تقديـم

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من مواليد وهران (الجزائر) في 13 ماي 1972   

 دكتور في الدراسات العربية من جامعة بروفونس - فرنسا

دكتور في الفلسفة من جامعة بروفونس - فرنسا

مجال الاختصاص: الفلسفة، الدراسات العربية الإسلامية، فلسفة التأويل، ابستمولوجيا العلوم التاريخية والاجتماعية


 Né le 13 mai 1972, à Oran (Algérie).

Docteur en études arabes de l'Université de Provence (Aix-Marseille I).

Docteur en philosophie de l'Université de Provence (Aix-Marseille I)
Chercheur associé à l'IREMAM (Aix-en-Provence).
Spécialité : philosophie, histoire des idées, pensée arabe classique et moderne, philosophie française contemporaine.

Born in Oran (Algeria), may 13, 1972.
PhD. in Arabic Studies (Mysticism and Hermeneutics of Ibn al-Arabi 1165-1240).

PhD. in Philosophy (Practice and Epistemology of History of Michel de Certeau 1925-1986). 
Speciality : Philosophy, Arabic Studies, Classic and Modern Thought.
Researcher in Institute for Research and Study on the Arab and Muslim World (Aix-en-Provence, France)
http://iremam.mmsh.univ-aix.fr/

mczine13@gmail.com


 

Mes livres: الكتب

Parus cette année: الصادرة هذه السنة

 الترجمة العربية لكتاب ميشال دو سارتو: إبتكار الحياة اليومية

ابتكار الحياة اليومية

جاك دريدا. ما الآن؟ ماذا عن غدّ؟ الحدث، الخطاب، التفكيك

إشراف محمد شوقي الزين

درديا

Ibn 'Arabî: Gnoséologie et manifestation de l'être  (Alger-Beyrouth, éditions de la Différence & Arab Scientific Publishers). ابن عربي: المعرفة وتجليات الوجود، بالفرنسية، 2010 

Ibn Arabi

 Le discours des fins ultimes: les conquêtes de la mondialisation et les impasses de l'identité. Traduction française du livre d'Ali Harb, philosophe libanais. (Alger-Beyrouth, éditions de la Différence & Arab Scientific Publishers).

حديث النهايات: ترجمة فرنسية لكتاب علي حرب، 2010 

Ali Harb

 

Michel Foucault: de l'a priori saisi dans le discours, l'histoire et l'actualité (Sarrebruck, 2010)

ميشال فوكو: في القبلي الممكن إدراكه في الخطاب والتاريخ والراهن، المنشورات الجامعية الأوروبية، ساربروك-ألمانيا، 2010

foucault

 

Ouvrage collectif (sous ma direction) : Ali Harb. Critique, vérité et herméneutique

علي حرب: النقد، الحقيقة والتأويل، الجزائر-بيروت، منشورات الإختلاف والدار العربية للعلوم، 2010

 

علي حرب Copy 1

En cours d'élaboration:   قيد الإعداد

Michel de Certeau: Modernité et logique des pratiques.

(en arabe)

 

ميشال دو سارتو

 

 

Traduction arabe du livre de Michel de Certeau : La culture au pluriel

الترجمة العربية لكتاب ميشال دو سارتو: ثقافات، الثقافة في صيغة الجمع

ميشال دو سارتو - ثقافات

Déplacement et probabilité الإزاحة والإحتمال: صفائح نقدية في الفلسفة الغربية، 2008 

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Herméneutiques et déconstructions، 2002 تأويلات وتفكيكات: فصول في الفكر الغربي المعاصر

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Déplacements intellectuels 2008  إزاحات فكرية: مقاربات في الحداثة والمثقف

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Politiques de la raison 2005  سياسات العقل: صدمة الواقع ومستويات القراءة

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La philosophie herméneutique (traduction arabe du livre de H.G. Gadamer)فلسفة التأويل، ترجمة عربية لكتاب هانس غ. غادامير، 2006

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Mes articles مقالات:

 II-1- Articles et traductions en français 

« Gadamer et l’herméneutique », Res Publica, juin 2001, n°25, Paris, PUF, p. 2-6
« L’actualité de la philosophie dans la pensée arabe contemporaine », Res Publica, août 2003, n°34, p. 6-9
« Réfléchir et infléchir. Arts de penser et d'agir chez Michel de Certeau », in l'Homme et la réflexion, Actes du XXXe Congrès, Paris, Librairie philosophique J. Vrin, 2006, p. 303-306
« Servitude et finitude dans l'herméneutique d'Ibn 'Arabî », Carbone, n°1, Automne 2006, p. 25-32
« La dimension universelle de la pensée herméneutique », Le Tract, n°2, vol.1, automne 2000, Université du Québec à Trois-Rivières, Québec, Canada.
« La mondialisation, l’événement du siècle », Le Tract, n°2, vol.1, automne 2000 (traduction française de l’article de Ali Harb)
« Ni paradis sur terre, ni enfer. Terrorisme, islam et Occident », Le Tract, vol.3, n°2, 2002 (traduction française de l’article de Ali Harb)
« L’intellectuel et la mondialisation », Le Tract, Hors-Série, spécial “Mondialisation”, hiver 2001
« La stratégie du texte : une approche philosophique », Madarat, Tunis, vol.VI, 7e année, n°11-12, automne 1999, p. 5-19
« Mystique et mystère du pouvoir : Michel de Certeau et Michel Foucault », Revue algérienne de philosophie, n°1, janvier 1998, Université d’Oran, p. 55-65
« Ibn 'Arabî, l’herméneutique et l’écriture », Luqmân, vol.15, n°2, Téhéran, 1999, p. 85-98
« L’Islam et l’Occident », El Watan, quotidien francophone, Alger
a- « Entre sens et puissance » (mardi 28 novembre 2000)
b- « Thèses et antithèses » (mercredi 29 novembre 2000)
c- « De quelques concepts dépassés » (vendredi 1 et samedi 2 décembre 2000)
d- « Reflets dans le miroir » (dimanche 3 décembre 2000)
 
II-2- Articles en arabe et traductions en arabe 
II-2-1 : Dans les revues et les périodiques 
·         al-Marifa (La connaissance), revue mensuelle, Damas, Syrie.
« Clavis Hermeneutica. La clef de l’interprétation face aux serrures de la tradiction », année 38, n°433, octobre 1999, p. 77-105
« Les méthodes philosophiques en Occident contemporain », année 39, n°438, mars 2000, p. 12-35
« La vérité dans les sciences humaines » (traduction de l’article de Gadamer), année 39, n°444, septembre 2000, p. 57-66
·         Kitabat Mouacira (Ecrits contemporains), revue trimestrielle, Beyrouth, Liban
« Jean Baudrillard et le sens du simulacre », n°37, mai-juin, 1999, p. 6-11
« Le texte mystique : Michel de Certeau », n°35, octobre-novembre 1998, p. 6-13
« Corps torturés, paroles capturées » (traduction de l’article de Michel de Certeau), n°36, février-mars 1999
« La traduction et la différence, en hommage à Bakhti Benaouda », n°34, juillet-août 1998
«  le déconstructivisme d’Ibn cArabî. L’herméneutique, la différence, l’écriture », n°36, février-mars, 1999, p. 53-59
« L’expérience de la pensée chez Michel Foucault », n°38, août-septembre 1999, p. 51-59
« Ecrits » (traduction et commentaire de l’article de Michel de Certeau), ibid.,
« Foucault, historien du présent » (traduction de l’article de Gilles Deleuze), n°42, novembre-décembre 2000, p. 67-69
« L’unité et la dissémination : Laruelle et Derrida », n°39, décembre 1999-janvier 2000, p. 64-68
« Le simulacre textuel : Laruelle lecteur de Derrida », n°43, mars-avril 2001, p. 25-28
« La vérité comme dialogue et entente chez Gadamer » (traduction de l’article de Yashar Saghaï), n°40, avril-mai 2000, p. 75-81
« L’image et le modèle : à propos de l’icône et du simulacre d’après Mario Perniola », n°41, août-septembre 2000, p. 49-51
« La philosophie critique de Ali Harb », n°44, juillet-août 2001, p. 39-43
« La mystique » (traduction et introduction de l’étude de Michel de Certeau), ibid., p. 50-59
« Bakhti Benaouda, l’Algérie vécue dans la puissance du verbe », n°45, novembre-décembre 2001
« La dialectique de la science et de la philosophie », n°48, octobre-novembre 2002, p. 119-121
« Mystique et psychanalyse » (traduction de l’article de Michel de Certeau ), n°49, février-mars 2003, p. 66-68
« Derrida et la déconstruction : témoignage intellectuel », n°50, mai-juin 2003, p. 41-43
« Le discours de la finitude : à propos de l’intellectuel », n°52, février-mars 2004, p. 36-40
« Le discours philosophique : un problème logique ou une question ontologique? », n°54, septembre-octobre 2004, p. 62-64
« Lettre de Jacques Derrida : le corps et le spectre », n°55, février-mars 2005, p. 6-15
« La question de la différence : entre Michel de Certeau et Jacques Derrida », n°56, septembre-octobre 2005, p. 6-12
·         Fikr wa Naqd (Pensée et critique), revue mensuelle, Rabat, Maroc
« Phénoménologie et herméneutique », 2e année, n°16, février 1999, p. 71-84
« Esquisse des fondements d’une herméneutique » (traduction de l’article de Gadamer), ibid., p. 85-106
« Le volcanisme du texte : Bakhti Benaouda lecteur de Jacques Derrida », 3e année, n°28, janvier 2000, p. 151-158
« Lecture de l’identité de la pensée occidentale » (traduction de l’article de Michel Faucheux), 5e année, n°52, octobre 2003, p. 107-122
·         al-Tabyine (l’éclaircissement), revue annuelle, Alger, Algérie
« La déconstruction, en hommage à Bakhti Benaouda », n°15, 2000
« L’herméneutique, la langue et les sciences humaines » (traduction de l’article de Gadamer), n°18, 2002, p. 81-86 [aussi revue Fosol, Le Caire, printemps 1999]
·         Madarat (Tropiques), revue semestrielle, Tunis, Tunisie
« La vie comme une œuvre d’art » (traduction d’un entretien avec Gilles Deleuze), 7e année, vol.VI, n°11-12, automne 1999, p. 20-27
« Lecture de " Ibn ‘Arabî et la naissance d’un nouveau langage " de Suad El Hakim », n°9-10, 1997-1998, p. 151-168
« Les problèmes épistémologiques des sciences humaines » (traduction de l’article de Gadamer), ibid., p. 41-50
·         Awan (l’instant), revue trimestrielle, Université de Bahrain (Sakhir)
« Muhyiddin Ibn ‘Arabî et Jacques Derrida : la déconstruction, l’existence, la vérité », n°3-4, octobre 2003, p. 160-167
« Le désir de reconnaissance dans la culture humaine : en hommage à Paul Ricoeur (1913-2005) », n°9, mai 2005, p. 128-135
« Le revenant, le spectre, Jacques Derrida », n°10, septembre 2005, p. 128-139
·        Bahraïn Thaqafia (Bahraïn culturelle), revue trimestrielle.
« Herméneutique et critique culturelle: l'apport de Gadamer et de Richard Rorty , n°38, mars 2004, p. 13-18
 
II-2-2 : Dans les journaux et les quotidiens 
·         al-Quds al-Arabî, quotidien arabophone, Londres, Grande Bretagne
« Les idées de Michel Chodkiewicz sur Ibn ‘Arabî : compte rendu critique de son livre “Ibn ‘Arabî, le Livre et la Loi” », jeudi 10 mai 2001
·         al-Mustaqbal, quotidien arabophone, Beyrouth, Liban
« La pensée radicale d’après Jean Baudrillard », vendredi 8 juin 2000
« La pensée de Baudrillard : clefs pour comprendre le Réel », vendredi 25 août 2000
« La vérité et le simulacre », vendredi 9 juin 2000
« Le discours culturel : compte rendu du livre posthume de Bakhti Benaouda “Le ton de la modernité” », mercredi 11 octobre 2000
« L’intellectuel et la mondialisation », samedi 29 juillet 2000
« L’islam et l’Occident : les perceptions et les perspectives » (en deux parties), samedi 25 et dimanche 26 novembre 2000
« L’illusion du salut dans le conflit algérien », mercredi 7 février 2001
« La fin et la finitude : à propos de la fin de l’intellectuel », vendredi 6 avril 2001
« Jacques Derrida et la philosophie du pardon », vendredi 5 janvier 2001
« L’affaire Sokal et la pensée arabe contemporaine », vendredi 11 mai 2001
« L’abécédaire de la culture et l’éthique du dialogue », vendredi 20 juillet 2001
« La question de la modernité et le problème herméneutique », vendredi 21 septembre 2001
« L’Algérie entre le déficit interne et l’ingérence externe », mercredi 28 novembre 2001
« La modernité et la postmodernité », vendredi 1 février 2002
« Mémoires personnelles pour une mémoire collective : à propos du livre de l’historien algérien Mohammed Harbi “Une vie debout. Mémoires politiques” », mercredi 13 mars 2002
« L’intellectuel algérien : absence ou marginalisation ? », mercredi 24 avril 2002
« L’extrême droite : l’avancée redoutable et le malaise civilisationnel », lundi 29 juillet 2002
« La question de l’identité et les défis de l’avenir », lundi 30 décembre 2002
« Le système pastoral dans le rôle de l’intellectuel », mercredi 04 juin 2003
« Adieu Jacques Derrida (1930-2004) : les adieux à un ami qui s’en va », mardi 12 octobre 2004
·         El-Youm, quotidien arabophone, Alger, Algérie
« La fin de l’intellectuel ou sa finitude ? », mercredi 21 mars 2001
« Politique de la pensée. Vers une nouvelle approche du travail intellectuel : compte rendu du Livre de Ali Harb “Politique de la pensée” (2 tomes) », lundi 23 avril 2001
« Mohammed Arkoun et le défi critique de la raison islamique », mardi 29 août 2000
« Bakhti Benaouda et la quête de soi » (2 parties), mardi 5 et mercredi 6 septembre 2000
« Philosophie de la finitude. Les territoires de la culture et les hypostases de l’intellectuel », mardi 5 juin 2001
« La mondialisation entre la logique catastrophiste et la volonté herméneutique », lundi 21 mai 2001
« La déconstruction : par-delà le scepticisme. Réponse à Nabil Hadou », jeudi 20 septembre 2001
« L’écriture et la différence : entretien » (2 parties), jeudi 2 et jeudi 9 août 2001
« Politique et rhétorique : la crise du discours moraliste », mercredi 9 janvier 2002
« “L’âge de pierre” de la politique contemporaine », mardi 5 février 2002
« Le rationnel et l’irrationnel : essai sur la philosophie du mal », dimanche 10 février 2002
« L’intellectuel : les convictions et les masques », dimanche 24 mars 2002
« L’intellectuel critique oui, mais aussi les valeurs de l’autocritique. Réponse à Bachir Mefti », jeudi 10 mai 2001
·         As-safir, quotidien arabophone, Beyrouth, Liban
« La fin de la modernité. L’herméneutique dans la culture occidentale contemporaine », vendredi 28 septembre 2001
« Civilisations incarcérées », dans le cadre du dossier « Les Arabes à l’âge de la mondialisation », sous la direction de Ahmed Sleiman, vendredi 8 décembre 2000
« Mes adieux à mon ami Jacques Derrida », lundi 11 octobre 2004
·         Az-zaman, quotidien arabophone, Londres, Grande Bretagne
« Entre Gadamer et Rorty : le Bildung et le pragmatisme », mardi 11 décembre 2001
« Le symbolisme du miroir dans le choc civilisationnel », jeudi 13 juin 2002
« Les manifestations de la vérité dans la raison herméneutique : Paul Ricoeur », lundi 1 juillet 2002
« La pensée herméneutique : Hans-Georg Gadamer », mercredi 3 juillet 2002
« L’herméneutique de Gadamer : éléments pragmatiques dans le langage », jeudi 4 juillet 2002
« Déconstruction et herméneutique (1) : le langage selon Derrida », mercredi 17 juillet 2002
« Déconstruction et herméneutique (2) : l’être et le langage d’après Gadamer », vendredi 19 juillet 2002
« La conception de l’histoire chez Michel de Certeau (1) : l’écriture historiographique », mercredi 15 janvier 2003
« La conception de l’histoire chez Michel de Certeau (2) : psychanalyse et histoire », mercredi 29 janvier 2003
« La politique de la différence et la finitude de l’identité : aspects politiques et philosophiques », mercredi 26 mars 2003
« La symbolique du mal : l’homme face à sa barbarie », samedi 5 et dimanche 6 avril 2003
« Modernité et postmodernité : problématiques générales », mardi 4 mars 2003
« Politique de la raison et le choc du réel : la question de l’intellectuel », mardi 11 mars 2003
« La pensée arabe contemporaine sur internet », lundi 05 mai 2003
·         Nawafez, hebdomadaire arabophone, le supplément du quotidien « al-Mustaqbal », Beyrouth, Liban
« Quel rôle l’université peut jouer aujourd’hui ? » compte rendu du livre de Jacques Derrida, L’Université sans condition, vendredi 14 décembre 2001
« Vocabulaires pour des pensées différentes », compte rendu du livre de Charles Ramond, Le vocabulaire de Derrida, dimanche 6 janvier 2002
« L’existence vécue comme pratique et vision artistique du monde », compte rendu du livre de Claude Morilhat, Philosophie ou libertinage. R. Rorty et le discours postmoderne, dimanche 10 mars 2002
« L’essence de la vérité dans l’activité artistique », compte rendu du livre de Martin Heidegger, L’origine de l’activité artistique, dimanche 23 juin 2002
« Les manifestations de la raison et de la vérité dans la philosophie contemporaine », compte rendu du livre de Omar Mehibel, Du système au sujet. Lectures de la pensée occidentale contemporaine, samedi 27 juillet 2002.
« La rupture instauratrice et les arts de vivre », compte rendu du livre de François Dosse,  Michel de Certeau : le marcheur blessé, Paris, La Découverte, 2002 
« L’imagination dans l’histoire », compte rendu du livre de Michel de Certeau, Histoire et psychanalyse, Paris, Gallimard, 2002, samedi 11/01/2003
« La fonction pragmatique de la raison et de la vérité », compte rendu du livre de Jürgen Habermas, L’éthique de la discussion et la question de la vérité, Paris, Grasset, 2003 ; samedi 26 avril 2003
·         El Djoumhouria (La République), quotidien arabophone, Oran, Algérie
« Entretien à l’occasion du sixième anniversaire de la disparition de Bakhti Benaouda », lundi 21 mai 2001
·         El Ikhtilef (La différence), revue éditée par la Ligue des écrivains de la différence, Alger.
« La dimension universelle de la pensée herméneutique », traduit en arabe par Abdelkader Boudouma, n°1, juin 2002
« Jacques Derrida : témoignage intellectuel », n°2, septembre 2002
·         Zarez (Zagreb), revue culturelle (Croatie)
« Islam i Zapad : Ulog smisla i moc », traduit en serbo-croate par Srđan Rahelić, n°87, 12 septembre 2002.
 
III-  Conférences 
Université de la Méditerranée (Aix-en-Provence, France), « l’herméneutique de Hans-Georg Gadamer », (juin 1996).
Palais de la Culture et des Arts (Oran, Algérie), « Les méthodes philosophiques occidentales : critique, herméneutique et déconstruction » (juillet 1996).
Centre de Recherches et d’Etudes Documentaires et Informatiques en Sciences Sociales et Humaines (Oran, Algérie), « phénoménologie et herméneutique » et  « le texte philosophique : structure et fonction ». (août 1997).
Université de Trieste (Italie), « l’Intellectuel et l’espoir social en Algérie »  (4 mai 1998).
Université de Nantes (XXXe Congrès de l’ASPLF) : « Réfléchir et infléchir. Arts de penser et d’agir chez Michel de Certeau » (août 2004).
 
Actes du Congrès...
 
« La différence.  L’identité et l’altérité entre Michel de Certeau et Jacques Derrida » (Congrès international sur la philosophie de la différence), Université de Kairouan, Tunisie, mars 2005.

« La science et la connaissance entre symbolisme et herméneutique chez Ibn ‘Arabî » (Congrès international sur le symbolisme et l’herméneutique chez Ibn ‘Arabî), Damas, Syrie, juin 2005.

Samedi 12 novembre 2005 6 12 /11 /Nov /2005 00:00
Article de Ali Harb traduit de l'arabe
 
Ali Harb (philosophe libanais)
 
 

Introduction  

 

La mondialisation, l’événement du siècle 
 
 
 

L’être humain assure ses potentialités pour transformer sa réalité au niveau de la pensée, l’identité, l’action et la pratique et, à ce titre, se transforme de quoi il est en forgeant d’autres mondes, multiples dans leurs forces et leurs rapports, différents dans leurs langues et leurs symboles et actifs par leurs outillages et leurs instruments médiateurs.

 

 

Avec la révolution informatique et informationnelle, des possibilités énormes s’ouvrent devant l’homme et se concrétisent dans des potentialités prodigieuses et influentes. Un nouveau monde se forme avec le phénomène de la mondialisation s’accompagnant avec l’apparition d’un nouvel acteur humain et fonctionne à distance selon la vitesse de la lumière ou de la pensée tout en utilisant les autoroutes de l’information et en étant en rapport avec les réseaux complexes de la communication. Il s’agit de l’homme communicationnel auquel les ordinateurs et les technologies numériques offrent la possibilité de penser et de travailler au niveau planétaire et selon une façon transcontinentale, trans-sociétale et transculturelle.

 

 

Néanmoins, ce qui se passe et se forme est autant une possibilité et une opportunité qu’un défi et un problème. Il ne s’agit pas d’une donnée préalablement préparée, mais d’un fait que l’on forme et l’on invente en s’inscrivant dans un processus complexe et continuel de création et de production ou de changement et de transformation. C’est ainsi que la mondialisation, de par ses conquêtes prodigieuses et ses métamorphoses impétueuses, ouvre de nouveaux horizons d’être et de vie, mais elle forme, simultanément, de grands défis, intellectuels et techniques, économiques et sociaux, politiques et sécuritaires, qui posent autant leurs questions embarrassantes pour les intellectuels que des questions concernant le destin des spécificités culturelles.

 

 

 Comment le monde se forme et comment fonctionne-t-il ? Quel est le rôle des idées dans un monde caractérisé par l’explosion technique de l’information et de l’informatique ? Et quel est l’avenir des identités culturelles à l’âge de l’information planétaire ?

 

 

De là, la dichotomie de l’identité et de la mondialisation demeure le centre des interrogations et le pivot des débats, soit dans les milieux intellectuels ou dans les cercles politiques, dans le monde occidental ou dans d’autres aires géographiques comme c’est le cas dans le monde arabe. La preuve en est le flux des publications qui prennent pour sujet central la mondialisation et son impact sur l’identité et la culture. Sous ce biais, la dichotomie « identité et mondialisation » dépasse autant qu’elle intériorise les idées opposées et incompatibles jusque là adoptées et alternées, comme la dichotomie « tradition et modernité » ou « originalité et contemporanéité » ou « particularité et universalité ». En effet, chaque époque détient ses propres thèses et propose ses conquêtes et créations.

 

 

1- La mondialisation : conquête universelle.

 

 

 Ce qui est paradoxal, c’est que les promoteurs de projets culturels, parmi les protagonistes de la modernisation de la tradition, de la libération des humains ou du changement du monde, traitent la mondialisation, de par ses conquêtes et ses transformations, par un esprit de négativité et de refus comme étant une expropriation des valeurs, une invasion des cultures, un piège pour les identités et une suprématie sur les peuples et les sociétés. Toutefois, du point de vue factuel et conceptuel, il ne s’agit que d’événements et de faits, scientifiques et techniques, engendrant un bouleversement existentiel qui se concrétise dans la production de marchandises virtuelles sur lesquelles se fait la production cognitive et matérielle. Il s’agit de produits électroniques : images, textes, chiffres et signaux lumineux et fluides qui s’affichent sur les écrans et les réseaux.

 

 

Ainsi, nous nous trouvons devant une conquête universelle (ou bien une ouverture planétaire) grâce à laquelle le fonctionnement du monde change de ce qu’il était avant, avec l’ère de la manufacture ou l’ère du domaine, où le rapport avec la réalité s’effectuait au niveau des produits matériels et des ustensiles ou bien à travers les représentations, les mythes et les croyances. Avec l’avènement de l’ère de l’ordinateur, les choses semblent inversées. Le rapport avec le monde extérieur, de par ses matériaux et ses appareils idéologiques, se fait par la création d’un autre monde, artificiel, qui régit la réalité et ses données immédiates à partir de systèmes informationnels et de réseaux numériques explorant l’espace cybernétique. Ces nouvelles données sont la conséquence de la révolution informatique et informationnelle qui demeure aujourd’hui le centre des polémiques. Elle constitue l’événement premier de ce siècle pour celui qui veut lire la mondialisation, comme phénomène et singularité, une lecture efficace et fructueuse.

 

 

Ce bouleversement universel, qui fait de l’information l’ordre de tous les systèmes de penser, d’action et de construction, dans la gestion des mots et des choses ; renverse, en effet, les règles de jeu existentielles tout en changeant la face de la vie et en créant de nouvelles formes de rapports humains. Etant l’édifice de la mondialisation et ce par quoi la réalité se met en mouvement, l’information est, désormais, à caractère universel et à la portée de tous pour la produire et  l’exploiter ou pour la communiquer et la faire circuler. Elle permet, par ailleurs, que les individus soient médiateurs les uns des autres au lieu d’être tuteurs les uns sur les autres. Il semble que cette nouvelle équation inquiète et dérange les intellectuels et les protagonistes qui n’ont pas cessé de se considérer comme l’élite exerçant sa tutelle intellectuelle sur l’identité et la culture ou le savoir et la vérité.

 

 

Ce n’est pas un hasard si les adversaires de la mondialisation sont les forces et les doctrines contradictoires et antagonistes, traditionalistes ou modernistes, religieuses ou laïques, comme c’est le cas, particulièrement, en France ou dans les pays arabes où des offensives contre la mondialisation se font tantôt au nom de l’identité et la culture et tantôt au nom de la liberté et l’autonomisme, ou bien les voix qui s’élèvent pour diviniser l’homme et spiritualiser le siècle ou humaniser Dieu, le monde et la mondialisation par l’universalité des religions et de leurs valeurs spirituelles ou par l’universalité de la modernité et de ses principes philanthropiques issus des Lumières. Ces principes et ces valeurs se sont transformé en des icônes et des slogans insignifiants par les excès d’abus et d’outrages que, paradoxalement, ses partisans ont commis.

 

 

 2- La triade de l’identité

 

 

L’homme se trouve aujourd’hui devant trois mondes, chacun ayant sa propre identité et son centre d’attraction : (1) le vieux monde caractérisé par les origines religieuses et les représentations théologiques et eschatologiques ; (2) le monde moderne par ses philosophies séculières et ses doctrines rationalistes ou par ses idéologies universalistes et ses fantasmagories humanistes ; (3) le monde qui se forme aujourd’hui est le monde de la mondialisation par son espace cybernétique et son champ médiatique et informationnel et par son homme numérique et son citoyen planétaire.

 

 

Ces trois mondes qui troublent la conscience de l’identité sociale et culturelle, constituent la triade « tradition-modernité-postmodernité » ou la triade « fondamentalisme-universalisme-mondialisation » ou encore, dans la conception arabe, la triade « islamisation-humanisation-mondialisation ».

 

 

Il est toutefois impossible de revenir en arrière après avoir mis les pieds dans l’espace postmoderne. Le monde moderne va tout droit vers sa propre dissolution et sa dislocation. Quant au monde traditionnel ou le vieux monde, il a depuis longtemps épuisé ses capacités de création et de construction. Il est inutile, en effet, d’aborder le monde actuel par les concepts et les conceptions de la modernité comme il serait insensé de comprendre le monde et de vouloir le changer par les valeurs et les préceptes du vieux monde.

 

 

Le monde actuel, qui se forme dans l’âge de la mondialisation, soumet aux transformations à travers lesquelles les valeurs et les concepts se renversent et les projets et les rôles se renouvellent et se modifient.  Le champ s’ouvre désormais sur la constitution de politiques intellectuelles et de pratiques cognitives qui dépassent ce qui est prédominant, dans l’âge de la modernité et de l’industrie, comme instruments d’approche, formes de rationalisation, méthodes de traitement et stratégies d’usage.

 

 

Il s’agit là d’une forme de « fin » pour celui qui sait bien interpréter le discours sur les fins ultimes : un nouvel agent humain est en voie de formation concrétisant un mode différent de pratiquer l’existence ou une nouvelle forme de cohérence et de symbiose tout en pensant à construire autrement soi-même et exercer activement sur sa réalité par la création du prodigieux et du prééminent ou la production de l’approprié et de l’avantageux comme réseaux de compréhension et de communication ou normes d’évaluation et de classification ou modèles de pratique et d’organisation ou styles de gestion et de disposition. Ceux qui ne voient pas ce changement qui affecte les identités et les évidences, défendant leurs identités figées ou s’accrochant à leurs représentations éternelles, ignorent le sens de la fin tout en restant aveugle au milieu de la vision et en s’attachant à leur propre faiblesse, inscrivant, par là, la fin de leurs idées et leurs rôles.

 

 

 Il est indéniable que le retour au passé comme origine prédestiné ou archétype imité est possible, mais seulement pour se scléroser et exclure. Le sort du fondamentalisme est de pratiquer dans une sorte de clôture dogmatique et de régression ou de terrorisme mental et d’éradication, qu’ils soient de fondements traditionnels ou modernes.

 

 

L’entrée dans l’ère de l’information ne signifie aucunement prendre la mondialisation pour idéal archétypique ou modèle préalablement tracé ou paradis promis. Il s’agit plutôt d’aborder la mondialisation comme possibilité et opportunité ou comme espace ouvert et horizon large. La mondialisation ne signifie pas pour autant la négation des phases et des données précédents, mais la façon dont ces données sont traitées et travaillées pour être transformées et exploitées afin d’ouvrir les domaines, édifier les systèmes et créer les tâches et les opérations. Tout à fait comme la modernité qui n’est nullement le refus ou la négation de la tradition, mais sa lecture et son interprétation vivante et contemporaine ou l’universalité qui n’est pas l’exclusion des particularités, mais l’exercice créateur et transculturel que l’individu entame vis-à-vis de sa spécificité ; la mondialisation n’est pas non plus la dissolution de l’identité sauf chez les partisans prônant les slogans de la résistance et de la conservation alors qu’ils jettent leurs armes devant le poids des faits.

 

 

L’acteur humain, responsable, créateur des potentialités et producteur des vérités, pense, d’une façon positive, de mondialiser sa propre identité pour exercer sa relation avec l’existence comme création, invention, flux et progrès. Il n’a guère peur des faits, mais adhère au chantier de la création active pour produire l’information universelle et la gérer d’une façon communicationnelle, universelle et planétaire. Hormis cette façon de concevoir la mondialisation, ceux qui parlent de pièges de la mondialisation, défendant leurs identités et leurs cultures, contribuent à produire leur propre piège pour leur identité impotente et leurs cultures paresseuses et indolentes pour qu’elles sombrent davantage dans leur incapacité, leur marasme et leur régression.

 

 

Il n’est pas nécessaire de souligner que la mondialisation, comme révolution technologique produisant l’effacement des frontières entre les Etats et la généralisation des échanges entre les humains sur le plan planétaire, est née dans les sociétés occidentales pour se généraliser et s’universaliser. L’Occident, qui guide le processus de l’humanité, est le précurseur dans la création de ce phénomène et la gestion de ses opérations complexes. Ceci pourrait créer davantage de disparité et d’inégalité dans la richesse, le savoir et la puissance, entre les sociétés occidentales et le reste du monde. On ne peut ignorer ce constat ou en faire l’économie. Néanmoins, on ne peut pas confronter cette réalité en refusant catégoriquement la mondialisation ou en l’applaudissant, mais en inventant les équations existentielles et les formules civilisationnelles qui permettent à ses promoteurs de faire fonctionner leurs intellects, de régir leur identité et de gérer leur réalité d’après une forme créatrice par laquelle ils puissent transformer leurs ressources et les données de leur époque en énergies fertiles et projets fructueux. Ceci n’est pas une utopie. Il s’agit là d’une possibilité (existentielle) pour confronter les défis de la mondialisation et quitter les positions marginales : que l’individu parle le langage de son époque et lise ses événements instantanés et ses faits saillants et apparents pour lui permettre de faire surgir son miracle et enrichir sa culture en contribuant activement et positivement dans l’opération de produire le sens et la valeur ou le savoir et le pouvoir ou la richesse et la puissance. 

Par ZINE - Publié dans : philozine
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Présentation

قراءة في كتب محمد شوقي الزين

Compte rendu de ma traduction du livre de Hans-Georg Gadamer, fait par Maher Charaf Al-Din et publié dans la revue Qantara (Berlin-Allemagne)  et dans le quotidien libanais Annahar.

 

فلسـفـة التَّـأويـل

هيرمينوطيقا لغوية 

ماهر شرف الدين

 

العام 1900، الذي شهد وفاةَ فريدريش نيتشه، شهد ولادةَ أشهر فلاسفة الهيرمينوطيقا في العصور الحديثة: هانس غيورغ غادامير. وفي كتاب فلسفة التأويل، الصادر لدى مؤسسات ثلاث، نقع على مختارات باهرة من الدراسات التي قدَّمها غادامير كمدخل إلى الفكر التأويلي.

                                        
لعقود طويلة، ظلت فلسفة غادامير التأويلية محلَّ قراءات مختلفة وتأويلات متضاربة في خصوص تصوُّره للُّغة: غالبًا ما نُعِتَتْ "تأويلية" غادامير بأنها هيرمينوطيقا لغوية، من حيث إنها تعطي الأولوية والصدارة لعامل اللغة كبُعد كونيٍّ وشامل يشترط الأبعاد الأونطولوجية والأنثروپولوجية كلَّها للكائن: "الوجود الجدير بالفهم هو اللغة." لقد جاء جواب غادامير حاسمًا:

عندما كتبتُ أن الوجود الممكن فهمه وإدراكه هو اللغة، ينبغي أن نفهم من هذا التصريح أن الوجود (ما هو كائن) لا يمكن فهمه في صورته الكلِّية والشاملة، بحيث إن كلَّ ما تحمله اللغة يحيل دومًا على ما وراء (أو فوق) العبارة نفسها.

فالصحيح أن ما عبر عنه الفيلسوف لا يكتفي بنقل إرادة التعبير وبتثبيتها بالكتابة، بل يسعى إلى الاتفاق حول – أو الانسجام مع – الشيء عِبْر التواصل والحوار.

تتوزع كلمة "هيرمينوطيقا" hermeneutics (فن التأويل)، كما هي الحال مع الكلمة المشتقة عن الإغريقية hermeneuein، التي تمفصلتْ مع لغتنا العلمية، في المستويات المختلفة للتفكير. وتدلُّ هذه الكلمة على ممارسة فكرية دليلها الآلية أو الفن. وهو ما يستحضره تشكيلُ اللفظ الذي يدلُّ على "التقنية". يتخذ "الفن" هاهنا دلالةَ الإعلان والتراث والتفسير والتأويل، مثلما يشتمل على فن الفهم كأساس له ودعامة.

ويعتقد غادامير أن مشكل الهيرمينوطيقا لا ينحصر في المشكل المنهجي للعلوم الإنسانية، ولا ينجم عن المناقشات الحالية حول الطرق والأساليب العلمية في التفكير والتفلسف، بل هو مشكل إنساني ينصبُّ حول قدرات الوجود الإنساني. فالاختلاف الذي نقيمه بين العلوم الإنسانية وعلوم الطبيعة غير مُرْضٍ من الجانبين: لا يرضي علماءَ اليوم حَصْرُ هذه العلوم في حلِّ المشكلات (المعرفية) بواسطة قانون النسبوية relativism؛ إذ يؤكد هؤلاء العلماء أن مشكلة اللغة، أو المشكل الألسُني، في الحقول الأساسية للنظرية الحديثة، هو أيضًا مشكل ذو أهمية فائقة، ويشغل مكانةً رئيسية في المناقشات الفكرية المعاصرة.

 

 

غادامير، الذي تأثرتْ تأويليَّته بالمنهج الديكارتي في بُعدها الإپستمولوجي، استقلَّ المنحى الأونطولوجي والفني والفلسفي لديه عن صرامة المنهج، عِبْر إدراجه للتصورات المسبقة التي كانت محلَّ شكوك وتحفُّظات في المنهج الديكارتي، الذي أسَّس لفكرة العالم في العصور الحديثة، المبنية على البداهة واليقين. ولأن الشك الديكارتي يستسلم، في نهاية المطاف، لوضاحة المنهج وبداهة الفكرة، قام غادامير بتجنيد الشكِّ النيتشوي الراديكالي. وبدلاً من الاستناد إلى بداهة الوعي المفكِّر نفسه، يستند غادامير إلى فكرة أستاذه هيدغِّر حول التناهي الإنساني، التي تظلُّ فكرةً محوريةً وجوهرية في تأويليته.

تأثير هُسِّرل وهيدغِّر، الذي وجد في فلسفة غادامير المفاتيح الأساسية في بناء فلسفته التأويلية، كان واضحًا في مساره الفكري، حين درس على يديهما الفلسفة في فرايبُرغ، في وقت لم يكن يرى حوله سوى الحضور القوي للكانطية الجديدة والوضعية positivism في المجال العلمي. وقد أقامت ترجمتُه لأفلاطون الدليلَ القاطع على نفوره من "الموضة الجامعية" في عصره.

الفهم الذاتي الذي تمارسه العلوم الإنسانية، في مقابل النموذج العلمي البحت الذي تتمتَّع به العلوم الدقيقة والطبيعية، بقي المشكل الرئيسي الذي شغل غادامير، الوفي للمنحى الأونطولوجي الذي رسمه هيدغِّر، والمتمثل خصوصًا في مسألة اللغة، والتناهي الذاتي الذي تكشف عنه التجربة التاريخية وهيرمينوطيقا الفهم – فهم الذات على وجه الخصوص؛ وهو ما سمَّاه هيدغِّر "المنعطف الأونطولوجي الحاسم" في تجربة الفهم الذاتي. وهذا ينمُّ عن المشكل الذي طرحتْه العلوم الإنسانية، في أواخر القرن التاسع عشر وفي القرن العشرين، كما عالجها وقدَّمها، من وجهة نظر تاريخية وإپستمولوجية، فيلهِلم دلتاي.

لتوضيح معنى التأويل التاريخي، انطلق غادامير من الإخفاق الذي مُنِيَتْ به النزعةُ التاريخية، أو التاريخانية، كما هي الحال لدى دلتاي، منبِّهًا إلى الأبعاد الأونطولوجية الجديدة عند هُسِّرل وهيدغِّر:

لا يمكن للمعرفة التاريخية أن توصف بنموذج المعرفة الوضعانية، لأنها في حدِّ ذاتها عبارة عن تطوُّر يتمتع بخاصيات الحدث التاريخي كلِّها.

في تأخُّر هائل، محتشم، على ما يقول مترجم الكتاب محمد شوقي الزين في مقدمته، نكتشف هذا البحر التأويلي الكبير، الذي أثمر، ولا يزال، مؤلَّفاتٍ وأعلامًا في التأويل المعاصر، أمثال الإيطالي فاتيمو والأمريكي دورتي والفرنسي ريكور.

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"فلسفة التأويل"، الترجمة والتقديم محمد شوقي الزين، صدر لدى المركز الثقافي العربي والدار العربية للعلوم ومنشورات الاختلاف 2006

Compte rendu de mon livre "Déplacements intellectuels", fait par l'écrivain Kheir Chouar.

من أجل تجاوز الأسئلة المحنّطة

الخير شوار

 

“الإزاحة” كما عرفها صاحب هذا الكتاب هي ”العملية الفكرية التي تلي ”الاختراق” وتسبق ”المجاوزة””، والكتاب هو ثالث إصدارات الباحث الجزائري محمد شوقي الزين بعد ”هويات وغيريات” عن المركز الثقافي العربي بالدار البيضاء وبيروت بالعربية، و”هويات وغيريات” عن الاختلاف بالجزائر باللغة الفرنسية، والكتاب عبارة عن مقالات متفرقة يربطها رابط واحد هو عملية الإزاحة التي قام بها الباحث في الخطاب الحداثي والثقافي عندنا.

وسيرا على ما درج عليه مؤلفو الكتب الثقافية والفكرية فقد جاء عنوان الكتاب على مستوين الأول ”إزاحات فكرية” وهو العنوان الكبير البارز الذي يعرف به الكتاب وعنوان صغير يوضح الإشكالية بدقة هو ”مقاربات في الحداثة والفكر”، وعودا على كلمة الإزاحة فإن الكتاب من خلال هذه المقالات التي صدر بعضها في الصحف الوطنية الجزائرية، هو محاولة لاختراق الخطاب الثقافي الراهن، من أجل فهمه بدقة ومن ثم يتسنى لنا المجاوزة إن أمكن ذلك والتجاوز كما نعلم لا يكون إلا بالفهم والإحاطة بالشيء وملابساته، فعلى مدى صفحات الكتاب حاول الباحث اختراق ثقافة التلقين من أجل مجاوزتها وما التلقين مثلما جاء في الكتاب إلا النقل بطريقة أخرى والنقل كما نعلم هو نقيض العقل وإذا سيطر النقل حل محل العقل وسادت السلطة الأبوية البتريركية بتعبير المفكر الفلسطيني الراحل هشام شرابي، وانطلاقا من النقل يؤكد الباحث أنه ”في البدء كان التلقين”، وعليه اقتضى الحال أن يكون مع هذا الكتاب ”في البدء كان الاختراق” للعملية التي تسبق الإزاحة ولا تتم إلا بها، ففي البدء أعلنت النية في الاختراق.. اختراق الأنماط السائدة في الثقافة والفكر التي لا يمكن أن تتم مجتمعة، وقد قسمت إلى محاور، يجمعها هذا السفر الصغير نسبيا•والقيمة الحقيقية لهذه المقالات- التأملات تكمن في أنها جاءت في سياق نقاش تم في بعض المنابر الإعلامية ولم يشارك فيه الباحث محمد شوقي الزين وحده باتجاه واحد وإنما تم بين عدد من الكتَاب والباحثين، ومع النقاش تتضح الأفكار أكثر وتتلاحق وتتجلى الرؤية واضحة قدر الإمكان، وقد فعل خيرا الكاتب (والناشر) عندما ضمن هذا الكتاب بعض المقالات التي ناقشت أفكار الكاتب وتفاعل معها حينها في المنابر الإعلامية، حتى تتقيد تلك اللحظة، لتكون بوابة لأي نشاط لاحق، والصحف اليومية كما نعلم تهتم باللحظة الآنية ومن الصعب أن تحافظ القضايا المطروحة للنقاش فيها إذا لم يحتويها كتاب ويصبها في لحظته الخاصة التي هي أدوم حالا مثلما هو حال الكتب على مر التاريخ. وعودا على العنوان الثاني- التوضيحي الذي أكد فيه الباحث أن كتابه هو ”مقاربات في الحداثة والمثقف” فقد انقسم الكتاب إلى جزئية -محورين رئيسيين، الأول يتعلق بـ ”سؤال الحداثة” والثاني بـ ”سؤال المثقف”، وتحت هذين العنوانين الكبيرين، جاءت القضايا المطروحة التي وضعها الباحث نصب عينيه محاولا اختراقها من الداخل وتفجير السؤال فيها آملا أن يزيحها من حقل التلقين والنقل الموسوم بالعقم وبالبطريركية والتخلف وكل النعوت القبيحة التي تعيدنا إلى ثقافة متخلفة، منحطة، محنطة، فارغة، مسيجة بالقداسة والرهبة، إلى نمط آخر من الثقافة غير ذلك تماما موسوم بالعقل والنقد وكل المترادفات والنتائج التي لها علاقة بهذا المنطلق. ولئن كانت القضايا المطروحة في الشق الأول من الكتاب غير متواترة كثيرا في خطابنا الثقافي بشيء من التجاوز فإن القضايا التي جاءت في الشق الثاني، كثيرا ما تناولتها الأقلام وعقدت بشأنها الندوات والمؤتمرات وملئت بها المنابر الثقافية المكتوبة والمرئية والمسموعة، (المثقف والعولمة، نهاية المثقف مثقف النقد ناقدا لذاته، المثقف الجزائري: تغييب أم غياب، نضالات المثقف.. وغيرها من الأسئلة التي ظلت مطروحة في الخطاب الثقافي عندنا، فالقضايا من شدة تكرار النقاش بشأنها، أصبح من الصعب اختراقها رغم تواترها، اللهم إلا إذا أراد الباحث أن يؤكد على أن التكرار في طرح الشيء يرسخ عمق المشكلة وخطورتها، وفي النهاية ما الفائدة من تجاوز الأسئلة إلى غيرها من الأسئلة التي تليها طالما أن الأولى ظلت معلقة بدون إجابة.

لقد جاءت تلك المقالات مليئة بـ ”حرقة الأسئلة” كما جاء في أحد عناوين الشاعر عبد اللطيف اللعبي، وحافظت تلك الأسئلة التي انطلق بعضها من قضايا راهنية محددة على حرارتها، وهو المهم في مثل هذه الكتابات، والكتاب في النهاية بعد صدوره في هذه الطبعة الجميلة يحتاج إلى مزيد من القراءة المتخصصة، المتأملة من أجل أن تخترق الأسئلة التي تناولها من جديد برؤى مختلفة، والاختراق كما أخبرنا الباحث الجزائري المغترب محمد شوقي الزين صاحب الكتاب هذا، عملية تسبق الإزاحة الضرورية في أي بناء فكري ثقافي يروم تجاوز الأسئلة المحنطة والأفكار البالية، وإلا بقينا ندور في الفراغ تماما مثل الأصفار التي تدور حول نفسها كما قال الشاعر الجزائري الراحل مالك حداد.

Coup de Coeur

 

 


Jacques Derrida
et la naissance du Forum arabe de la déconstruction


Du 10 au 13 août 2009, le philosophe français de renommée internationale Jacques Derrida (1930-2004) a été honoré au Bahrein (Ministère de la Culture), à l'occasion du 5e anniversaire de sa disparition. Un livre en arabe, collectif et commémoratif, a été édité pour l'occasion. Des poèmes ont été lus et des films projetés, dont celui de l'écrivaine égyptienne Safaa Fathy. L'auteur de ce blog, Mohammed Chaouki Zine, a procédé à la création du "Forum arabe de la déconstruction", dans le but d'échanger des idées et des réflexions entre les auteurs d'expression arabe.




Michel de Certeau (1925-1986)


Par : Luce Giard

Naissance de Michel, Jean, Emmanuel de la Barge de Certeau le 17 mai 1925 à Chambéry (Savoie), aîné des quatre enfants de Hubert, Eugène de la Barge de Certeau et de son épouse Pauline, Louise, Ursule, Marie, Antoinette de Tardy de Montravel. Il passe son enfance et son adolescence entre cette ville et la maison familiale, une ancienne chartreuse du XVe siècle, toute proche, au sud des Bauges, sauf une année scolaire au collège mariste de la Seyne-sur-Mer, pour se rétablir d’une double typhoïde suivie d’une ostéite. Désormais la mer le fascinera et les deux auteurs qui le marqueront, Montesquieu vers 1940, Surin pour l’histoire de la mystique, seront tous deux de Bordeaux, hommes du rivage océanique, tourné vers l’Amérique. Il parlera souvent des années de guerre, de l’enfermement imposé dans un lieu géographique et social, des maquisards auxquels il s’était lié, courant la montagne pour porter des messages, et plus encore de la rupture qu’avait symbolisée pour lui la défaite de juin 1940 : c’était, définitive, la " défection " du discours patriotique et moral des adultes, avec l’impossibilité de les croire et d’en attendre une direction de vie. 

Après son baccalauréat (latin, grec, allemand en série A, puis philosophie), il suit une double formation, sans parvenir à se satisfaire d’un lieu, d’un milieu, d’une filière, dans la recherche inquiète d’une voie. A l’Université (Grenoble, Lyon, Paris), il obtient deux licences (lettres classiques avec une préférence pour le grec, philosophie), le diplôme de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (Ve section, sous la direction de Jean Orcibal), un doctorant en science des religions (Sorbonne, 1960) sur " le Mémorial de Pierre Favre ". Dans l’institution ecclésiale, il fréquente le Séminaire d’Issy-les-Moulineaux aux portes de Paris (1944-1945, et 1946-1947), mais ce milieu sulpicien lui convient mal. Il rejoint le Séminaire universitaire de Lyon (1947-1950) qu’il juge plus stimulant, et sera toujours attaché à la ville de Lyon, secrète, multiple, vivante. Il ajoute à son baccalauréat de philosophie scolastique une licence en théologie, consacre beaucoup d’énergie à l’histoire des textes de la tradition (hébreu biblique, grec néo-testamentaire). Dès son premier séjour à Paris, il a pris l’habitude de suivre de nombreux cours : il fréquentera ainsi l’helléniste Paul Mazon et, au Collège de France, Jean Baruzi vers la finde sa vie, seul, parlant comme si de rien n’était devant une salle déserte, Louis Massignon, etc.

En novembre 1950, il entre dans la Compagnie de Jésus, attiré par le bouillonnement de vie au scolasticat de Fourvière, l’ouverture internationale de l’ordre et la haute silhouette de Henri de Lubac qui enseignait alors aux aux Facultés catholiques de Lyon. Il suit le cursus classique : noviciat et juvénat à Laval (Mayenne) (1950-1953), " un temps d’austérité " non matérielle mais intellectuelle, car la liberté de lire et travailler lui est chichement mesurée ; un an de philosophie au scolasticat de Chantilly (Oise), consacré à étudier Hegel dans le texte avec Joseph Gauvin, " une expérience forte " dont il gardera toujours gratitude à ce guide et à la Compagnie ; un an d’enseignement de la philosophie dans un collège jésuite à Vannes (Morbihan) pour remplacer au pied levé à la Toussaint un professeur malade ; enfin une dernière année de théologie au scolasticat de Fourvière (Lyon). Il est ordonné à Lyon le 31 juillet 1956.

Il avait commencé dès 1950 à préparer une thèse de patristique sur Saint Augustin, comme lieu de transit entre la pensée grecque et la théologie latine, mais la Compagnie lui demande alors de faire des recherches sur l’histoire spirituelle de ses commencements en France. Pendant les années suivantes, il résidera tantôt à Paris, tantôt à Chantilly, s’enfonçant avec ivresse dans le merveilleux fonds ancien de la bibliothèque, complétant sa formation d’historien dans plusieurs séminaires de recherche (avec Alphonse Dupront, Roland Mousnier, Jean Orcibal, etc.). Selon l’usage de la Compagnie, il s’interrompt pour faire un " troisème an " de noviciat dans la résidence de Saint-Martin-d’Albois (Marne) en 1959-1960, puis passe une année, assez dure pour lui, à donner les Exercices à la résidence Manrèse de Clamart (Hauts-de-Seine). Son doctorat sur Pierre Favre achevé en 1960, il entame son travail sur Jean-Joseph Surin auquel il restera désormais attaché. L’étrange destin de Surin l’incite à traverser, pour le comprendre, un pluriel de sciences humaines et sociales. Il s’intéresse en particulier à la psychanalyse, domaine où Louis Beirnaert lui sert probablement d’introducteur. Il commence une analyse, entre en relation avec Jacques Lacan (auquel il marquera toujours un grand respect intellectuel) et fait partie de son Ecole freudienne tant qu’elle existe (1964-1980).


Devenu profès de la Compagnie après ses " grand voeux " (Paris, février 1963), il se voit confier par elle des tâches et des responsabilités dans son réseau de revues. En 1963-1967, avec François Roustang, il dirige la revue " Christus " (trimestriel consacré à la spiritualié surtout ignatienne) et, aux éditions Desclée De Brouwer, la collection de livres qui lui est associée - lui-même y publiera plusieurs titres. A partir de 1967, il rejoint la rédaction des " Etudes " (mensuel de culture générale). Il fait aussi partie du conseil de rédaction de la " Revue d’histoire de la spiritualité " (nouvelle identité de la célèbre Revue d’ascétique et de mystique) et des " Recherches de science religieuse " , plus tournées vers le théologique. Dans chacune de ces revues, il publiera de nombreux articles et recensions, tout en menant de pair ses recherches érudites sur Surin. De ce dernier, il édite d’abord le " Guide spirituel " (1963), puis une massive " Correspondance " (1966), une somme d’érudition courronée par l’Institut et par la Ville de Bordeaux.

En août 1967, un grave accident de voiture, survenu en Savoie, semble compromettre l’avenir : son père, qui conduisait, est indemne, sa mère meurt sur le coup, lui-même est grièvement blessé, notamment à la face, il perd la vision de l’oeil droit. Le premier choc passé, il s’efforce de reprendre le plus tôt possible la tâche. A la recherche en histoire, au travail de rédaction pour les " Etudes " surtout (que dirige Bruno Ribes), s’est ajouté l’enseignement : un séminaire de doctorat en théologie à l’Institut catholique de Paris (1964-1978) ; après mai 1968 et son association aux projets de réforme universitaire, des cours à l’université expérimentale de Paris VIII (Vincennes), d’abord en psychanalyse, puis en histoire (1968-1971) ; ensuite à paris VII (Jussieu), des cours encore et un séminaire de 3è cycle en anthropologie culturelle (1971-1978).

Cependant la période des voyages en Amérique, toujours en relation avec des occasions de travail (conférences, enseignement, recherche), commence dès 1966 avec la découverte émerveillée du Brésil auquel il s’attachera, y faisant des séjours réguliers, puis l’Argentine, le Chili (avant la chute d’Allende), les Etats-Unis (à partir de 1969, tantôt à l’Est, tantôt à l’Ouest), le Canada et le Mexique dernier venu. Il circule tout autant en Europe : en Espagne, en particulier (par hasard de calendrier) au moment de l’agonie interminable de Franco, en Angleterre avec un trismestre comme Fellow à Cambridge (1975), en Belgique (où l’attire souvent le réseau de Marie Beaumont et Georges Thill, entre autres amitiés fortes), en Suisse comme Professeur associé à l’université de Genève (1977-1978), en Italie aux colloques et séminaires d’été d’Urbino (Centre de linguistique et sémiotique, à partir de 1969), etc. Dans ce tourbillon d’activités, il trouve encore le temps de créer et diriger une collection pour ouvrir la théologie aux méthodes des sciences humaines ; ce sera la " Bibliothèque des sciences religieuses ", produite en coédition entre quatre partenaires (Aubier, Cerf, Delachaux et Niestlé, Desclée De Brouwer), une utopie généreuse difficile à coordonner dans la pratique. De 1971 à 1977, il y publiera sept ouvrages de qualité, suscitant des projets originaux (par exemple avec Louis Marin ou Georges Thill), refusant la solution facile de se centrer sur la traduction de titres étrangers.

Dès 1972, il choisit de ne plus collaborer de manière intensive à la rédaction des " Etudes ", pour suivre une nouvelle ligne de recherche sur la culture contemporaine. Il est alors le rapporteur principal du colloque européen d’Arc-et-Senans sur la " prospective du développement culturel " (avril 1972), fait partie du Conseil du développement culturel mis en palce par Georges Pompidou, où il rencontre Roger Caillois, Paul Delouvrier, Jack Lang, et se lie d’amitié avec Françoise Choay : déçu par une conception qui ne s’intéresse plus " à faire de l’expression culturelle le moyen d’une communication et d’une créativité sociales ", et s’efforce de " ramener la culture vers la conservation d’un patrimoine ", il en démissionne en juin 1973. Il continue à réfléchir sur ces questions clés pour l’avenir d’une société, est à cetire directeur de recherche auprès du Ministère de la Culture en 1973-1974 (où il collabore avec Augustin Girard et Geneviève Gentil), puis devient responsable d’un contrat de recherche sur les " pratiques culturelles contemporaines " pour la DGRST en 1974-1977 (avec, comme collaborateurs directs, Pierre Mayol, Marie Ferrier et moi-même, plus une nébuleuse d’interlocuteurs où je me souviens de Patrick Mignon, d’Olivier Mongin, parmi tant d’autres visages).

Il en sortira d’abord " La culture au pluriel " (1974), puis, en relation avec le " laboratoire d’expérimentation et de discussion " que constitue alors son séminaire de 3è cycle à Paris VII, les deux tomes de " L’invention du quotidien " (1980). De ces années datent ses liens avec le Centre Georges Pompidou dont il aimera tout de suite la mobilité utopique et vivante. Comme il le notera plus tard, " Qui aime laville aime Beaubourg " (dans un rapport sur le Centre, écrit en 1983-1984 à la demande de Jean Meheu et publié in " Esprit ", février 1987, pour saluer le 10e anniversaire). D’ailleurs, dès sa fondation en 1974, il est membre du comité de rédaction de " Traverses " où il écrira régulièrement, malgré son éloignement géographique.

car déjà il s’était tourné vers un autre horizon. De 1978 à 1984, il est surtout aux Etats-Unis, comme Professeur titulaire à l’Université de Californie (San Diego). Il en revient en juillet 1984, tout à la joie d’avoir été élu à l’Ecole des hautes Etudes en Sciences Sociales et de rejoindre un " lieu naturel " de son travail d’historien, un carrefour d’amitiés et d’interlocuteurs. Il doit y assurer une direction d’études concernant " l’anthropologie historique des croyances (XVIe-XVIIIe siècles) ". Il fourmille de projets, veut terminer d’abord le tome 2 de " La fable mystique ", rédiger une anthropologie du croire ( à laquelle il a beaucoup travaillé en Californie), reprendre le dossier, autrefois ouvert avec Jean de Léry dans " L’Ecriture de l’histoire " (1975), des récits de voyage en Amérique, à partir de deux séries, l’une vers le Brésil, l’autre vers la Nouvelle-France.

Mais il aura à peine plus d’un ans pour enseigner à Paris. Imprévisibl, la maladie se dévoile en juillet 1985, impose très vite une grave opération, un long été à l’hôpital. Il sait aussitôt à quoi s’en tenir, choisit de n’en rien dire et de se battre en silence avec la complicité des plus proches. Il entame une course désespérée contre le temps, s’acharne à reprendre son travail en octobre, à recommencer son séminaire à la date prévue, à achever le second tome de " La fable mystique ". Il enseigne jusqu’à la fin décembre, y consacre ses dernières forces. Il meurt chez lui au soir du 9 janvier 1986, avec une élégance, une fortitude venues d'u’ autre siècle : c’est lui qui réconforte les visiteurs qu’il demande à voir dans les derniers jours, c’est lui qui leur parle d’avenir. Il explique en souriant que les vieux traités sur " l’art de mourir " étaient de bonne lecture, que Surin dans " La science expérimentale " lui avait enseigné l’essentiel sur la vérité du " sentiment intérieur ".

Selon ses souhaits, duranr la messe du dernier adieu (église Saint-Ignace, 13 janvier), on entendra les versets de Paul sur " la folie du Christ " (1Co1, 26-19), un fragment d’un " Cantique spirituel " de Surin, et aussi Edith Piaf chantant " Je ne regrette rien ", dernier signe d’amitié, dernier sourire complice. Il repose au cimetière de Vaugirard (Paris XVè), dans un caveau de la Compagnie de Jésus, tout près de Louis Beirnaert et de Henri Lavalette, qui l’y avaient précédé de quelques mois. Nombreux furent les articles de presse à saluer le voyageur parti pour un " autre pays ". La guirlande des titres dessine à petites touvhes un portrait qui sonne juste " Pèlerin des frontières " (Paul Valadier, Le Monde), " migrateur " (Michel Crépu, Panorama), " Savoyard universel " (Jean Bianchi, La Vie nouvelle, Chambéry), " mystique qui s’ignorait " (Gwendoline Jarczyk, La Croix) et, pour introduire une merveilleuse double page de Libération, cette formule : " le chrétien éclairant ", avec, en sur-titre et petits caractères, ce simple mot qui lui serait allé droit au coeur " compagnon ".

Dans la foule anonyme, un passant disparu ; dans le concert des voix, un silence ; comme il aimait à dire, d’une expression venue des mystiques, " une goutte d’eau dans la mer ".


Bibilographie : 


(1) Bieneureux Pierre Favre, " Mémorial ", traduit et commenté par Michel de Certeau, Paris, Desclée De Brouwer, coll.Christus, 1960, 453p.

(2) Jean-Joseph Surin, " Guide spirituel pour la perfection ", texte établi et présenté par Michel de Certeau, Paris, Desclée De Brouwer, coll. Christus, 1963, 330p.

(3) Pierre Teilhard de Chardin, " Lettres à Léontine Zanta ", intraod. par Robert Garric et Henri de Lubac, éd. par Michel de certeau, Paris, desclée De Brouwer, 1965, 142p.

(4) Jean-Joseph Surin, " Correspondance ", texte établi, présenté et annoté par Michel de Certeau, préface de Julien Green, Paris, Desclée De Brouwer, Bibliothèque européenne, 1966, 1827 p.

(5) " La solitude, une vérité oubliée de la communication " (avec François Roustang et al.), Paris, Descelée De Brouwer, coll. Christus, 1967, 256p.

(6) " La prise de parole. Pour une nouvelle culture ", Paris, Descelée De Brouwer, coll. Foi vivante, 1969, 261p.

(7) " La possession de Loudun " (1970), 2è éd., Paris, Gallimard-Julliard, coll. Archives, 1980, 343p.

(8) " L’absent de l’histoire ", s.l., Mame, coll. Repères, 1973, 185p.

(9) " La culture au pluriel " (1974), 2è éd., Paris, Christian Bourgois, 1980, 256p.

(10) " Le christianisme éclaté " (avec Jean-Marie Domenach), Paris, Seuil, 1974, 119p.

(11) " L’Ecriture de l’histoire " (1975), 3è éd., Paris, Gallimard, Bibliothèque des histoires, 1984, 358p.

(12) " Une politique de la langue. La Révolution française et les patois : l’enquête de Grégoire " (avce Dominique Julia et Jacques Revel), Paris, Gallimard, Bibliothèque des histoires, 1975, 317p.

(13) " L’invention du quotidien ", tome 1 : Arts de faire, Paris, UGE, coll. 10/18, 1980, 374p.

(14) " La fable mystique. XVIe-XVIIe siècle ", tome1 (1982), 2è éd., Paris, Gallimard, coll. Tel, 1987, 414p.

(15) " L’ordinaire de la communication " (avec Luce Giard) et al.), Paris, Dalloz, 1983, 167p.

(16) " Histoire et psychanalyse entre science et fiction ", présenté par Luce Giard, Paris, Gallimard, coll. Folio/essais, 1987, 214p.

(17) " La faiblesse de croire ", texte établi et présenté par Luce Giard, Paris, seuil, coll. Esprit, 1978, XIX-323p.

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