinérants nommés sophistes devinrent célèbres dans toute la Grèce. Les sophistes jouèrent un rôle important dans l'évolution qui fit passer les cités grecques de la monarchie agricole à la démocratie commerciale. Lorsque l'industrie et le commerce se développèrent en Grèce, une classe de marchands nouvellement enrichis, économiquement puissants, commença à exercer le pouvoir politique. L'éducation des aristocrates leur faisant défaut, ils cherchèrent à se préparer à la politique et au commerce en invitant les sophistes à leur enseigner contre rétribution la rhétorique, l'argumentation juridique et la culture générale. Bien que les meilleurs sophistes aient apporté d'appréciables contributions à la pensée grecque, le groupe dans son ensemble acquit la mauvaise réputation d'être trompeur, démagogue et intéressé. Le terme "!sophisme!" est ainsi devenu synonyme de faute morale. La célèbre maxime de Protagoras, un des plus éminents sophistes, "!L'homme est la mesure de toutes choses!", est caractéristique de l'attitude philosophique de l'école des sophistes. Ils estimaient que les individus ont le droit de juger de tout par eux-mêmes. Ils niaient l'existence d'une connaissance objective, affirmaient que les sciences naturelles et la théologie ne sont d'aucune valeur parce qu'elles sont sans effet sur la vie quotidienne et déclaraient que les préceptes éthiques ne servent qu'à poursuivre les intérêts particuliers.

Philosophie socratique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 La plus grande personnalité de l'histoire de la philosophie occidentale fut sans doute Socrate. Né en 469 av. J.-C., Socrate poursuivit son enseignement sous forme de dialogue avec ses disciples jusqu'à sa condamnation à mort, qu'il accepta en absorbant la ciguë en 399 av. J.-C. Contrairement aux sophistes, il refusait toute rétribution pour ses enseignements, affirmant qu'il n'avait aucune connaissance positive à offrir, si ce n'est la conscience du manque de connaissances. Socrate n'a laissé aucun écrit, mais ses enseignements furent préservés pour les générations postérieures dans le portrait satirique que fit de lui Aristophane, dans les textes de Xénophon et surtout dans les dialogues de son disciple le plus célèbre, Platon. Socrate enseignait que chacun possède l'entière connaissance de la vérité absolue, inhérente à son âme, et qu'il doit seulement être incité à la réflexion consciente pour la reconnaître. Dans Menon, dialogue de Platon, Socrate conduit ainsi un esclave à formuler le théorème de Pythagore, démontrant qu'une telle connaissance est innée dans l'âme et non apprise par expérience. La tâche du philosophe, selon Socrate, est d'inciter les hommes à penser par eux-mêmes et non de leur enseigner quelque chose qu'ils ignoraient. Sa contribution à l'histoire de la pensée ne réside pas dans une doctrine systématique, mais dans une méthode de pensée et un mode de vie. Il est nécessaire, soulignait-il, d'analyser les raisons des croyances, de définir clairement les concepts fondamentaux et d'aborder les problèmes éthiques de manière rationnelle et critique.

Philosophie platonicienne

Platon était un penseur plus systématique et plus positif que Socrate, mais ses écrits, en particulier les premiers dialogues, peuvent être considérés comme la continuation et l'élaboration des intuitions socratiques. Comme Socrate, Platon tenait l'éthique pour la plus haute discipline de la connaissance!; il mit l'accent sur le fondement intellectuel de la vertu, identifiant la vertu à la sagesse. Cette position repose sur ce qu'on appelle le paradoxe socratique, tel qu'énoncé par Socrate dans le Protagoras : "!Nul ne fait le mal volontairement.!" Aristote notera par la suite qu'une telle conclusion ne laisse aucune place à la responsabilité morale. Platon explora aussi les problèmes fondamentaux des sciences naturelles, de la théorie politique, de la métaphysique, de la théologie et de la théorie de la connaissance, et élabora des conceptions qui allaient devenir des éléments constitutifs de la pensée occidentale.

La philosophie de Platon repose sur sa théorie des Idées, ou doctrine des Formes. La théorie des Idées, formulée dans plusieurs de ses dialogues, particulièrement dans la République et dans le Parménide, divise l'Univers en deux mondes : le "!monde intelligible!" formé d'Idées ou Formes parfaites, éternelles et invisibles, et le "!monde sensible!" formé d'objets concrets et familiers. Pour Platon, les arbres, les pierres, les corps humains et tous les objets connus par les sens sont de vagues copies irréelles et imparfaites des Idées. Il parvint à cette conclusion apparemment paradoxale par les critères exigeants qu'il imposait à la connaissance : par exemple, il demandait que tous les vrais objets de la connaissance soient décrits sans contradiction. Comme tous les objets appréhendés par les sens sont sujets au changement, un énoncé fait à un moment donné sur de tels objets peut s'avérer faux à un moment ultérieur. Selon Platon, ces objets ne sont pas tout à fait réels. Les croyances résultant de l'expérience de tels objets sont donc vagues et trompeuses, alors que les principes de la mathématique et de la philosophie, découverts par la méditation sur les Idées, constituent la seule connaissance digne de ce nom. Selon la description que Platon fait dans la République, le genre humain est emprisonné dans une caverne et prend à tort les ombres projetées sur le mur pour la réalité!; il y désigne le philosophe comme celui qui pénètre le monde à l'extérieur de la caverne, parvient à une vision de la vraie réalité, c'est-à-dire du monde des Idées, et retourne dans la caverne pour délivrer ses congénères. La conception du bien absolu de Platon, forme suprême englobant toutes les autres, a été une source importante des doctrines religieuses, panthéistes et mystiques, de la culture occidentale.

La théorie des Idées de Platon et sa conception rationaliste de la connaissance sont au fondement de son idéalisme moral et politique. Du monde des Idées éternelles sont issus les critères, ou idéaux, selon lesquels tous les objets et toutes les actions doivent être jugés. Chez une personne, la vertu réside dans la relation harmonieuse entre les facultés de son âme. La justice sociale consiste en l'harmonie entre les classes de la société. L'état idéal d'un esprit sain dans un corps sain implique que l'intellect contrôle les désirs et les passions, comme l'État idéal implique que les individus les plus sages gouvernent les masses en quête de jouissance. Vérité, beauté et justice sont contenues dans l'idée du Bien!; ainsi, l'art suprême exprime des valeurs morales. Cependant, dans son projet de société, Platon n'admit l'art que dans les limites où il sert l'éducation morale de la jeunesse.

Philosophie aristotélicienne

Aristote, qui commença ses études à l'Académie de Platon à l'âge de dix-sept ans en 367 av. J.-C., fut le plus prestigieux disciple de Platon et compte avec son maître parmi les penseurs les plus influents du monde occidental. Après avoir étudié plusieurs années à l'Académie de Platon, Aristote devint le précepteur d'Alexandre le Grand. Il retourna par la suite à Athènes pour fonder le Lycée, école qui, comme l'Académie de Platon, allait demeurer pendant des siècles un des grands centres intellectuels de la Grèce. Dans ses cours au Lycée, Aristote définit les concepts et les principes fondamentaux de maintes sciences théoriques, telles que la logique, la biologie, la physique et la psychologie. En créant la science de la logique, il élabora la théorie de l'inférence déductive, illustrée par le syllogisme (raisonnement de type hypothético-déductif, usant de deux prémisses et d'une conclusion) et un ensemble de règles régissant la méthode scientifique.

Dans sa métaphysique, Aristote critiqua la séparation opérée par Platon de la Forme et de la matière et soutint que les Formes ou essences sont contenues dans les objets concrets. Pour Aristote, tout ce qui est réel est une combinaison de potentialité et d'actualité!; en d'autres mots, toute chose est une combinaison de ce qu'elle peut être (mais n'est pas encore) et de ce qu'elle est déjà (matière et Forme), parce que toutes les choses changent et deviennent différentes de ce qu'elles étaient, exception faite des intellects actifs, divin et humain, qui sont de pures Formes.

La nature est pour Aristote un système organique de choses!; leurs formes communes permettent de les répartir en classes embrassant les espèces et les genres, chaque espèce possédant une forme, une fin et un mode de développement suivant lesquels elle peut être définie. L'objectif de la science théorique est de définir les Formes, les fins et les modes de développement de toutes les espèces et de les classer selon leur ordre naturel en suivant la complexité progressive de leurs Formes. Les principaux niveaux des espèces sont l'inanimé, le végétatif, l'animal et le rationnel. Pour Aristote, qui oppose "!puissance!" et "!actes!", l'âme est la Forme ou l'"!actualisation!" du corps, et les êtres humains (dont l'âme rationnelle est une forme supérieure aux âmes des autres espèces terrestres) constituent l'espèce suprême parmi les êtres périssables. Les corps célestes, composés d'une substance impérissable, à savoir l'"!éther!", et mus éternellement par Dieu dans une trajectoire parfaitement circulaire, sont placés encore plus haut dans l'ordre de la nature. Cette classification hiérarchique de la nature fut adoptée par plusieurs théologiens chrétiens, juifs et islamiques au Moyen Âge comme la seule conception de la nature compatible avec leurs convictions religieuses.

La philosophie politique et éthique d'Aristote repose également sur l'examen critique des principes platoniciens. Selon Aristote, les règles de la conduite individuelle et sociale doivent être trouvées dans l'étude scientifique des tendances naturelles des individus et des sociétés plutôt que dans un monde divin constitué de pures Formes. Insistant par conséquent moins que Platon sur la conformité rigoureuse aux principes absolus, Aristote considérait les règles éthiques comme des préceptes pratiques en vue de parvenir à une vie heureuse et harmonieuse. Mettant l'accent sur le bonheur, en tant qu'épanouissement des talents naturels, Aristote illustrait en fait l'attitude envers la vie propre aux Grecs cultivés de son époque. En théorie politique, la position d'Aristote est plus réaliste que celle de Platon. Il convenait qu'une monarchie gouvernée par un roi sage serait la structure politique idéale, mais reconnaissait que les sociétés diffèrent dans leurs besoins et traditions et estimait qu'une démocratie limitée représente en règle générale le meilleur compromis. Dans sa théorie de la connaissance, Aristote rejeta la doctrine platonicienne de la connaissance innée et insista sur le fait qu'elle ne peut être obtenue que par la généralisation à partir de l'expérience. Il interpréta l'art comme le moyen d'obtenir le plaisir et l'illumination intellectuelle plutôt que comme l'instrument de l'éducation morale.

Philosophie hellénistique et romaine

Du IVe siècle av. J.-C. à la montée de la philosophie chrétienne au IVe siècle apr. J.-C., l'épicurisme, le stoïcisme, le scepticisme et le néoplatonisme furent les principales écoles philosophiques qui se développèrent dans le monde occidental. Pendant cette période, l'intérêt pour les sciences naturelles diminua progressivement et ces écoles s'occupèrent principalement d'éthique et de religion.

Épicurisme

En 306 av. J.-C., Épicure fonda une école de philosophie à Athènes. Comme ses disciples se rencontraient dans le jardin de sa propriété, ils furent surnommés les "!philosophes du jardin!". Épicure adopta la physique atomistique de Démocrite en y introduisant plusieurs modifications importantes. Au lieu d'un mouvement aléatoire des atomes dans toutes les directions, il supposa qu'un mouvement uniforme se produisait vers le bas. Il introduisit de plus un élément de hasard dans le monde physique en supposant que, parfois, les atomes dévient de leur trajectoire de façon imprévisible, donnant ainsi une justification physique à la croyance dans le libre arbitre. Il soutenait que les sciences naturelles ne sont importantes que dans la mesure où elles peuvent servir à prendre des décisions pratiques et à dissiper la crainte des dieux ou de la mort. La fin de la vie, déclarait-il, est d'atteindre le plus possible de plaisirs, qu'il identifiait à un mouvement léger et à l'absence de douleur. Les enseignements d'Épicure ont été conservés principalement dans le poème philosophique De rerum natura (De la nature) par le poète romain Lucrèce, qui contribua largement à la popularité de l'épicurisme à Rome.

Stoïcisme

Fondée à Athènes vers 310 av. J.-C. par Zénon de Citium, l'école des stoïciens prolongea le courant antérieur des cyniques, qui rejetaient les institutions sociales et les valeurs matérielles. Le stoïcisme devint l'école la plus influente dans le monde gréco-romain et produisit des écrivains et des personnalités remarquables tels que l'esclave grec et plus tard philosophe romain Épictète et l'empereur romain Marc Aurèle, célèbre pour sa sagesse et sa noblesse de caractère. Les stoïciens enseignaient que l'on ne peut atteindre la liberté et la tranquillité qu'en étant insensible au confort matériel et à la fortune extérieure et en se consacrant à une vie de raison et de vertu. Soutenant une conception quelque peu matérialiste de la nature, ils renouèrent avec Héraclite, reprenant à la fois son hypothèse selon laquelle la substance primaire est le feu et son culte du logos qu'ils identifièrent à l'énergie, à la loi, à la raison et à la providence omniprésente dans la nature. La raison fut aussi considérée comme une partie du logos divin et donc immortel. La doctrine stoïcienne selon laquelle chaque être humain est une partie de Dieu et selon laquelle tous les hommes constituent une famille universelle, contribua à lever les barrières nationales, sociales et ethniques, et fraya le chemin à l'expansion d'une religion universelle. La doctrine stoïcienne du droit naturel, qui fait de la nature humaine le critère d'évaluation des lois et des institutions sociales, eut une influence considérable sur le droit romain, et plus tard, sur le droit en Occident.

Scepticisme

Prolongeant la critique de la connaissance objective exercée par les sophistes, l'école des sceptiques domina l'Académie platonicienne au IIIe siècle av. J.-C. Les sceptiques comprirent, à la suite de Zénon d'Élée, que la logique est un outil critique puissant, capable de détruire toute position philosophique. Selon leur thèse fondamentale, l'Homme ne peut atteindre ni la connaissance ni la sagesse portant sur la réalité!; le chemin du bonheur passe donc par une suspension complète du jugement. Comme illustration extrême de cette attitude, on rapporte que Pyrrhon, un des plus illustres philosophes sceptiques, refusa de changer de direction alors qu'il s'approchait d'une falaise et que ses disciples durent l'en détourner. Carnéade soutenait que les opinions tirées de l'expérience par induction peuvent être probables, mais jamais certaines.

Néoplatonisme

Le philosophe judéo-hellénistique Philon d'Alexandrie intégra la philosophie grecque, en particulier les idées platoniciennes et pythagoriciennes, et la religion juive dans un vaste système qui annonce le néoplatonisme et la mystique juive, chrétienne et islamique. Philon mit l'accent sur la transcendance de Dieu, qui dépasse l'entendement humain et est donc ineffable. Il décrivit le monde naturel comme une série d'émanations de Dieu dont la dernière est la matière, source du mal. Il préconisa un État religieux, ou théocratie, et fut un des premiers à interpréter l'Ancien Testament aux non juifs ("!gentils!").

Le néoplatonisme, qui fut une des écoles philosophiques et religieuses les plus influentes et un rival sérieux pour le christianisme, fut fondé au IIIe siècle apr. J.-C. par Ammonios Saccas et son célèbre disciple Plotin. La doctrine de Plotin repose sur les écrits poétiques et mystiques de Platon, des pythagoriciens et de Philon. Selon lui, la fonction principale de la philosophie est de préparer l'Homme à l'expérience de l'extase dans laquelle il s'unit à Dieu. Source de toute réalité, Dieu (ou l'Un) dépasse la compréhension rationnelle. L'Univers émane de l'Un par un mystérieux processus de débordement de l'énergie divine à des niveaux successifs. Les niveaux suprêmes forment la trinité de l'Un : le logos, qui contient les formes platoniciennes, et l'Âme du Monde, d'où procèdent les âmes humaines et les forces naturelles. Selon Plotin, les autres choses émanant de l'Un sont d'autant plus imparfaites et mauvaises qu'elles se rapprochent de la limite de la matière pure. La fin suprême de la vie est de se purifier de la dépendance des jouissances corporelles par la méditation philosophique et de se préparer à l'union extatique avec l'Un. Le néoplatonisme a exercé une forte influence sur la pensée médiévale.

Philosophie médiévale

Pendant le déclin de la civilisation gréco-romaine, les philosophes occidentaux abandonnèrent l'investigation scientifique de la nature et la recherche du bonheur en ce monde pour se tourner vers le problème du salut dans un monde autre et meilleur. Au IIIe siècle apr. J.-C., le christianisme s'était répandu parmi les classes cultivées de l'Empire romain. Les enseignements religieux des Évangiles furent associés par les Pères de l'Église à plusieurs conceptions philosophiques des écoles grecques et romaines.

Philosophie augustinienne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Les écrits de saint Augustin illustrent la tentative de concilier le rôle de la raison mis en valeur par les Grecs et le sentiment religieux enseigné par le Christ. Saint Augustin a construit un système qui, au travers de modifications et d'élaborations ultérieures, allait finalement devenir la doctrine officielle du christianisme. Son influence explique largement que la pensée chrétienne ait été d'inspiration platonicienne jusqu'au XIIIe siècle, date à laquelle la philosophie aristotélicienne deviendra dominante. Saint Augustin affirmait que la foi religieuse et la compréhension philosophique sont complémentaires plutôt que contraires et que l'on doit "!croire pour comprendre et comprendre pour croire!". À l'instar des néoplatoniciens, il tenait l'âme pour une forme d'existence supérieure au corps et enseignait que la connaissance consiste dans la contemplation des idées platoniciennes purifiées à la fois de la sensation et du langage imagé.

La philosophie platonicienne fut associée à la conception chrétienne d'un Dieu personnel, qui créa le monde et détermina son évolution, et à la doctrine de la chute de l'Homme, nécessitant l'incarnation de Dieu dans la personne du Christ. Saint Augustin tenta d'apporter des solutions rationnelles aux problèmes du libre arbitre et de la prédestination, de l'existence du mal dans un monde créé par un Dieu parfait et tout-puissant, et de la triple nature attribuée à Dieu dans la doctrine de la Trinité.

Saint Augustin concevait l'histoire comme le combat dramatique entre le bien dans l'humanité, exprimé dans la loyauté à la "!cité de Dieu!" ou communauté des saints, et le mal incarné dans la cité terrestre et ses valeurs matérielles. Sa vision de la vie humaine était profondément pessimiste : il affirmait que le bonheur est impossible dans le monde des êtres vivants où, même pour les rares êtres favorisés par la fortune, la conscience de l'approche de la mort compromet toute satisfaction. De plus, selon lui, sans les vertus religieuses, l'espérance et la charité qui présupposent la grâce divine, une personne ne peut développer les vertus naturelles telles que le courage, la justice, la modération et la sagesse. Ses analyses du temps, de la mémoire et de l'expérience intérieure de la religion furent une source d'inspiration pour la pensée métaphysique et mystique.

Durant les trois siècles qui suivirent la mort de saint Augustin, le seul apport majeur à la philosophie occidentale est dû à l'homme politique romain du VIe siècle Boèce, qui raviva l'intérêt pour la philosophie grecque et latine, en particulier pour la logique et la métaphysique d'Aristote. Au IXe siècle, le moine irlandais Jean Scot Érigène élabora une interprétation panthéiste du christianisme, identifiant la divine Trinité à l'Un, le logos et l'Âme du Monde du néoplatonisme et soutenant que la foi et la raison sont nécessaires pour atteindre l'union extatique avec Dieu.

Scolastique

 

 

 

 

 Le XIe siècle connut un renouveau de la pensée philosophique grâce à l'accroissement des contacts entre les différentes parties du monde occidental et à l'intérêt renouvelé pour la culture qui culminera à la Renaissance. Les ouvrages de Platon, d'Aristote et d'autres penseurs grecs furent traduits par des érudits arabes et attirèrent l'attention de philosophes en Europe occidentale. Philosophes islamiques, juifs et chrétiens interprétèrent et clarifièrent ces écrits dans un effort pour concilier la philosophie et la foi religieuse, et pour fournir des fondements rationnels à leurs convictions religieuses. Leurs travaux ont jeté les bases de la scolastique.

La pensée scolastique s'attacha moins à découvrir des faits et des principes nouveaux qu'à démontrer la vérité de convictions existantes. Sa méthode fut donc dialectique. Les recherches sur le raisonnement conduisirent à d'importants développements tant en logique qu'en théologie. Le médecin arabe du XIIe siècle Avicenne intégra des notions néoplatoniciennes et aristotéliciennes dans la doctrine religieuse de l'islam, et le poète juif Avicebron réalisa une synthèse similaire entre la pensée grecque et le judaïsme. Saint Anselme de Canterbury, archevêque et philosophe scolastique, reprit la position de saint Augustin sur la relation entre la foi et la raison, et associa le platonisme à la théologie chrétienne. Adepte de la théorie platonicienne des Idées, saint Anselme défendit l'existence séparée des "!universaux!" ou propriétés communes des choses. Il établit ainsi la position du réalisme logique sur une des questions les plus vivement discutées dans la philosophie médiévale.

La position opposée, le nominalisme, fut formulée par le philosophe scolastique Roscelin, qui soutenait que seuls les objets individuels et concrets existent et que les universaux, les formes et les idées sous lesquelles sont subsumées les choses particulières, ne sont que de simples vocables ou des étiquettes, et non des substances intangibles. Il affirmait que la Trinité doit comprendre trois êtres séparés : dès lors, ses positions furent jugées hérétiques et il dut se rétracter en 1092. Le théologien scolastique français Pierre Abélard, connu pour sa tragique aventure amoureuse avec Héloïse au XIIe siècle, proposa un compromis entre le réalisme et le nominalisme : selon le conceptualisme, les universaux existent dans les choses particulières en tant que propriétés et hors des choses en tant que concepts dans l'esprit. Abélard soutenait que la religion révélée doit être justifiée par la raison. Il élabora une éthique fondée sur la conscience personnelle, qui annonce la pensée protestante.

Le juriste et médecin hispano-arabe Averroès, le plus illustre des philosophes musulmans du Moyen Âge, fit de la science et de la philosophie aristotélicienne une composante majeure de la pensée médiévale. Ses savants commentaires des ouvrages d'Aristote lui valurent d'être appelé le "!Commentateur!" par les nombreux scolastiques qui tenaient Aristote pour le "!Philosophe!". Averroès tenta de surmonter les contradictions entre la philosophie aristotélicienne et la religion révélée en distinguant deux systèmes distincts de vérité : un corps de vérités scientifiques, bâti sur la raison, et un corps de vérités religieuses, fondé sur la révélation. Affirmant que la raison prévaut sur la religion, il dut s'exiler en 1195. La doctrine de la "!double vérité!" d'Averroès influença de nombreux philosophes musulmans, juifs et chrétiens, mais elle fut rejetée par plusieurs autres et fit l'objet de débats dans la philosophie médiévale.

Le rabbin et physicien Maïmonide, une des plus éminentes figures de la pensée juive, suivit l'exemple d'Averroès, unissant la science aristotélicienne à la religion, mais rejeta l'idée que deux systèmes conceptuels incompatibles puissent être également vrais. Dans son Guide des égarés (1180), Maïmonide tenta de donner un fondement rationnel au judaïsme et défendit certaines croyances religieuses (comme la croyance en la création du monde) en contradiction avec la science aristotélicienne, car il était convaincu que des preuves concluantes manquaient des deux côtés.

Le théologien scolastique anglais Alexandre de Hales et le philosophe scolastique italien saint Bonaventure, tous deux philosophes du XIIIe siècle, combinèrent des principes platoniciens et aristotéliciens, introduisant le concept de la forme substantielle ou substance immatérielle pour expliquer l'immortalité de l'âme. La conception de Bonaventure tendait vers la mystique panthéiste et faisait de l'union extatique avec Dieu la fin de la philosophie.

Le philosophe scolastique allemand saint Albert le Grand fut le premier philosophe chrétien à approuver et interpréter le système d'Aristote dans son ensemble. Il étudia les écrits des aristotéliciens musulmans et juifs et rédigea des commentaires encyclopédiques sur Aristote et sur les sciences naturelles de son époque. Le moine anglais Roger Bacon, un des premiers scolastiques à s'intéresser aux sciences expérimentales, était persuadé qu'il restait encore beaucoup à apprendre sur la nature. Il critiqua la méthode déductive de ses contemporains et leur confiance dans les autorités du passé, et préconisa une nouvelle méthode de recherche scientifique fondée sur l'observation contrôlée.

La figure intellectuelle la plus éminente de l'époque médiévale fut saint Thomas d'Aquin. Moine dominicain, il étudia sous la direction d'Albert le Grand et le suivit à Cologne en 1248. Thomas d'Aquin intégra la science aristotélicienne et la théologie augustinienne en un vaste système de pensée qui allait devenir la philosophie officielle de l'Église catholique. Il traita de tous les sujets de la philosophie et des sciences et ses ouvrages principaux, Summa theologica et Summa contra gentiles, où il présente une somme systématique des thèses théologiques, exerce toujours une influence considérable sur la pensée occidentale. Ses écrits reflètent le renouveau d'intérêt de son époque pour la raison, pour la nature et le pour le bonheur terrestre, de même que pour la foi religieuse et l'aspiration au salut.

Saint Thomas affirma contre les averroïstes que les vérités de la foi et les vérités de la raison ne peuvent se contredire, car elles s'appliquent à des domaines différents. C'est en se penchant sur les faits observables que les sciences et la philosophie découvrent les vérités, alors que les articles de la religion révélée, comme la Trinité, la création du monde et autres articles du dogme chrétien, dépassent les capacités de la raison humaine, bien qu'ils ne soient pas contraires à la raison et qu'ils doivent être acceptés par la foi. La métaphysique, la théorie de la connaissance, l'éthique et la théorie politique de saint Thomas sont tirées en grande partie d'Aristote, mais il ajouta à l'éthique naturaliste d'Aristote, dont le but était le bonheur en ce monde, les vertus pauliniennes de la foi, de l'espérance et de la charité, et l'objectif du salut éternel par la grâce.

Par ZINE - Publié dans : philozine
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Présentation

قراءة في كتب محمد شوقي الزين

Compte rendu de ma traduction du livre de Hans-Georg Gadamer, fait par Maher Charaf Al-Din et publié dans la revue Qantara (Berlin-Allemagne)  et dans le quotidien libanais Annahar.

 

فلسـفـة التَّـأويـل

هيرمينوطيقا لغوية 

ماهر شرف الدين

 

العام 1900، الذي شهد وفاةَ فريدريش نيتشه، شهد ولادةَ أشهر فلاسفة الهيرمينوطيقا في العصور الحديثة: هانس غيورغ غادامير. وفي كتاب فلسفة التأويل، الصادر لدى مؤسسات ثلاث، نقع على مختارات باهرة من الدراسات التي قدَّمها غادامير كمدخل إلى الفكر التأويلي.

                                        
لعقود طويلة، ظلت فلسفة غادامير التأويلية محلَّ قراءات مختلفة وتأويلات متضاربة في خصوص تصوُّره للُّغة: غالبًا ما نُعِتَتْ "تأويلية" غادامير بأنها هيرمينوطيقا لغوية، من حيث إنها تعطي الأولوية والصدارة لعامل اللغة كبُعد كونيٍّ وشامل يشترط الأبعاد الأونطولوجية والأنثروپولوجية كلَّها للكائن: "الوجود الجدير بالفهم هو اللغة." لقد جاء جواب غادامير حاسمًا:

عندما كتبتُ أن الوجود الممكن فهمه وإدراكه هو اللغة، ينبغي أن نفهم من هذا التصريح أن الوجود (ما هو كائن) لا يمكن فهمه في صورته الكلِّية والشاملة، بحيث إن كلَّ ما تحمله اللغة يحيل دومًا على ما وراء (أو فوق) العبارة نفسها.

فالصحيح أن ما عبر عنه الفيلسوف لا يكتفي بنقل إرادة التعبير وبتثبيتها بالكتابة، بل يسعى إلى الاتفاق حول – أو الانسجام مع – الشيء عِبْر التواصل والحوار.

تتوزع كلمة "هيرمينوطيقا" hermeneutics (فن التأويل)، كما هي الحال مع الكلمة المشتقة عن الإغريقية hermeneuein، التي تمفصلتْ مع لغتنا العلمية، في المستويات المختلفة للتفكير. وتدلُّ هذه الكلمة على ممارسة فكرية دليلها الآلية أو الفن. وهو ما يستحضره تشكيلُ اللفظ الذي يدلُّ على "التقنية". يتخذ "الفن" هاهنا دلالةَ الإعلان والتراث والتفسير والتأويل، مثلما يشتمل على فن الفهم كأساس له ودعامة.

ويعتقد غادامير أن مشكل الهيرمينوطيقا لا ينحصر في المشكل المنهجي للعلوم الإنسانية، ولا ينجم عن المناقشات الحالية حول الطرق والأساليب العلمية في التفكير والتفلسف، بل هو مشكل إنساني ينصبُّ حول قدرات الوجود الإنساني. فالاختلاف الذي نقيمه بين العلوم الإنسانية وعلوم الطبيعة غير مُرْضٍ من الجانبين: لا يرضي علماءَ اليوم حَصْرُ هذه العلوم في حلِّ المشكلات (المعرفية) بواسطة قانون النسبوية relativism؛ إذ يؤكد هؤلاء العلماء أن مشكلة اللغة، أو المشكل الألسُني، في الحقول الأساسية للنظرية الحديثة، هو أيضًا مشكل ذو أهمية فائقة، ويشغل مكانةً رئيسية في المناقشات الفكرية المعاصرة.

 

 

غادامير، الذي تأثرتْ تأويليَّته بالمنهج الديكارتي في بُعدها الإپستمولوجي، استقلَّ المنحى الأونطولوجي والفني والفلسفي لديه عن صرامة المنهج، عِبْر إدراجه للتصورات المسبقة التي كانت محلَّ شكوك وتحفُّظات في المنهج الديكارتي، الذي أسَّس لفكرة العالم في العصور الحديثة، المبنية على البداهة واليقين. ولأن الشك الديكارتي يستسلم، في نهاية المطاف، لوضاحة المنهج وبداهة الفكرة، قام غادامير بتجنيد الشكِّ النيتشوي الراديكالي. وبدلاً من الاستناد إلى بداهة الوعي المفكِّر نفسه، يستند غادامير إلى فكرة أستاذه هيدغِّر حول التناهي الإنساني، التي تظلُّ فكرةً محوريةً وجوهرية في تأويليته.

تأثير هُسِّرل وهيدغِّر، الذي وجد في فلسفة غادامير المفاتيح الأساسية في بناء فلسفته التأويلية، كان واضحًا في مساره الفكري، حين درس على يديهما الفلسفة في فرايبُرغ، في وقت لم يكن يرى حوله سوى الحضور القوي للكانطية الجديدة والوضعية positivism في المجال العلمي. وقد أقامت ترجمتُه لأفلاطون الدليلَ القاطع على نفوره من "الموضة الجامعية" في عصره.

الفهم الذاتي الذي تمارسه العلوم الإنسانية، في مقابل النموذج العلمي البحت الذي تتمتَّع به العلوم الدقيقة والطبيعية، بقي المشكل الرئيسي الذي شغل غادامير، الوفي للمنحى الأونطولوجي الذي رسمه هيدغِّر، والمتمثل خصوصًا في مسألة اللغة، والتناهي الذاتي الذي تكشف عنه التجربة التاريخية وهيرمينوطيقا الفهم – فهم الذات على وجه الخصوص؛ وهو ما سمَّاه هيدغِّر "المنعطف الأونطولوجي الحاسم" في تجربة الفهم الذاتي. وهذا ينمُّ عن المشكل الذي طرحتْه العلوم الإنسانية، في أواخر القرن التاسع عشر وفي القرن العشرين، كما عالجها وقدَّمها، من وجهة نظر تاريخية وإپستمولوجية، فيلهِلم دلتاي.

لتوضيح معنى التأويل التاريخي، انطلق غادامير من الإخفاق الذي مُنِيَتْ به النزعةُ التاريخية، أو التاريخانية، كما هي الحال لدى دلتاي، منبِّهًا إلى الأبعاد الأونطولوجية الجديدة عند هُسِّرل وهيدغِّر:

لا يمكن للمعرفة التاريخية أن توصف بنموذج المعرفة الوضعانية، لأنها في حدِّ ذاتها عبارة عن تطوُّر يتمتع بخاصيات الحدث التاريخي كلِّها.

في تأخُّر هائل، محتشم، على ما يقول مترجم الكتاب محمد شوقي الزين في مقدمته، نكتشف هذا البحر التأويلي الكبير، الذي أثمر، ولا يزال، مؤلَّفاتٍ وأعلامًا في التأويل المعاصر، أمثال الإيطالي فاتيمو والأمريكي دورتي والفرنسي ريكور.

*** *** ***


"فلسفة التأويل"، الترجمة والتقديم محمد شوقي الزين، صدر لدى المركز الثقافي العربي والدار العربية للعلوم ومنشورات الاختلاف 2006

Compte rendu de mon livre "Déplacements intellectuels", fait par l'écrivain Kheir Chouar.

من أجل تجاوز الأسئلة المحنّطة

الخير شوار

 

“الإزاحة” كما عرفها صاحب هذا الكتاب هي ”العملية الفكرية التي تلي ”الاختراق” وتسبق ”المجاوزة””، والكتاب هو ثالث إصدارات الباحث الجزائري محمد شوقي الزين بعد ”هويات وغيريات” عن المركز الثقافي العربي بالدار البيضاء وبيروت بالعربية، و”هويات وغيريات” عن الاختلاف بالجزائر باللغة الفرنسية، والكتاب عبارة عن مقالات متفرقة يربطها رابط واحد هو عملية الإزاحة التي قام بها الباحث في الخطاب الحداثي والثقافي عندنا.

وسيرا على ما درج عليه مؤلفو الكتب الثقافية والفكرية فقد جاء عنوان الكتاب على مستوين الأول ”إزاحات فكرية” وهو العنوان الكبير البارز الذي يعرف به الكتاب وعنوان صغير يوضح الإشكالية بدقة هو ”مقاربات في الحداثة والفكر”، وعودا على كلمة الإزاحة فإن الكتاب من خلال هذه المقالات التي صدر بعضها في الصحف الوطنية الجزائرية، هو محاولة لاختراق الخطاب الثقافي الراهن، من أجل فهمه بدقة ومن ثم يتسنى لنا المجاوزة إن أمكن ذلك والتجاوز كما نعلم لا يكون إلا بالفهم والإحاطة بالشيء وملابساته، فعلى مدى صفحات الكتاب حاول الباحث اختراق ثقافة التلقين من أجل مجاوزتها وما التلقين مثلما جاء في الكتاب إلا النقل بطريقة أخرى والنقل كما نعلم هو نقيض العقل وإذا سيطر النقل حل محل العقل وسادت السلطة الأبوية البتريركية بتعبير المفكر الفلسطيني الراحل هشام شرابي، وانطلاقا من النقل يؤكد الباحث أنه ”في البدء كان التلقين”، وعليه اقتضى الحال أن يكون مع هذا الكتاب ”في البدء كان الاختراق” للعملية التي تسبق الإزاحة ولا تتم إلا بها، ففي البدء أعلنت النية في الاختراق.. اختراق الأنماط السائدة في الثقافة والفكر التي لا يمكن أن تتم مجتمعة، وقد قسمت إلى محاور، يجمعها هذا السفر الصغير نسبيا•والقيمة الحقيقية لهذه المقالات- التأملات تكمن في أنها جاءت في سياق نقاش تم في بعض المنابر الإعلامية ولم يشارك فيه الباحث محمد شوقي الزين وحده باتجاه واحد وإنما تم بين عدد من الكتَاب والباحثين، ومع النقاش تتضح الأفكار أكثر وتتلاحق وتتجلى الرؤية واضحة قدر الإمكان، وقد فعل خيرا الكاتب (والناشر) عندما ضمن هذا الكتاب بعض المقالات التي ناقشت أفكار الكاتب وتفاعل معها حينها في المنابر الإعلامية، حتى تتقيد تلك اللحظة، لتكون بوابة لأي نشاط لاحق، والصحف اليومية كما نعلم تهتم باللحظة الآنية ومن الصعب أن تحافظ القضايا المطروحة للنقاش فيها إذا لم يحتويها كتاب ويصبها في لحظته الخاصة التي هي أدوم حالا مثلما هو حال الكتب على مر التاريخ. وعودا على العنوان الثاني- التوضيحي الذي أكد فيه الباحث أن كتابه هو ”مقاربات في الحداثة والمثقف” فقد انقسم الكتاب إلى جزئية -محورين رئيسيين، الأول يتعلق بـ ”سؤال الحداثة” والثاني بـ ”سؤال المثقف”، وتحت هذين العنوانين الكبيرين، جاءت القضايا المطروحة التي وضعها الباحث نصب عينيه محاولا اختراقها من الداخل وتفجير السؤال فيها آملا أن يزيحها من حقل التلقين والنقل الموسوم بالعقم وبالبطريركية والتخلف وكل النعوت القبيحة التي تعيدنا إلى ثقافة متخلفة، منحطة، محنطة، فارغة، مسيجة بالقداسة والرهبة، إلى نمط آخر من الثقافة غير ذلك تماما موسوم بالعقل والنقد وكل المترادفات والنتائج التي لها علاقة بهذا المنطلق. ولئن كانت القضايا المطروحة في الشق الأول من الكتاب غير متواترة كثيرا في خطابنا الثقافي بشيء من التجاوز فإن القضايا التي جاءت في الشق الثاني، كثيرا ما تناولتها الأقلام وعقدت بشأنها الندوات والمؤتمرات وملئت بها المنابر الثقافية المكتوبة والمرئية والمسموعة، (المثقف والعولمة، نهاية المثقف مثقف النقد ناقدا لذاته، المثقف الجزائري: تغييب أم غياب، نضالات المثقف.. وغيرها من الأسئلة التي ظلت مطروحة في الخطاب الثقافي عندنا، فالقضايا من شدة تكرار النقاش بشأنها، أصبح من الصعب اختراقها رغم تواترها، اللهم إلا إذا أراد الباحث أن يؤكد على أن التكرار في طرح الشيء يرسخ عمق المشكلة وخطورتها، وفي النهاية ما الفائدة من تجاوز الأسئلة إلى غيرها من الأسئلة التي تليها طالما أن الأولى ظلت معلقة بدون إجابة.

لقد جاءت تلك المقالات مليئة بـ ”حرقة الأسئلة” كما جاء في أحد عناوين الشاعر عبد اللطيف اللعبي، وحافظت تلك الأسئلة التي انطلق بعضها من قضايا راهنية محددة على حرارتها، وهو المهم في مثل هذه الكتابات، والكتاب في النهاية بعد صدوره في هذه الطبعة الجميلة يحتاج إلى مزيد من القراءة المتخصصة، المتأملة من أجل أن تخترق الأسئلة التي تناولها من جديد برؤى مختلفة، والاختراق كما أخبرنا الباحث الجزائري المغترب محمد شوقي الزين صاحب الكتاب هذا، عملية تسبق الإزاحة الضرورية في أي بناء فكري ثقافي يروم تجاوز الأسئلة المحنطة والأفكار البالية، وإلا بقينا ندور في الفراغ تماما مثل الأصفار التي تدور حول نفسها كما قال الشاعر الجزائري الراحل مالك حداد.

Coup de Coeur

 

 


Jacques Derrida
et la naissance du Forum arabe de la déconstruction


Du 10 au 13 août 2009, le philosophe français de renommée internationale Jacques Derrida (1930-2004) a été honoré au Bahrein (Ministère de la Culture), à l'occasion du 5e anniversaire de sa disparition. Un livre en arabe, collectif et commémoratif, a été édité pour l'occasion. Des poèmes ont été lus et des films projetés, dont celui de l'écrivaine égyptienne Safaa Fathy. L'auteur de ce blog, Mohammed Chaouki Zine, a procédé à la création du "Forum arabe de la déconstruction", dans le but d'échanger des idées et des réflexions entre les auteurs d'expression arabe.




Michel de Certeau (1925-1986)


Par : Luce Giard

Naissance de Michel, Jean, Emmanuel de la Barge de Certeau le 17 mai 1925 à Chambéry (Savoie), aîné des quatre enfants de Hubert, Eugène de la Barge de Certeau et de son épouse Pauline, Louise, Ursule, Marie, Antoinette de Tardy de Montravel. Il passe son enfance et son adolescence entre cette ville et la maison familiale, une ancienne chartreuse du XVe siècle, toute proche, au sud des Bauges, sauf une année scolaire au collège mariste de la Seyne-sur-Mer, pour se rétablir d’une double typhoïde suivie d’une ostéite. Désormais la mer le fascinera et les deux auteurs qui le marqueront, Montesquieu vers 1940, Surin pour l’histoire de la mystique, seront tous deux de Bordeaux, hommes du rivage océanique, tourné vers l’Amérique. Il parlera souvent des années de guerre, de l’enfermement imposé dans un lieu géographique et social, des maquisards auxquels il s’était lié, courant la montagne pour porter des messages, et plus encore de la rupture qu’avait symbolisée pour lui la défaite de juin 1940 : c’était, définitive, la " défection " du discours patriotique et moral des adultes, avec l’impossibilité de les croire et d’en attendre une direction de vie. 

Après son baccalauréat (latin, grec, allemand en série A, puis philosophie), il suit une double formation, sans parvenir à se satisfaire d’un lieu, d’un milieu, d’une filière, dans la recherche inquiète d’une voie. A l’Université (Grenoble, Lyon, Paris), il obtient deux licences (lettres classiques avec une préférence pour le grec, philosophie), le diplôme de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (Ve section, sous la direction de Jean Orcibal), un doctorant en science des religions (Sorbonne, 1960) sur " le Mémorial de Pierre Favre ". Dans l’institution ecclésiale, il fréquente le Séminaire d’Issy-les-Moulineaux aux portes de Paris (1944-1945, et 1946-1947), mais ce milieu sulpicien lui convient mal. Il rejoint le Séminaire universitaire de Lyon (1947-1950) qu’il juge plus stimulant, et sera toujours attaché à la ville de Lyon, secrète, multiple, vivante. Il ajoute à son baccalauréat de philosophie scolastique une licence en théologie, consacre beaucoup d’énergie à l’histoire des textes de la tradition (hébreu biblique, grec néo-testamentaire). Dès son premier séjour à Paris, il a pris l’habitude de suivre de nombreux cours : il fréquentera ainsi l’helléniste Paul Mazon et, au Collège de France, Jean Baruzi vers la finde sa vie, seul, parlant comme si de rien n’était devant une salle déserte, Louis Massignon, etc.

En novembre 1950, il entre dans la Compagnie de Jésus, attiré par le bouillonnement de vie au scolasticat de Fourvière, l’ouverture internationale de l’ordre et la haute silhouette de Henri de Lubac qui enseignait alors aux aux Facultés catholiques de Lyon. Il suit le cursus classique : noviciat et juvénat à Laval (Mayenne) (1950-1953), " un temps d’austérité " non matérielle mais intellectuelle, car la liberté de lire et travailler lui est chichement mesurée ; un an de philosophie au scolasticat de Chantilly (Oise), consacré à étudier Hegel dans le texte avec Joseph Gauvin, " une expérience forte " dont il gardera toujours gratitude à ce guide et à la Compagnie ; un an d’enseignement de la philosophie dans un collège jésuite à Vannes (Morbihan) pour remplacer au pied levé à la Toussaint un professeur malade ; enfin une dernière année de théologie au scolasticat de Fourvière (Lyon). Il est ordonné à Lyon le 31 juillet 1956.

Il avait commencé dès 1950 à préparer une thèse de patristique sur Saint Augustin, comme lieu de transit entre la pensée grecque et la théologie latine, mais la Compagnie lui demande alors de faire des recherches sur l’histoire spirituelle de ses commencements en France. Pendant les années suivantes, il résidera tantôt à Paris, tantôt à Chantilly, s’enfonçant avec ivresse dans le merveilleux fonds ancien de la bibliothèque, complétant sa formation d’historien dans plusieurs séminaires de recherche (avec Alphonse Dupront, Roland Mousnier, Jean Orcibal, etc.). Selon l’usage de la Compagnie, il s’interrompt pour faire un " troisème an " de noviciat dans la résidence de Saint-Martin-d’Albois (Marne) en 1959-1960, puis passe une année, assez dure pour lui, à donner les Exercices à la résidence Manrèse de Clamart (Hauts-de-Seine). Son doctorat sur Pierre Favre achevé en 1960, il entame son travail sur Jean-Joseph Surin auquel il restera désormais attaché. L’étrange destin de Surin l’incite à traverser, pour le comprendre, un pluriel de sciences humaines et sociales. Il s’intéresse en particulier à la psychanalyse, domaine où Louis Beirnaert lui sert probablement d’introducteur. Il commence une analyse, entre en relation avec Jacques Lacan (auquel il marquera toujours un grand respect intellectuel) et fait partie de son Ecole freudienne tant qu’elle existe (1964-1980).


Devenu profès de la Compagnie après ses " grand voeux " (Paris, février 1963), il se voit confier par elle des tâches et des responsabilités dans son réseau de revues. En 1963-1967, avec François Roustang, il dirige la revue " Christus " (trimestriel consacré à la spiritualié surtout ignatienne) et, aux éditions Desclée De Brouwer, la collection de livres qui lui est associée - lui-même y publiera plusieurs titres. A partir de 1967, il rejoint la rédaction des " Etudes " (mensuel de culture générale). Il fait aussi partie du conseil de rédaction de la " Revue d’histoire de la spiritualité " (nouvelle identité de la célèbre Revue d’ascétique et de mystique) et des " Recherches de science religieuse " , plus tournées vers le théologique. Dans chacune de ces revues, il publiera de nombreux articles et recensions, tout en menant de pair ses recherches érudites sur Surin. De ce dernier, il édite d’abord le " Guide spirituel " (1963), puis une massive " Correspondance " (1966), une somme d’érudition courronée par l’Institut et par la Ville de Bordeaux.

En août 1967, un grave accident de voiture, survenu en Savoie, semble compromettre l’avenir : son père, qui conduisait, est indemne, sa mère meurt sur le coup, lui-même est grièvement blessé, notamment à la face, il perd la vision de l’oeil droit. Le premier choc passé, il s’efforce de reprendre le plus tôt possible la tâche. A la recherche en histoire, au travail de rédaction pour les " Etudes " surtout (que dirige Bruno Ribes), s’est ajouté l’enseignement : un séminaire de doctorat en théologie à l’Institut catholique de Paris (1964-1978) ; après mai 1968 et son association aux projets de réforme universitaire, des cours à l’université expérimentale de Paris VIII (Vincennes), d’abord en psychanalyse, puis en histoire (1968-1971) ; ensuite à paris VII (Jussieu), des cours encore et un séminaire de 3è cycle en anthropologie culturelle (1971-1978).

Cependant la période des voyages en Amérique, toujours en relation avec des occasions de travail (conférences, enseignement, recherche), commence dès 1966 avec la découverte émerveillée du Brésil auquel il s’attachera, y faisant des séjours réguliers, puis l’Argentine, le Chili (avant la chute d’Allende), les Etats-Unis (à partir de 1969, tantôt à l’Est, tantôt à l’Ouest), le Canada et le Mexique dernier venu. Il circule tout autant en Europe : en Espagne, en particulier (par hasard de calendrier) au moment de l’agonie interminable de Franco, en Angleterre avec un trismestre comme Fellow à Cambridge (1975), en Belgique (où l’attire souvent le réseau de Marie Beaumont et Georges Thill, entre autres amitiés fortes), en Suisse comme Professeur associé à l’université de Genève (1977-1978), en Italie aux colloques et séminaires d’été d’Urbino (Centre de linguistique et sémiotique, à partir de 1969), etc. Dans ce tourbillon d’activités, il trouve encore le temps de créer et diriger une collection pour ouvrir la théologie aux méthodes des sciences humaines ; ce sera la " Bibliothèque des sciences religieuses ", produite en coédition entre quatre partenaires (Aubier, Cerf, Delachaux et Niestlé, Desclée De Brouwer), une utopie généreuse difficile à coordonner dans la pratique. De 1971 à 1977, il y publiera sept ouvrages de qualité, suscitant des projets originaux (par exemple avec Louis Marin ou Georges Thill), refusant la solution facile de se centrer sur la traduction de titres étrangers.

Dès 1972, il choisit de ne plus collaborer de manière intensive à la rédaction des " Etudes ", pour suivre une nouvelle ligne de recherche sur la culture contemporaine. Il est alors le rapporteur principal du colloque européen d’Arc-et-Senans sur la " prospective du développement culturel " (avril 1972), fait partie du Conseil du développement culturel mis en palce par Georges Pompidou, où il rencontre Roger Caillois, Paul Delouvrier, Jack Lang, et se lie d’amitié avec Françoise Choay : déçu par une conception qui ne s’intéresse plus " à faire de l’expression culturelle le moyen d’une communication et d’une créativité sociales ", et s’efforce de " ramener la culture vers la conservation d’un patrimoine ", il en démissionne en juin 1973. Il continue à réfléchir sur ces questions clés pour l’avenir d’une société, est à cetire directeur de recherche auprès du Ministère de la Culture en 1973-1974 (où il collabore avec Augustin Girard et Geneviève Gentil), puis devient responsable d’un contrat de recherche sur les " pratiques culturelles contemporaines " pour la DGRST en 1974-1977 (avec, comme collaborateurs directs, Pierre Mayol, Marie Ferrier et moi-même, plus une nébuleuse d’interlocuteurs où je me souviens de Patrick Mignon, d’Olivier Mongin, parmi tant d’autres visages).

Il en sortira d’abord " La culture au pluriel " (1974), puis, en relation avec le " laboratoire d’expérimentation et de discussion " que constitue alors son séminaire de 3è cycle à Paris VII, les deux tomes de " L’invention du quotidien " (1980). De ces années datent ses liens avec le Centre Georges Pompidou dont il aimera tout de suite la mobilité utopique et vivante. Comme il le notera plus tard, " Qui aime laville aime Beaubourg " (dans un rapport sur le Centre, écrit en 1983-1984 à la demande de Jean Meheu et publié in " Esprit ", février 1987, pour saluer le 10e anniversaire). D’ailleurs, dès sa fondation en 1974, il est membre du comité de rédaction de " Traverses " où il écrira régulièrement, malgré son éloignement géographique.

car déjà il s’était tourné vers un autre horizon. De 1978 à 1984, il est surtout aux Etats-Unis, comme Professeur titulaire à l’Université de Californie (San Diego). Il en revient en juillet 1984, tout à la joie d’avoir été élu à l’Ecole des hautes Etudes en Sciences Sociales et de rejoindre un " lieu naturel " de son travail d’historien, un carrefour d’amitiés et d’interlocuteurs. Il doit y assurer une direction d’études concernant " l’anthropologie historique des croyances (XVIe-XVIIIe siècles) ". Il fourmille de projets, veut terminer d’abord le tome 2 de " La fable mystique ", rédiger une anthropologie du croire ( à laquelle il a beaucoup travaillé en Californie), reprendre le dossier, autrefois ouvert avec Jean de Léry dans " L’Ecriture de l’histoire " (1975), des récits de voyage en Amérique, à partir de deux séries, l’une vers le Brésil, l’autre vers la Nouvelle-France.

Mais il aura à peine plus d’un ans pour enseigner à Paris. Imprévisibl, la maladie se dévoile en juillet 1985, impose très vite une grave opération, un long été à l’hôpital. Il sait aussitôt à quoi s’en tenir, choisit de n’en rien dire et de se battre en silence avec la complicité des plus proches. Il entame une course désespérée contre le temps, s’acharne à reprendre son travail en octobre, à recommencer son séminaire à la date prévue, à achever le second tome de " La fable mystique ". Il enseigne jusqu’à la fin décembre, y consacre ses dernières forces. Il meurt chez lui au soir du 9 janvier 1986, avec une élégance, une fortitude venues d'u’ autre siècle : c’est lui qui réconforte les visiteurs qu’il demande à voir dans les derniers jours, c’est lui qui leur parle d’avenir. Il explique en souriant que les vieux traités sur " l’art de mourir " étaient de bonne lecture, que Surin dans " La science expérimentale " lui avait enseigné l’essentiel sur la vérité du " sentiment intérieur ".

Selon ses souhaits, duranr la messe du dernier adieu (église Saint-Ignace, 13 janvier), on entendra les versets de Paul sur " la folie du Christ " (1Co1, 26-19), un fragment d’un " Cantique spirituel " de Surin, et aussi Edith Piaf chantant " Je ne regrette rien ", dernier signe d’amitié, dernier sourire complice. Il repose au cimetière de Vaugirard (Paris XVè), dans un caveau de la Compagnie de Jésus, tout près de Louis Beirnaert et de Henri Lavalette, qui l’y avaient précédé de quelques mois. Nombreux furent les articles de presse à saluer le voyageur parti pour un " autre pays ". La guirlande des titres dessine à petites touvhes un portrait qui sonne juste " Pèlerin des frontières " (Paul Valadier, Le Monde), " migrateur " (Michel Crépu, Panorama), " Savoyard universel " (Jean Bianchi, La Vie nouvelle, Chambéry), " mystique qui s’ignorait " (Gwendoline Jarczyk, La Croix) et, pour introduire une merveilleuse double page de Libération, cette formule : " le chrétien éclairant ", avec, en sur-titre et petits caractères, ce simple mot qui lui serait allé droit au coeur " compagnon ".

Dans la foule anonyme, un passant disparu ; dans le concert des voix, un silence ; comme il aimait à dire, d’une expression venue des mystiques, " une goutte d’eau dans la mer ".


Bibilographie : 


(1) Bieneureux Pierre Favre, " Mémorial ", traduit et commenté par Michel de Certeau, Paris, Desclée De Brouwer, coll.Christus, 1960, 453p.

(2) Jean-Joseph Surin, " Guide spirituel pour la perfection ", texte établi et présenté par Michel de Certeau, Paris, Desclée De Brouwer, coll. Christus, 1963, 330p.

(3) Pierre Teilhard de Chardin, " Lettres à Léontine Zanta ", intraod. par Robert Garric et Henri de Lubac, éd. par Michel de certeau, Paris, desclée De Brouwer, 1965, 142p.

(4) Jean-Joseph Surin, " Correspondance ", texte établi, présenté et annoté par Michel de Certeau, préface de Julien Green, Paris, Desclée De Brouwer, Bibliothèque européenne, 1966, 1827 p.

(5) " La solitude, une vérité oubliée de la communication " (avec François Roustang et al.), Paris, Descelée De Brouwer, coll. Christus, 1967, 256p.

(6) " La prise de parole. Pour une nouvelle culture ", Paris, Descelée De Brouwer, coll. Foi vivante, 1969, 261p.

(7) " La possession de Loudun " (1970), 2è éd., Paris, Gallimard-Julliard, coll. Archives, 1980, 343p.

(8) " L’absent de l’histoire ", s.l., Mame, coll. Repères, 1973, 185p.

(9) " La culture au pluriel " (1974), 2è éd., Paris, Christian Bourgois, 1980, 256p.

(10) " Le christianisme éclaté " (avec Jean-Marie Domenach), Paris, Seuil, 1974, 119p.

(11) " L’Ecriture de l’histoire " (1975), 3è éd., Paris, Gallimard, Bibliothèque des histoires, 1984, 358p.

(12) " Une politique de la langue. La Révolution française et les patois : l’enquête de Grégoire " (avce Dominique Julia et Jacques Revel), Paris, Gallimard, Bibliothèque des histoires, 1975, 317p.

(13) " L’invention du quotidien ", tome 1 : Arts de faire, Paris, UGE, coll. 10/18, 1980, 374p.

(14) " La fable mystique. XVIe-XVIIe siècle ", tome1 (1982), 2è éd., Paris, Gallimard, coll. Tel, 1987, 414p.

(15) " L’ordinaire de la communication " (avec Luce Giard) et al.), Paris, Dalloz, 1983, 167p.

(16) " Histoire et psychanalyse entre science et fiction ", présenté par Luce Giard, Paris, Gallimard, coll. Folio/essais, 1987, 214p.

(17) " La faiblesse de croire ", texte établi et présenté par Luce Giard, Paris, seuil, coll. Esprit, 1978, XIX-323p.

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